Événement, le 21/09/03 Campagne : Turquie, non ! Campagne Europe, oui. Turquie, non !
Le système politique français et européen veut faire entrer la Turquie dans l'Union européenne. Car il ne faut pas se méprendre : au sommet de Copenhague de décembre 2002, les Quinze n'ont pas fermé la porte de l'Union européenne à la Turquie. Et ils n'ont pas davantage renvoyé l'adhésion de ce pays aux calendes grecques. Au contraire, les Quinze ont réaffirmé la vocation de la Turquie à intégrer l'Union. Et ils lui ont même donné rendez-vous en 2005 pour engager techniquement ce processus d'adhésion.
Accélération du processus d'adhésion
Malgré la déception ostentatoire affichée par les dirigeants turcs, le processus d'adhésion turc vient donc de franchir une nouvelle étape décisive. Lancé en avril 1987 lorsque la Turquie formula officiellement sa candidature, ce processus n'a en réalité jamais marqué le pas. Depuis quelques années, il connaît au contraire une spectaculaire accélération. C'est en 1999 que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union proclamèrent, lors du sommet d'Helsinki, que '' la Turquie est un pays candidat qui a vocation à rejoindre l'Union européenne sur la base des mêmes critères qui s'appliquent aux autres candidats ''. Ce sommet permettait même à la Turquie de mettre un pied dans l'Union puisque la même déclaration ajoutait notamment : '' la Turquie bénéficie d'une stratégie de pré-adhésion visant à encourager ses réformes ''. Enfin, le 15 novembre 2000, 429 députés européens sur 626, dont la quasi-totalité des élus français, votaient une résolution en faveur de l'entrée de la Turquie.
L'aveuglement de Chirac
Malgré la soudaine opposition de Valery Giscard d'Estaing, actuel président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, déclarant au Monde du 9 novembre dernier que l'adhésion de la Turquie signifierait '' la fin de l'Union européenne '', malgré aussi la récente accession au pouvoir d'un parti islamiste à Ankara, cette ligne pro-turque triomphe encore chez les dirigeants européens et français. Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, s'est par exemple empressé de déclarer que '' les engagements des Européens à l'égard de la Turquie ne sauraient être remis en cause ''. Quant à M. Chirac, il bouscula carrément le protocole de l'Elysée en accueillant le chef des islamistes turcs sur le perron du Palais, un geste habituellement réservé aux seuls chefs d'Etat et de gouvernement, une qualité dont est dépourvu M. Erdogan, car cet '' islamiste modéré '', comme le qualifient les médias complaisants, est empêché d'accéder à la fonction suprême en raison d'une condamnation récente pour '' incitation à la haine religieuse ''.
Un pays de 70 millions de musulmans
Pourtant, pour rejeter l'idée même d'une adhésion de la Turquie, les arguments ne manquent pas. Sans même parler des conséquences économiques ravageuses qu'entraînerait l'adhésion d'un pays de 70 millions de ressortissants dont le PIB par habitant est de 5 000 dollars contre 20 000 dollars en moyenne dans l'Europe des Quinze, on voit mal ce qui peut justifier l'adhésion d'un pays non européen. Car, si estimable soit-elle, la Turquie n'est pas une nation européenne : plus de 97 % du territoire turc se trouvent en Asie et 99 % de ses habitants sont musulmans. Si la Turquie adhère à l'Union, alors quelque 70 millions de musulmans bénéficieront de la liberté de circulation dans une Europe qui se découvrirait des frontières communes avec l'Iran, l'Irak, la Syrie, l'Azerbaïdjan... Laisser adhérer la Turquie c'est accepter que l'Union européenne n'ait plus aucune identité et aucune limite géographique. Bülent Ecevit, Premier ministre turc à l'époque du sommet d'Helsinki, ne déclarait-il pas : '' Maintenant que la Turquie est reconnue comme candidate possible, plus rien ne s'oppose à ce que l'Europe s'étende plus à l'Est, vers le Caucase, finalement vers l'Asie centrale et le reste de l'Asie ''.
