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DISCOURS
Paris - Saint Germain des Prés - 14/01/06 - Discours de Sylvain GLIOZZO
Rétablir la liberté de presse
Intervention au colloque : "Peut-on encore gouverner la France ?"

"On nous dit que l'équipe de France est adorée par tous parce qu'elle est "black blanc beur", en fait aujourd'hui elle est "black black black" ce qui fait ricaner toute l'Europe. Si on fait une telle remarque en France on va en prison..." Vous avez bien sûr reconnu dans cet extrait la déclaration d'Alain Finkielkraut au journal israélien Haaretz.

Une autre citation :
''Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.'' ''Oui, la télévision russe ne fait que suivre Poutine pas à pas. Mais la télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline. Vous allez en prison si vous dites qu'il y a cinq juifs ou dix Noirs à la télévision. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques, sur la Seconde Guerre mondiale et sur beaucoup d'autres choses. On vous juge tout de suite pour infraction. [...] Le politiquement correct de notre télévision est presque comme la censure des médias en Russie.''

Il s'agit des déclarations aux médias russes de notre prestigieuse Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, spécialiste de la Russie et présidente du conseil scientifique de l'Observatoire statistique de l'immigration et de l'intégration.

J'en aurais terminé avec les rappels en évoquant
1. la pétition du 12 décembre dernier intitulée "Liberté pour l'histoire" des 19 historiens exigeant l'abrogation des dispositions législatives indignes d'un régime démocratique et signée notamment par Elisabeth Badinter, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, René Rémond.

2. Ainsi que la pétition du 23 décembre intitulée cette fois-ci "La liberté de débattre" signée par 26 personnalités et qui affirme que "Quand on ne fait pas confiance à la liberté de débattre, le mot de république perd tout sens. C'est pourquoi nous demandons l'abrogation de toutes les lois qui ont pour objet de limiter la liberté d'expression ou de qualifier des événements historiques." Parmi les signataires Jean Daniel, Rony Brauman, Max Gallo, Edgar Morin.

Aujourd'hui un philosophe et une académicienne évoquent les geôles de la république et sont dans l'obligation de passer par les médias étrangers tels les émigrés de 1789 ou les proscrits du Second Empire pour stigmatiser la répression intellectuelle qui s'est abattue sur notre pays. J'ai honte.

Aujourd'hui des dizaines d'historiens exigent le rétablissement dans notre pays de la liberté de dire et de penser. J'ai honte. Imaginez, Mmes et Messieurs, que la parole soit libérée en France, mais ce serait un tel déferlement que le gouvernement serait dans l'obligation de se démettre immédiatement.

En France en 2006, il n'y a pas plus de liberté de la presse et de liberté d'expression que de beurre en broche. N'accusez pas d'emblée la presse, les médias et leurs journalistes. Ils ont des torts et des faiblesses j'en conviens et nous y reviendrons. Une minorité d'entre eux sont pourris mais la plupart ne sont que des suiveurs un oeil fixé sur la girouette. Tout le mal vient de cette insupportable pensée unique, la seule autorisée par une invisible et omniprésente police de l'opinion.

N'accusez pas exclusivement les intellectuels de gauche d'être responsable de cette intolérable pensée unique, de ce politiquement correct servile. Si une croisade pouvait être lancée contre la pensée unique, se trouveraient réunis sous la même bannière des croisés de droite comme de gauche. Comme pour le "non" au projet de constitution européenne.

Les seuls responsables de l'ensevelissement de la liberté de parole sont les politiques. Les seuls coupables sont ceux qui ont été au pouvoir ces dernières décennies et ceux qui maintenant nous gouvernent et en premier lieu leur général en chef. De qui parlait donc Ivan Roufiol dans son bloc-notes du Figaro ? l'angélique à la pensée clonée qui refuse d'appeler un chat un chat ? D'ailleurs il n'entend plus les bruits, il ne sent même plus les odeurs !

L'information est un service essentiel au même titre que la santé ou l'éducation. Le droit du public à l'information est l'un des droits universels de la personne car c'est grâce à elle que les individus peuvent participer démocratiquement à la vie de la cité.

