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DISCOURS
Paris Moncassin - 01/12/07 - Discours de Nicolas BAY
Rassemblement de la droite nationale: quelles perspectives ?
Discours de Nicolas Bay au Conseil national du MNR

Une fois de plus, nous sommes rassemblés pour évoquer ensemble cette nécessité d'union de la droite nationale que nous appelons de nos voeux et à laquelle nous consacrons beaucoup de temps et d'énergie depuis maintenant longtemps.

Et, devant vous, militants et cadres du MNR, fidèles malgré les difficultés, les épreuves et les échecs, je ne me permettrai pas de brosser un tableau idyllique en faisant miroiter la perspective de voir, à brève échéance, notre famille politique rassemblée, remobilisée, réconciliée et en ordre de bataille électoral.

Non, chers amis, vous le savez, sur le '' front de l'union '', la situation est difficile et, malgré nos efforts, malgré les initiatives et les bonnes volontés des uns ou des autres, le rassemblement de la droite nationale, souhaité pourtant par l'immense majorité des électeurs, attendu aussi par la foule des militants, ce rassemblement n'est pas encore une réalité car les démarches qui vont dans ce sens se heurtent encore aux inerties, aux maladresses, aux malveillances et parfois même aux oukases.

Nous avons eu l'occasion de l'expérimenter ces derniers mois : nous avons tenter d'oeuvrer concrètement à l'union des forces patriotiques, par delà les clivages partisans et les conflits de personnes, pour servir avant tout, notre cause, notre pays et notre peuple.

C'est dans cet esprit que le MNR a accepté de participer à l'union patriotique proposée par Jean-Marie Le Pen pour l'élection présidentielle. C'est dans cet esprit aussi que nous avons recherché un accord aux élections législatives avec le FN et avec le MPF car il nous semblait suicidaire que la droite nationale, déjà affaiblie par la présidentielle, se paye ensuite le luxe de se présenter en ordre dispersé, un mois plus tard aux législatives. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les résultats ne nous ont pas donné tort !

Alors, chers amis, faut-il désespérer ? Faut-il se recroqueviller dans son coin, entre soi, en s'auto-convainquant que, décidément rien n'est possible ? Je ne le crois pas. Certes, c'est la tentation de certains militants ou responsables usés, lassés par des années de combat qui, en apparence au moins, n'ont aboutit à rien de positif.

Sans chercher à juger qui que ce soit, et surtout pas ceux dont les états de service sont réels mais qui sont néanmoins tentés de poser le sac, il me semble que le désespoir serait une grave erreur.

D'abord parce que parallèlement à l'affaiblissement électoral de notre famille politique, nous assistons à une formidable progression de nos idées et de nos valeurs dans l'opinion publique. Le pillage de nos thèmes et de notre vocabulaire par le candidat élu, a permis de banaliser, de légitimer et donc de faire considérablement progresser nos idées auprès de nos compatriotes. Souvent et naturellement d'ailleurs, les victoires idéologiques précèdent les succès politiques.

S'il serait une erreur de désespérer pour ce qui concerne l'avenir de notre combat, il ne faut pas non plus pêcher par pessimisme s'agissant de l'union de la droite nationale, qui est bien sûr un impératif et un préalable à toute reconquête électorale.

Le rassemblement des forces nationales doit rester, pour les mois et les années qui viennent, notre priorité stratégique. Car il s'agit là du passage obligé dont nous ne pourrons pas faire l'économie si nous voulons que la droite nationale, sous une forme d'ailleurs rénovée, puisse reprendre un jour pied sur la scène politique. Et celles et ceux qui incarnent ou qui ambitionnent d'incarner politiquement, médiatiquement et électoralement les idées nationales, ceux-là seront sans doute largement jugés justement sur cette capacité à rassembler par delà les conflits passés, les divergences ou les nuances de sensibilité.

D'ailleurs, dans le discours au moins, les principaux responsables de la droite nationale, toutes tendances confondues, sont officiellement favorables à l'union et au rassemblement, voire à des accords électoraux même si, dans ce domaine, les propos d'estrade ne sont pas toujours sans arrières pensées.

Mais, pour que l'unité de notre camp devienne une réalité, il faut que cet assentiment de principe, souvent très théorique et intellectuel, se traduise ensuite, dans la pratique, par des actions et des initiatives concrètes.

Et c'est bien là toute la difficulté car il nous faut rompre avec certains penchants, avec une certaine culture finalement bien gauloise qui nous pousse, presque instinctivement à nous disperser, à nous diviser et à nous opposer.

Alors, chers amis, le voici, le chantier des prochains mois et la campagne des élections municipales constitue pour cela un cadre plutôt porteur. Car tous les militants, cadres et dirigeants de la droite nationale vont devoir chercher le dialogue, prendre ou reprendre des contacts en oubliant les conflits passés, les paroles blessantes, en acceptant les différences lorsque celles-ci ne sont pas dirimantes et en étant aussi attentifs aux évolutions de discours ou de comportement.

