Paris, Pont de Sèvres - 07/07/07 - Discours de Nicolas BAY
Rassembler la droite nationale Discours de Nicolas Bay au Conseil national du MNR
À l'issue de l'année électorale 2007 qui fut à l'évidence un particulièrement mauvais cru pour la droite nationale, deux écueils guettent aujourd'hui les militants politiques que nous sommes un peu fatigués, usés par des combats électoraux dont les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances.
Le premier écueil, c'est le désespoir. Il consiste à penser que Sarkozy a réussi le casse du siècle de façon irréversible en '' siphonnant '' l'électorat national selon l'expression en vigueur dans les médias. Et d'en tirer la conséquence qu'il n'y a plus aucune perspective, plus aucun espace politique à la droite de l'UMP qui aurait fait siens les principaux thèmes de la droite nationale.
Le second écueil, me semble-t-il, c'est l'excès d'optimisme - moins fréquent j'en conviens - il revient à considérer comme certains dirigeants du FN ont pu le faire, qu'il n'y avait rien de bien grave dans la chute électorale, celle-ci serait éphémère, conjoncturelle et de courte durée, car les électeurs reviendront automatiquement, mécaniquement, lorsque l'UMP les aura déçu.
Le désespoir : il n'a guère sa place en politique et il n'est pas justifié car tout indique aujourd'hui déjà que la méthode Sarkozy va rapidement montrer ses limites. Les résultats du 2e tour des législatives en ont été un premier révélateur.
Élu avec les voix de droite, avec les voix de toutes les droites y compris l'immense majorité de celles de Le Pen, Sarkozy a constitué une équipe gouvernementale qui fait la part belle à la gauche socialiste dans des domaines aussi essentiels que les affaires étrangères ou aussi symbolique que la politique de la ville. Alors même qu'il met en place quelques mesurettes aux conséquences limitées, les cafouillages ont commencé avec, par exemple, l'affaire de la TVA sociale.
Mais, me direz-vous, cette méthode du tout-médiatique où seules les apparences et les mots comptent, elle ne lui a pas si mal réussi que cela puisqu'il a été élu président de la république en ayant été ministre de Chirac pendant cinq ans presque sans discontinuité avec, de surcroît un bilan mitigé pour ne pas dire franchement médiocre en matière de délinquance ou d'immigration.
C'est vrai, car toute sa stratégie consistait à faire croire aux Français qu'il faisait le mieux possible avec la faible marge de manoeuvre et d'action qui était la sienne compte tenu de la présence néfaste de Chirac à l'Élysée et de Villepin à Matignon. Or, aujourd'hui, il est le grand patron, le seul maître à bord et, de surcroît, son premier ministre n'endossera pas les mauvais résultats et les coups à sa place car il apparaît de plus en plus comme le directeur de cabinet du président.
Sans lui faire d'excessifs procès d'intention et même s'il n'est pas impossible qu'il obtienne quelques succès notamment dans la conduite de réformes économiques et sociales, il n'y pas de doute cependant sur le fait que Sarkozy et l'UMP vont échouer dans les domaines fondamentaux que sont la défense de notre identité et de la sécurité des Français. Qui peut croire un instant par exemple que Mlle Fadela Amara, élue municipale socialiste de Clermont-Ferrand, présidente de l'association communautariste '' ni putes ni soumises '', va réduire substantiellement les sommes colossales déversées chaque année au profit des jeunes immigrés dans les zones de non-droit ? Bien au contraire, les programmes de gaspillage de l'argent public vont se poursuivre et s'amplifier.
Sans parler de la discrimination positive, véritable préférence étrangère que Sarkozy s'est engagé à mettre en place et qu'il a d'ailleurs déjà appliqué dans la composition du gouvernement au grand bénéfice de Rama Yade, jeune femme d'origine sénégalaise qui a été bombardée secrétaire d'état aux droits de l'homme alors qu'elle n'a aucune compétence particulière et reconnue dans ce domaine et que toute le monde ignorait jusqu'à son existence même il y a quelques semaines encore. Il en est de même pour Mme Rachida Dati, la chouchoute passagère des médias, magistrate franco-marocaine qui doit sans doute davantage sa nomination de Garde des sceaux à ses origines qu'à ses compétences professionnelles.