Le droit des partis politiques, de tous les partis politiques y compris le nôtre de pouvoir s'exprimer librement dans les médias est un droit fondamental car sans cela il n'y a pas de démocratie authentique. Qui est investi de cette lourde responsabilité ? ce sont justement les médias qui tout en étant préoccupé de la valeur de leur titre en bourse ou de leur compte d'exploitation doivent remplir leur fonction essentielle d'institution sociale. Ce mélange des genres, on l'aura compris, privilégie l'intérêt de l'entreprise au détriment de l'information.

Un éditorial du Wall Street Journal déjà ancien rappelait "Qu'un journal est une entreprise privée qui ne doit rien au public, lequel ne lui accorde pas de privilège en retour. Il n'est par conséquent pas concerné par l'intérêt public. Il est simplement le bien de son propriétaire qui vend un produit manufacturé à ses risques et périls".

Patrick Lelay ne craignait pas d'affirmer que l'objectif d'un patron de chaîne est de '' divertir, détendre le téléspectateur pour le préparer entre deux messages publicitaires. Le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola à vendre son produit. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ''. Tout le monde a en mémoire ces propos vomitifs. Ils ont au moins le mérite d'être clairs.

Pensée unique d'un côté, intérêts économiques colossaux de l'autre, le monde journalistique est devenu totalement opaque, soumis à des pressions diffuses. Les manipulations y sont d'autant plus nocives qu'elles sont inavouées, c'est-à-dire inavouables. La conséquence en est que les grands médias sans exception nous servent un brouet qui ne correspond plus du tout à notre goût. Le droit du public à l'information requiert que l'information soit disponible, vraie, pluraliste, impartiale, honnête et de qualité. Ce n'est pas le cas. Il est de notre responsabilité mais également de la responsabilité de tous d'exiger que les médias respectent ces obligations.

Pourtant en France, la presse d'autrefois avait l'avantage considérable d'exister en pratiquant le pluralisme. Thierry Desjardins rappelait dans son livre "Monsieur le Président c'est une révolution qu'il faut faire" qu'en 1939 on pouvait trouver chaque jour dans les kiosques parisiens : Le Petit Parisien (1,7 million d'exemplaires), Paris-Soir (1,4 million), Le Journal (400 000), L'Humanité (350 000), Le Matin (300 000), Ce Soir (280 000), L'Oeuvre (260 000), L'Echo de Paris (183 000), Le Petit Journal (180 000), Le Populaire (150 000), La Croix (140 000), L'Intransigeant (135 000), L'Excelsior (132 000), Paris-Midi (100 000), Le Figaro (80 000), L'Epoque (75 000), Le Temps (70 000), L'lnformation (50 000), L'Action française (45 000), La Liberté (30 000), Les Débats (25 000), L'Aube (15 000), Le Peuple (15 000), La République (15 000), L'Homme libre (5 000), Le Petit Bleu (5 000) et L'Ordre (5 000). Soit, chaque jour, 27 titres différents, allant de L'Humanité à L'Action française. Aujourd'hui, à Paris, on ne trouve plus dans les kiosques comme quotidiens généralistes que Le Parisien (500 000 exemplaires avec Aujourd'hui en France), Le Monde (370 000), Le Figaro (340 000), Libération (140 000), La Croix (100 000), France-Soir (60 000) et L'Humanité (50 000), sept titres seulement et avec un tirage total infiniment inférieur, deux de ces titres, L'Humanité et France-Soir, étant d'ailleurs depuis longtemps à l'agonie.

En 2003, les Islandais sont les plus grands consommateurs de quotidiens au monde avec 705,9 exemplaires diffusés pour mille habitants, suivis par les Norvégiens (684 quotidiens pour mille habitants) et les Japonais (646,9 quotidiens pour mille habitants). La France se situe au 31e rang mondial avec 167 exemplaires diffusés pour mille habitants (Source : World Press Trends, Edition 2004, WAN). Bien sûr, depuis il y a eu la radio-fm, la télévision et l'internet. Mais ce qui est saisissant c'est la chute du pluralisme et ce qui a surtout découragé les lecteurs et les a détournés à tout jamais de la presse écrite c'est sans doute cette soumission à "la pensée unique", c'est-à-dire en clair l'idéologie de l'anti-France.