Pour la communauté de civilisation européenne
Il y a donc clairement différentes façons de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Il y a ceux qui s'y opposent pour des raisons conjoncturelles en estimant que la Turquie n'a pas encore fait suffisamment de progrès sur la question de la démocratie, des droits de l'homme ou de la rigueur économique. Ceux-là disent aujourd'hui '' non '' à l'adhésion turque, mais demain ils pourraient tout aussi bien lui dire '' oui ''. Et puis il y a ceux qui, considérant que l'Europe est davantage qu'un simple traité économique ou une vague référence aux droits de l'homme, jugent que la Turquie n'a pas vocation à y adhérer. C'est très clairement à ce second groupe qu'appartient le MNR. Et c'est pourquoi, en tant que défenseur de l'identité française et de la communauté de civilisation européenne, il s'opposera toujours et de toutes ses forces à l'adhésion de la Turquie.
Campagne Europe oui, Turquie non !
L'accord des politiciens
Jacques Chirac qui, croyant que plus c'est gros mieux ça passe, a déclaré : '' la Turquie a toujours fait partie de l'Europe ''. Rappelons au président de la République que depuis la bataille de Manzikert en 1071, jusqu'à l'occupation de Chypre en 1974, en passant par la chute de Constantinople (1453), la bataille de Lépante (1571) et la levée du siège de Vienne (1683), les rapports entre les Ottomans, puis les Turcs, et les Européens sont ceux d'une lutte sans merci.
Pierre Moscovici, ancien ministre des Affaires européennes de M. Jospin, non content d'être favorable à l'adhésion de la Turquie musulmane au motif que l'Union européenne n'est pas un '' club chrétien '', considère en revanche que la Russie orthodoxe n'y a pas sa place car '' sa civilisation est différente '' !
Noël Mamère plaide de son côté pour l'intégration de la Turquie parce qu' '' on voit bien que c'est la perspective de l'entrée dans l'Union qui a fait faire à la Turquie de formidables progrès en matière de droits de l'homme ''. Peut-être devrait-on alors aussi proposer l'adhésion à d'autres pays encore un peu trop fâchés avec les droits de l'homme comme la Chine, l'Iran, la Libye, le Zimbabwe ou la Corée du Nord !
Alain Juppé, le président de l'UMP, est sur une ligne proche de celle de Noël Mamère, puisqu'il est favorable à l'adhésion turque à condition que le nouveau régime respecte '' les engagements de la Turquie sur les droits de l'homme et la laïcité ''. Si le respect des droits de l'homme et la laïcité est le seul critère nécessaire à l'adhésion, alors l'Union va finir par s'étendre à la terre entière à l'exception peut-être de quelques monarchies pétrolières et de la Cité du Vatican !
Jean-Pierre Chevènement est lui aussi favorable à l'adhésion de la Turquie car '' il faut se souvenir que la Turquie est un des très rares pays musulmans laïques ''. Faut-il alors engager le processus des autres pays musulmans laïques que sont la Syrie, l'Irak ou l'Indonésie ?
Les Français sont contre
Vivons-nous encore dans un régime démocratique ? On peut légitimement en douter. Alors que Chirac et son gouvernement persistent à poursuivre le processus d'adhésion de la Turquie, les Français, eux, y sont très majoritairement opposés. Selon un récent sondage de la Sofres, près de 58 % des Français seraient '' tout à fait opposés '' (35 %) ou '' plutôt opposés '' (23 %) à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, tandis que seuls 5 % y seraient '' tout à fait favorables '' !
Demandons un référendum !
Dans ces circonstances, il faut mobiliser les Français pour que leur opposition cesse d'être silencieuse. C'est ce à quoi va s'employer le MNR en lançant une grande campagne nationale pour réclamer un référendum contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
Le matériel de la campagne
- une affiche deux couleurs, au format 60x80, portant le slogan : "Europe oui, Turquie non !"
- un tract national
- un autocollant reproduisant l'affiche, au format 10 x 15 cm
Le déroulement de la campagne
La campagne sera menée sur le terrain, dans chaque département, grâce aux actions suivantes :
- collage d'affiches, notamment sur les grands axes de communication,
- distribution de tracts sur les marchés ou dans les boîtes aux lettres,
- conférences de presse départementales,
- réunions régionales avec un orateur national.
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