Bien-sûr l'état de grâce de MM. Sarkozy et Fillon va sans doute perdurer un peu encore, quelques semaines sans doute, quelques mois au mieux. Ensuite, l'agitation médiatique ne pourra masquer longtemps les limites et les lacunes de leur politique. En outre, l'hétérogénéité politique et idéologique du gouvernement risque d'éclater au grand jour lorsque les premières véritables difficultés surviendront qu'il s'agisse d'une grève organisée par les puissances syndicales de gauche ou d'émeutes dans les banlieues.
À ce moment, la déception des électeurs de droite risque bien d'être considérable, à la mesure de l'espoir suscité par l'élection de Sarkozy que certains avaient naïvement accueilli avec un déraisonnable enthousiasme.
Mais, il serait particulièrement illusoire de penser que le probable échec de Sarkozy créera à lui seul les conditions d'une réémergence électorale de notre courant. En effet, la droite nationale est aujourd'hui sclérosée et divisée. Pour être attractive, pour accueillir et intéresser les déçus du sarkozysme, la droite nationale doit être rénovée et rassemblée.
Et, au risque de surprendre compte tenu de la modestie - pour ne pas dire plus - de nos résultats électoraux, c'est au MNR qu'incombe en partie au moins cette mission de renouveau et d'union. Bien-sûr nous ne pourrons mener cette tâche seuls et il serait bien prétentieux et illégitime de notre part comme de la part d'autres composantes ou personnalités, de concevoir cette unification de façon hégémonique.
Notre rôle est d'en être les initiateurs, le pivot, le catalyseur, selon l'expression de notre président. Et si la nécessité de rassemblement doit nous pousser à rechercher l'intérêt général de notre combat avant l'intérêt particulier du MNR, nous ne devons pas, à l'inverse, avoir de complexe en raison par exemple de nos scores électoraux. Car le MNR, Jacques Gaillard l'a rappelé ce matin, ne manque pas d'atouts : un véritable appareil politique implanté partout en France, des milliers d'adhérents, des élus municipaux courageux et déterminé (à l'exemple de Patricia Vayssière qui a fait récemment échoué le projet de mosquée à Montreuil sous Bois) et, the last but not the least, un président dont la notoriété et l'envergure politique sont unanimement reconnues.
Le fait que nous n'ayons pas réussi notre essor électoral ne doit donc pas masquer nos points de force et nos atouts bien réels. Nous comptons, avec le FN et le MPF parmi les trois principales forces de notre famille politique en étant capable, comme par exemple aux dernières législatives, d'aligner 380 candidats, permettant ainsi la diffusion de trente millions de professions de foi à travers toute la France.
Et si le MNR a un rôle particulier à jouer pour permettre le rassemblement de la droite nationale, c'est d'une part parce que les autres formations sont incapables d'en prendre réellement l'initiative aujourd'hui et, d'autre part, parce que nous avons acquis une légitimité dans ce domaine. En matière d'union, l'année 2007 nous a en effet donné une véritable longueur d'avance même si nous n'avons pu en tirer les bénéfices immédiats. En soutenant loyalement la candidature de Le Pen, malgré les avanies, les camouflets et les insultes qui nous ont été adressées en retour, nous avons répondu aux aspirations profondes de l'électorat de la droite nationale et avons repris auprès de lui, une légitimité perdue depuis la scission. Aux législatives, nous sommes aussi parvenu à un accord limité mais réel avec le MPF qui, sans doute par peur de son ombre, en a ensuite nié ou minimisé la réalité, même s'il l'a, reconnaissons-le, rigoureusement respecté.
Le MPF, justement, pourrait prendre toute sa place hors du système politicien, dans une recomposition politique à droite, mais il ne peut être pour l'heure le moteur de l'union car il a, passez moi l'expression, le cul entre deux chaises. Il ne sait en effet quelle voie choisir entre son orientation historique de supplétif de la droite molle et la volonté de nombre de ses responsables et militants qui aspirent au contraire à une véritable indépendance politique pour affirmer librement un programme et des convictions semblables aux nôtres. Ne leur fermons pas la porte, tendons leur la main, les municipales nous en donneront l'occasion.