Tous écrivent la même chose. Tous sont "aux ordres". Non pas du pouvoir ou des puissances d'argent, comme on disait autrefois, mais de cette même idéologie. Tout ce petit monde-là est d'ailleurs interchangeable. Cela signifie que n'importe qui peut écrire n'importe quoi n'importe où, du moment que ce n'importe quoi est conforme à ce qu'il faut écrire, à la fameuse pensée unique. On dira que cette dégringolade de la presse écrite n'a guère d'importance et que c'est maintenant l'audiovisuel qui "fait" l'opinion. On a vu comment s'y prenaient les télévisions privées. On est effrayé.

Quant à la télévision et à la radio du service public, c'est tout simplement la succursale du parti socialiste, le repère des bobos écolo à vélo. Rétablir la liberté de la presse avez-vous dit ? Encore eut-il fallu qu'elle existât ! Ce qui existe c'est la liberté de fonder des journaux. Mais cette liberté est dérisoire à une époque où l'on sait que cela nécessite des capitaux considérables et une abondante publicité commerciale. Nul ne peut lancer un quotidien d'audience nationale sans s'appuyer sur une puissance industrielle, commerciale ou bancaire.

De plus le système actuel est contrôlé à tous les stades par les services du Premier ministre :
- Mainmise sur l'AFP , l'agence n'a dans les faits ni actionnaires, ni capital.
- Les journalistes, s'ils sont enregistrés par la Commission de la carte où siègent des représentants du Premier ministre, font bénéficier leurs employeurs de cotisations sociales réduites et en bénéficient eux-mêmes, ainsi que d'une déduction fiscale supplémentaire.
- Les journaux doivent, eux, être enregistrés par la Commission paritaire de la presse où siègent d'autres représentants du Premier ministre pour bénéficier du taux réduit de TVA à 2,1% au lieu de 19,6%. Ils bénéficient alors aussi de tarifs ultra-préférentiels à La Poste.
- À cette subvention indirecte s'ajoute une subvention directe par les services du Premier ministre aux quotidiens nationaux.

Le refus ou le retrait d'un de ces agréments vaut toutes les censures : il condamne généralement le journal concerné à la faillite immédiate. Et s'il survit, il est réduit à la marginalité.

Si l'on se propose d'instaurer une véritable liberté de la presse c'est aussi mais nous l'avons déjà évoqué, parce que nous, mouvement politique, avons de nombreux griefs à formuler à l'égard des médias et des journalistes sur le traitement qui nous est réservé. Journaliste ! aucune autre activité ne peut s'attirer tant de procès :
- déni d'autorité dans le monopole du message (qui donc t'a fait roi?)
- contestation de la prise de parole (au nom de quoi et de qui t'exprimes-tu?)
- disqualification du savoir (quelles sont tes garanties académiques pour aborder tel sujet?)
- indigence dans le traitement de l'information (léger, superficiel, manque de recul...)
- fausses informations volontaires, faux reportages (intox et bidonnages avec l'intention de nuire ou la recherche du sensationnel)
- soupçon de complicité, voire de collusion avec les pouvoirs en place (quels sont tes liens avec le monde politique, institutionnel, économique?)
- et enfin irresponsabilité (quel est le juge de tes erreurs?).

Un petit reportage, si vous le voulez bien, dans le petit monde du journalisme. Les journalistes appartiennent à une profession dite '' ouverte '', qui n'exige aucun diplôme pour son exercice. Et, de fait, seuls 12 % des titulaires d'une carte de presse sortent d'un des neuf établissements agréés : les IUT de Bordeaux et de Tours, le Centre universitaire d'enseignement du journalisme (CUEJ) de Strasbourg, l'Ecole de journalisme et de communication de Marseille (EJCM), l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, l'Ecole de journalisme de Toulouse et, à Paris, le Centre de formation des journalistes (CFJ), le Celsa et l'Institut pratique du journalisme.

