Paris, Théâtre de l'ASIEM - 27/10/07 - Discours de Nicolas BAY
Défendons notre identité Discours de Nicolas Bay au colloque "Synthèse nationale"
Chers amis,
Avant d'évoquer aujourd'hui devant vous la question fondamentale de notre identité française et européenne aujourd'hui plus que jamais menacée, je voudrais remercier la revue Synthèse nationale et son directeur, Roland Hélie, qui a pris l'excellente initiative de cette réunion qui correspond à une attente et répond à un besoin.
La réunion de ce jour est d'autant plus importante qu'elle n'a pas l'ambition de créer ou de constituer quoi que ce soit. Elle est un carrefour, une rencontre, entre de nombreux responsables et militants de la droite nationale et identitaire qui entendent se recentrer sur l'essentiel : défendre l'identité de notre peuple, de notre nation et de notre civilisation.
Et je crois qu'il s'agit là d'un axe politique prioritaire dans la période troublée que nous connaissons.
'' Face aux dangers qui menacent notre identité '', tel est le thème sur lequel nous débattons aujourd'hui et quels sont-ils donc ces dangers ?
Bien sûr, spontanément, naturellement, le militant politique que je suis répondra que l'immigration et l'islamisation sont les menaces principales qui pèsent contre nos peuples européens.
Mais ces phénomènes sont davantage des conséquences que des causes. En amont, il y a le mondialisme ravageur qui lui-même est une conséquence directe du matérialisme dans lequel baigne notre société occidentale. '' L'idéologie du veau d'or '' tend à détruire l'identité des peuples et des hommes qui les composent pour en faire des pions anonymes, sans âme et sans liberté.
C'est la dégradation et même l'inversion de nos valeurs qui a conduit notre société à la culture de mort, à la remise en cause des structures essentielles que sont la nation et la famille et au manque d'ambition et de rayonnement de notre continent.
Ce déclin s'accompagne - assez naturellement il faut le dire - d'une culpabilisation des Français et des Européens qui n'ont plus la fierté de leur passé et, en conséquence, n'ont plus d'ambition collective pour le futur.
Le pape Benoît XVI le soulignait récemment : '' L'Occident montre disait-il une haine envers lui-même qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique ; l'Occident ne s'aime plus. Dans son histoire, il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, et il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.''
Tandis que la civilisation européenne et chrétienne doute d'elle-même, le monde musulman, lui, est en pleine expansion et, même s'il ne constitue pas un ensemble homogène, il tend à se radicaliser dans une démarche de conquête et d'affrontement qui, historiquement, a toujours caractérisé ses relations avec l'occident.
L'islamisation est aujourd'hui la menace principale qui pèse sur les nations européennes et la classe politique fait preuve d'une criminelle lâcheté. En effet, l'angélisme face à l'islam est une dangereuse utopie !
Et dans ce domaine, Sarkozy et l'UMP sont encore pire que la gauche : ils ont créé le conseil français du culte musulman qui a donné un poids institutionnel à la branche la plus radicale de l'islam en France et favorisent la construction de mosquées monumentales (contre lesquelles nos élus municipaux MNR bataillent vaillamment).
Dans son approche de cette question si importante, la classe politique, refuse d'admettre l'incompatibilité structurelle et intrinsèque qui existe entre l'islam et nos valeurs de civilisation. Car l'islam est autant un mode d'organisation politique et social qu'une croyance religieuse. Il n'est donc pas soluble dans notre société.
Le MNR, comme d'autres d'ailleurs dans cette salle, a multiplié les actions de terrain contre l'islamisation. Le 11 septembre dernier, nous étions à Bruxelles pour participer à la manifestation organisée par le collectif SIOE '' Stop the islamization of Europe '' contre l'islamisation de l'Europe. Cette manifestation pacifique avait été scandaleusement interdite par le bourgmestre socialiste de Bruxelles et a donnée lieu à une répression brutale des participants, parmi lesquels nos amis députés européens du Vlaams Belang, Filip Dewinter et Franck Vanecke ou encore Carl Lang du Front national.