Le FN est quant à lui en roue libre, tel une vieille voiture qui n'a plus une goutte d'essence, qui roule en descente et dont les passagers tentent de se rassurer en constatant qu'ils continuent d'avancer. Les instances du FN apparaissent comme de plus en plus incapables de prendre toute initiative de rassemblement, l'appareil étant maintenant confisqué par Marine Le Pen qui mène une véritable course contre la montre pour prendre les rênes de la PME familiale. Elle bénéficie pour cela de la bienveillance des médias et du système qui voient là le meilleur moyen de faire disparaître rapidement la droite nationale. Mais cette rétivité à l'union et à toute rénovation ne doit pas masquer une autre réalité : l'immense majorité des militants, des cadres et des électeurs du FN souhaitent l'unité du courant national.
Au delà du FN, du MNR et du MPF, il existe aussi de nombreuses petites organisations dans lesquelles se sont réfugiés des personnalités ou des militants déçus par les partis, les leaders et surtout les mauvais scores. Nous les connaissons bien et entretenons volontiers avec eux des liens de camaraderie. Ils ont bien naturellement toute leur place dans le rassemblement des forces nationales , dès lors qu'ils souhaitent conserver une démarche réellement politique.
Si légitime et nécessaire soit elle, notre volonté d'union doit cependant se concrétiser dans l'action politique. Contrairement aux précédents scrutins, les élections municipales de mars 2008 nous offrent cette opportunité de rassembler, à la base, toutes les bonnes volontés pour participer à la constitution de listes communes.
En outre, la difficulté de la tâche poussera naturellement les candidats et militants du FN à s'affranchir totalement des éventuelles consignes sectaires émanant du Paquebot. En effet, dans de très nombreuses communes, il y aura une liste d'union ou il n'y aura pas de liste du tout ! D'autant que Le Pen a dores et déjà annoncé que ceux qui souhaiteraient monter des listes FN aux municipales ne pourraient compter sur aucun soutien ni technique, ni logistique ni bien-sûr financier !
Alors, je sais que nombre d'entre vous se disent que la situation du MNR n'est pas bien meilleure et que la tâche va être très difficile pour nous aussi.
C'est vrai, mais rappelons d'abord que les dernières élections municipales, en 2001, furent un très bon cru pour le MNR qui avait présenté 260 listes et obtenu en moyenne près de 10% des voix. Depuis notre création en 1999, les municipales furent la seule élection à l'occasion de laquelle nous avons obtenu d'indiscutables succès.
Resituons clairement notre objectif : les élections municipales de 2008 constituent un moyen qui permettra simultanément au MNR de renouer avec des résultats électoraux convenables et permettra de façon ensuite irréversible de favoriser le rassemblement de toutes les composantes de la droite nationale.
Si nous parvenons à constituer 60 ou 80 listes, notre objectif sera déjà atteint. Il convient donc de choisir des villes de taille moyenne dans lesquelles le MNR peut facilement prendre l'initiative et où les résultats de la droite nationale aux législatives étaient supérieurs à 5 ou 6% des voix.
De très nombreuses communes répondent à ses critères et nous avons déjà des dizaines de candidats naturels comme têtes de liste dont un certain nombre de conseillers municipaux sortants. Sans même analyser en détail la carte électorale, beaucoup de noms me viennent spontanément à l'esprit : Paul Petitdidier aux Sables d'Olonne, Philippe Fouché-Saillenfest au Havre, Lysiane Choukroun à Créteil, Gilles Barial à Romainville, François Lusinchi à Fosses, Herminia Fardeau à Neuilly-sur-Marne et bien d'autres encore.
Chers amis, après les vacances d'été bien méritées par vous tous, et que je vous souhaite excellentes et reposantes, le MNR se réunira en université d'été les 1er et 2 septembre dans l'Aveyron. Ce rendez-vous marquera la rentrée politique et la mise en ordre de bataille du MNR pour permettre le rassemblement de la droite nationale par et pour les élections municipales.
Malgré les difficultés, il s'agit d'un objectif accessible. La droite nationale telle qu'elle existe en France depuis trente ans, essentiellement au travers du FN, arrive en fin de cycle. Mais la défense de l'identité française et européenne est chaque jour davantage une nécessité. À nous de construire l'avenir de notre combat. C'est dans cette voie que le MNR s'engage derrière Bruno Mégret. C'est notre volonté politique mais c'est d'abord et avant tout notre devoir.
|