Tous ces cursus ne se valent pas. Tandis que les formations universitaires débouchent, bien souvent, sur des CDD dans l'audiovisuel de province ou la presse magazine, deux établissements privés ont la préférence des '' grands '' médias : l'Ecole supérieure de journalisme (ESJ), à Lille, et surtout, à Paris, le Centre de formation des journalistes (CFJ), parfois qualifié d''' ENA du journalisme ''.

Le CFJ forme une '' élite ''. L'Annuaire des anciens élèves compte deux mille noms. Une goutte d'eau, comparée aux quelque 35 500 journalistes actuels. Mais ces deux mille-là comptent dans les médias qui comptent : une vingtaine au Figaro, à L'Express, à Europe 1, une trentaine à TF1, quarante à Libération, cinquante à France 2, soixante-cinq au Monde, plus de cent à l'Agence France-Presse (AFP) !Alors que l'ensemble des quotidiens régionaux n'emploie, eux, au total, que 68 anciens du CFJ...

Les deux journalistes les plus écoutés de France, les deux présentateurs attitrés des journaux télévisés de 20 heures, Patrick Poivre d'Arvor pour TF1 et David Pujadas pour France2, sortent du CFJ. Adoubant des journalistes bien cotés, qui siègent à des postes influents dans des médias influents, le CFJ détermine ce que sont et seront les médias. Rentrons à l'intérieur du CFJ, "l'école de la rue du Louvre." Dès la rentrée, le responsable '' presse écrite '' théorise ces visées normatives : '' Dans la profession, il y a un certain nombre de journaux ou de journalistes qui ne sont pas dans la ligne. Ici, on va vous demander de suivre la ligne, si on peut dire, de rester dans la norme. '' Une semaine plus tard, excédé par les '' déviances '' des étudiants : '' Eh bien, oui, oui, il y a un moule CFJ, et il faudra bien vous y couler. ''

Les élèves ne parcourent même plus les essais qu'ils critiquent. Ainsi pour un ouvrage sur la guerre d'Algérie. '' Poursuis ton papier sur le livre de Jacques Duquesne, lui conseille une intervenante de France-Culture. - Mais je ne l'ai pas ouvert ! - Pas la peine. Il faut faire vite. Lis juste une critique du Monde. Les élèves sont tous ''progressistes '', tous '' modernes '', tous du centre gauche. Presque tous proches de Bertrand Delanoë, ce '' Lawrence d'Arabie qui a conquis Paris '' (??!!).

Les enseignants ne remettent jamais en cause l'ordre marchand, mais au contraire le justifient. Un petit florilège : "Le seul critère, c'est le résultat, l'audience ou la vente." Mon patron déclarait : "Je suis un lessivier de la presse et je le revendique." "On est dans l'univers de l'information, donc de la marchandise." "Tous les titres chez nous doivent être rentables, à hauteur de 10 % à 15 %." " Dans les médias, on est dans la même logique que le PDG de Procter." "Le Monde est une marque, et une marque très forte." '' Mais c'est terrible ! se rebiffe un élève. Dans cette école, on ne s'épanouit pas du tout. '' Le responsable de la première année réplique, amusé : ''Mais heureusement ! Vous n'êtes pas là pour vous épanouir. Ce serait un très mauvais service à vous rendre que de vous épanouir. Parce qu'après, quand vous travaillerez dans les boîtes, il faudra bien vous résigner, après. ''

Et pourtant il ne s'agit pas ici de faire le procès de la presse et des médias. Il s'agit d'exiger une information et des médias pluralistes, il s'agit d'exiger une information honnête, véridique et utile parce que comme nous l'avons dit il s'agit d'un droit fondamental.

Pour y parvenir une idée séduisante serait de convoquer des Etats généraux pour une information et des médias pluralistes. Ces Etats généraux réuniraient des journalistes professionnels, des universitaires et des consommateurs de médias. L'aboutissement de ces travaux serait la mise en place formelle d'une éthique et d'une déontologie professionnelles conformes aux aspirations du public.