Pas plus tard qu'hier matin, j'ai conduit une délégation du MNR pour un autre manifestation contre l'islamisation organisée cette fois à Londres.Ce fut l'occasion de rencontrer le courageux leader danois du SIOE, Ander Gavers, qui nous a sollicité notre aide pour l'organisation d'une grande manifestation européenne à Marseille le 8 décembre prochain pour s'opposer au projet de mosquée monumentale concocté par le maire UMP, M. Gaudin.
Mais, indépendamment des décisions politiques qu'il est nécessaire de prendre pour empêcher le développement d'un islam radical sur notre sol, la seule réponse crédible, sur le fond et à long terme, c'est que la France et l'Europe retrouvent leur capacité de rayonnement spirituel, politique et culturel. Et, pour cela, il faut un ré-enracinement profond des peuples européens dans les valeurs immuables qui fondent leur identité commune.
Dans leur entreprise de dislocation de l'identité française et européenne, nos adversaires tentent d'opposer entre elles les différentes strates de ce qui constitue notre identité. Nous devons être vigilants et refuser cette tentation car notre identité est un ensemble qui perd son sens lorsque l'on nie un aspect ou un élément qui le compose.
Dans cet esprit, il me semble qu'il y a une complémentarité évidente entre les différentes strates de notre identité. Par exemple, l'identité française est d'autant plus forte que les régions françaises ont des spécificités et des richesses propres, qu'elles soient de nature politiques, culturelles ou économiques.
J'ajoute que l'identité familiale fait aussi partie intégrante de l'identité de l'individu. La famille, son équilibre et sa structure, juridique en particulier, doivent donc être prioritairement défendues.
Si toute hiérarchisation des différentes strates de notre identité ne me paraît pas justifiée, je pense néanmoins que l'affrontement des civilisations à l'échelle planétaire et les menaces qui pèsent sur la France et l'Europe doivent nous conduire à mener prioritairement un combat civilisationnel.
Si nous voulons donner un avenir à notre camp politique, si nous ne voulons pas rester durablement clouer au sol par les échecs électoraux accumulés, si nous voulons reprendre l'offensive politique pour qu'une phase de recomposition succède à la période actuelle de décomposition, il nous faut renouer avec l'essentiel de ce qui fait la justesse et la légitimité de notre combat pour remobiliser alors nos compatriotes.
Selon moi, la reconquête politique passe par deux axes principaux.
- un axe politique : défendre notre identité française, européenne et chrétienne face au mondialisme et à l'immigration-islamisation
- un axe stratégique : rassembler la droite nationale et identitaire avec tous ceux qui souhaitent mener le combat politique. Ce qui implique naturellement d'en accepter les règles et les contraintes.
A titre personnel, mon choix est d'agir sur le terrain politique et je crois qu'il est essentiel de l'investir et de l'occuper. Mais chacun doit pouvoir s'impliquer dans un domaine et sous une forme qui varient selon ses aspirations, ses goûts ou ses talents personnels. Il n'y a rien de blâmable à préférer agir dans un autre cadre que celui de l'action politique et électorale.
C'est d'ailleurs le choix de plusieurs des intervenants qui se sont succédés aujourd'hui à cette tribune. L'essentiel est d'avoir conscience de la complémentarité qui existe entre les différentes formes d'actions, dès lors qu'elles sont menées dans la fidélité à nos valeurs et pour oeuvrer à la renaissance de la France et de l'Europe.
Sarkozy a enthousiasmé les Français momentanément en pillant une partie de nos idées ou, du moins, de notre vocabulaire. Mais, inexorablement, il décevra les patriotes qui ont cru qu'il répondrait à leurs aspirations.
La fameuse rupture dont il a tant parlé n'a pour l'instant trouvé d'application que dans le domaine conjugal. Pour le reste, Sarkozy a perçu que les Français, longtemps anesthésiés, commençaient à se réveiller. Il s'est donc adapté et a procédé à un changement dans la forme, le ton, le style, avec l'habileté de se positionner sur les thèmes de l'identité, de l'autorité ou encore de la souveraineté nationale, pour gagner l'élection présidentielle.