En effet, certains, au Front national, se sont montrés hostiles à l'union patriotique au printemps 2007. Pour autant, cela ne préjuge pas de leur comportement pour l'avenir car les situations évoluent, notamment à l'intérieur des partis politiques, et, de surcroît, les échecs électoraux sont passés par là et ont remis les pieds sur terre à beaucoup de monde.

Bref, chers amis, il faut maintenant remettre les compteurs à zéro ! Il faut persévérer dans notre volonté d'unité. Je n'ose paraphraser l'Évangile mais, quand on tend une main sans succès, il faut parfois tendre l'autre un peu plus tard !

Si la situation de la mouvance nationale semble figée, ce n'est, au moins en partie, qu'une apparence. En effet, les échecs électoraux de 2007 ont provoqué une redistribution des cartes. Les clivages, qui traversaient jusqu'alors la droite nationale, étaient fortement personnifiés, ce qui exacerbait les oppositions de personnes et conduisait à la division. Il y avait les lepénistes contre les mégrétistes. Il y eut ensuite, au Front national du moins, les gollnischiens contre les marinistes.

Aujourd'hui, compte tenu des difficultés, le clivage qui apparaît de plus en plus clairement, oppose, d'un côté, celles et ceux qui souhaitent poursuivre le combat politique, qui souhaitent adapter la droite nationale aux défis de notre temps, qui acceptent les règles, les contraintes et les exigences de l'action politique et électorale.

Et il y a, de l'autre côté, ceux qui, peu à peu, de façon avouée ou non, renoncent progressivement à l'action politique, ne s'en donnent plus les moyens, et profitent finalement des échecs électoraux pour adopter une posture somme toute bien confortable consistant à se complaire dans des combats purement idéologiques, dans le ressassement de tels ou tels événements ou périodes historiques, quand ils ne tombent pas purement et simplement dans le folklore.

Au MNR, nous avons clairement choisi notre camp. Nous poursuivons le combat politique et notre mobilisation pour les municipales en est un exemple concret.

Et nous maintenons aussi notre stratégie en faveur du rassemblement des nationaux en prenant des initiatives dans ce domaine. Récemment, Jean-François Touzé et moi-même, avons créé l'association '' Convergences nationales '' qui va agir dans un esprit de coordination en faveur du regroupement des forces nationales, en essayant d'établir des passerelles et des liens entre les individus et éventuellement les structures avec, comme objectif, d'unifier la droite nationale et de la mettre en ordre de bataille pour les futures échéances électorales, les municipales bien sûr comme première étape, mais aussi - et il faut déjà commencé à y penser - les européennes de 2009 et la présidentielle de 2012.

Les considérations subalternes de personnes ou d'appareils ne doivent pas hypothéquer les perspectives de rassemblement, d'autant qu'il est nécessaire qu'un véritable renouveau frappe la droite nationale, s'agissant des hommes, des structures et des méthodes.

Ce renouveau, si important et urgent soit-il, ne doit en aucune façon remettre en cause les valeurs qui sont les nôtres ni les idées fondamentales que nous défendons. Pas plus d'ailleurs que l'union de la droite nationale ne doit nous conduire à renoncer à nos convictions.

Soyons clairs : l'union pour l'union, n'a aucun sens ni aucun intérêt.

Oui, nous sommes résolument favorables au rassemblement de la droite nationale.
Oui, nous pensons qu'il est normal et naturel que cohabitent, au sein de ce rassemblement, des sensibilités diverses.
Oui, nous avons la conviction que nombre de divergences actuelles ou passées ne sont pas un obstacle pour mener une action politique commune.

Mais, disons-le simplement, nous ne renoncerons jamais à l'essentiel de ce qui constitue nos convictions et nos valeurs.

Par exemple, nous ne sacrifierons pas, sur l'autel de l'union, la lutte contre l'islamisation que nous combattons en tant que phénomène politique et qui sera, indéniablement, l'un des grands défis de ce siècle naissant.

Nous ne sacrifierons pas, sur l'autel de l'union, la nécessité chaque jour plus pressante, de défendre la famille, le mariage et la vie humaine de la conception à la mort naturelle.

Nous ne sacrifierons pas non plus, sur l'autel de l'union, notre volonté de défendre une autre conception de l'Europe, résolument moderne et tournée vers l'avenir, fondée sur la puissance, l'indépendance et le rayonnement de notre civilisation européenne. Oui, nous devons proposer une alternative crédible à l'Europe de Bruxelles, aujourd'hui aux mains des mondialistes, soumise à une quasi-tutelle américaine et en proie aux attaques de l'islam radical.

Chers amis, nous avons du pain sur la planche.

Nous en avons, des défis à relever !

Mais si nous parvenons à dépasser les difficultés, si nous parvenons à nous rassembler, si nous réussissons à refonder la droite nationale.

Alors, nous pourrons renouer avec les succès, non pas pour nous-mêmes, mais pour nos idées, pour nos valeurs, pour la France et pour les Français.


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