Eh bien, le 3 octobre 2005, il y a un peu plus de 3 mois, était lancé un appel à des "Etats généraux pour une information et des médias pluralistes" et bien sûr communiqué aux principaux médias. Qui parmi vous en a entendu parlé ? La réponse à ma question, Mmes et Messieurs, est importante et aura valeur de sondage.
Personne !

Alors me direz-vous, conformément à l'ostracisme qui nous frappe, cet appel a été lancé par nous le MNR voire par un parti ou des personnes assimilés par les médias à l'extrême droite ?

Non, cet appel a été lancé exclusivement par des gens de gauche et d'extrême gauche. Vous pensez peut-être que cet appel était dû à une poignée d'irréductibles cryptocommunistes et que les médias n'ont pas jugé utile de le signaler. Eh bien non. Cet appel a été signé par plusieurs milliers de particuliers, plusieurs centaines de journalistes, une cinquantaine d'associations et syndicats nationaux dont ATTAC, ACRIMED et OFM, qui sont des observatoires des médias et le SNJ. Ainsi que par plusieurs centaines de syndicats d'entreprise, par la LCR, le MRC (Mouvement Républicain et Citoyen), le PCF, le PS, les Verts et les Alter mondialistes. Plus une vingtaine de parlementaires.

Rien. Absolument rien, pas plus dans le Figaro que dans le Monde ou Libération. Pour finir, vous devez croire que ces gens-là n'ont pas su se faire entendre. Pourtant le 29 novembre ils récidivent dans un nouveau communiqué qui indique notamment : "Il serait surprenant que l'existence d'un tel appel, ... ne mérite pas la moindre information. Nous ne pouvons le croire. C'est pourquoi le collectif d'animation du processus des Etats généraux a décidé de porter une nouvelle fois à la connaissance des responsables de rédactions le texte de cet appel et la liste des principaux signataires." Suivaient le texte de l'appel, la liste des signataires et un numéro de téléphone pour les "Contacts Presse". Toujours rien ou presque rien. Seule, l'AFP a consenti cette fois-ci à donner une version minimaliste de quelques lignes. Quant aux autres médias rien à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Rien.

Quels enseignements peut-on tiré de cet assourdissant silence médiatique. A mon avis, trois essentiels :
1. L'élite dirigeante de l'information, composée d'industriels et accessoirement de journalistes de renom, se place malgré les diverses sensibilités politiques affichées de ses membres au-dessus de tous les partis.
2. Le pouvoir le plus pernicieux des médias, le plus nuisible est celui de se taire, d'occulter l'information. Là est la véritable dictature.
3. Le "quatrième pouvoir", la presse et par extension les grands médias cumulent puissance économique et hégémonie idéologique. Il ne veut pas de ce "cinquième pouvoir" qui ne serait là que pour le contrôler.

Alors ? Quoi faire ? La situation est-elle complètement bloquée ? Certainement pas et je rappelle qu'en politique l'improbable devient réalité à condition d'avoir le courage de prendre les mesures appropriées.

Quelles pourraient être ces mesures ? Au-delà de l'abrogation de toutes les lois liberticides, une seule. La création d'un ordre professionnel des journalistes, à l'instar de celui des médecins ou des avocats. Les empoisonneurs de l'âme en seront pour leurs frais. "J'ai toujours regretté qu'il n'existe pas un ordre des journalistes qui veillerait à défendre la liberté de la profession et les devoirs que cette liberté comporte nécessairement" disait Albert Camus. Excusez-moi, mais on ne choisit pas toujours ses références.

Pour ceux qui en doutent, il est bien sûr parfaitement possible d'imaginer dans une démocratie que l'on sanctionne l'exercice illégal du journalisme comme c'est le cas en Italie ou en Catalogne par exemple.

Pour finir et puisque nous avons en France une télévision et une radio du service public, c'est-à-dire d'Etat, proposons que France2 et France-Inter soient la voix officielle de la France, de la vraie France, celle que nous appelons de tous nos voeux, celle pour qui nous nous battons.

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