Et ceci, au moment même où, par une stratégie de campagne hasardeuse, le candidat de la droite nationale laissait ce terrain à Sarkozy pour aller chercher d'autres électeurs, lesquels ne sont jamais venus.
Cependant, même si Sarkozy a réussi son hold-up, celui-ci n'est pas définitif. Car les actes ne sont pas en accord avec les promesses qui, elles-mêmes, étaient minimalistes ! En effet, le discours de Sarkozy consiste davantage à faire un constat qui correspond à ce que les Français ressentent, qu'à faire des propositions crédibles et encore moins à les mettre en oeuvre.
La priorité est donnée à l'image au détriment de la compétence, la communication a pris le pas sur l'action. La composition du gouvernement l'illustre bien : les nominations de Fadela Amara ou de Rama Yade ont pour but de satisfaire des communautés. Elles n'ont pas été désignées pour leur compétence mais pour ce qu'elles représentent.
Tout cela caractérise une action politique dans l'urgence, sans vision ni volonté à long terme et sans souci de l'intérêt général. Les projets de loi voient le jour au gré des faits divers et de ce qui émeut l'opinion publique. C'est le règne de l'immédiateté et du sentimental ; le gouvernement aligne son fonctionnement sur celui des médias.
La droite nationale et identitaire pourra donc apparaître comme un recours si elle parvient à se reconstruire et à se poser en alternative crédible et attrayante. Et cette crédibilité ne peut exister qu'avec une stratégie clairement définie et un programme politique cohérent et en phase avec les réalités d'aujourd'hui.
Je parle de '' droite '' car je pense que cela définit clairement ce que nous sommes. Il ne s'agit pas, bien sûr, de se reconnaître dans la fausse droite qui est, pour l'essentiel, alignée sur les positions sociales-démocrates et mondialistes de la gauche. En revanche, le clivage philosophique entre la droite et la gauche est un élément structurant de la vie politique et sociale. Il en découle des visions diamétralement opposées de la place de l'individu, de ses libertés, de ses devoirs et du rôle de la puissance publique.
S'agissant de la droite nationale française, celle-ci a été organisée, depuis une trentaine d'année, autour du FN comme composante principale et autour de Jean-Marie Le Pen comme chef et porte-drapeau. Ce dernier a su fédérer son camp et le porter remarquablement vers les succès électoraux. Cela aura été son très grand mérite quels que soient par ailleurs les griefs que peuvent avoir les uns ou les autres à son égard.
Aujourd'hui, nous devons inventer la droite nationale de demain, dans la fidélité à nos valeurs mais avec des nouvelles méthodes, une nouvelle organisation et de nouveaux visages.
Ce rassemblement doit se faire sans arrière-pensées, sans volonté hégémonique de telle organisation ou de tel leader. Par exemple, nous avons des divergences de vue importantes avec Marine Le Pen. Nous pensons que la stratégie qu'elle a adoptée pendant la campagne présidentielle était une erreur et nous déplorons son attitude de division. Pour autant, elle a manifesté des qualités politiques indéniables et elle a toute sa place dans le cadre de la nécessaire recomposition de la droite nationale.
Face aux dangers qui menacent la France et l'Europe, la défense de notre identité (la famille, la nation et la civilisation) doit être l'axe politique principal de notre combat. Et, pour y parvenir, le rassemblement de tous les patriotes sincères me semble un préalable indispensable.
À la place qui est la sienne, le MNR entend prendre part à ce projet qui pourra trouver une concrétisation lors des élections municipales de mars prochain avec des actions et des candidatures communes rassemblant, à la base, les différentes composantes de la droite nationale et identitaire.
Après les difficultés et les échecs, l'heure est à la reconquête politique !
À nous de donner un avenir à notre combat. À nous de rassembler notre camp pour rassembler ensuite les Français.
Face au mondialisme et à l'islamisation, les forces nationales et identitaires doivent organiser l'offensive politique. C'est la survie de notre nation et de notre civilisation qui sont en jeu !
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