Dossier du 18/03/03 Non à la guerre en Irak La position du MNR face à la crise irakienne
La crise irakienne constitue un événement majeur sur la scène politique internationale dont les conséquences seront nombreuses et vraisemblablement de grande importance. Face à cette crise, le MNR a adopté une position lucide et nuancée, mais parfaitement claire et résolue.
1 - Le MNR est contre la guerre en Irak
Le Mouvement national républicain n'a cessé d'affirmer son hostilité à l'intervention militaire américaine en Irak. Contrairement à l'idée répandue selon laquelle le régime irakien de Saddam Hussein constituerait une grave menace pour la paix dans le monde, le MNR estime que l'Irak est aujourd'hui exsangue, bien incapable d'agresser ses voisins et encore moins d'autres pays dans le monde. Avec l'embargo qu'il a subi pendant près de dix ans et qui a provoqué la mort de centaines de milliers d'enfants, le pays est davantage une victime qu'un agresseur.
Certes, le régime irakien est un régime dictatorial qui n'a ni notre soutien, ni notre sympathie, mais il est loin d'être unique en son genre sur la planète et nous sommes opposés au droit d'ingérence qui autoriserait, on ne sait qui, selon on ne sait quelle légitimité, à intervenir pour renverser un régime aussi odieux soit-il. La guerre préventive, c'est le droit ouvert à n'importe qui d'attaquer n'importe qui, pour n'importe quel motif.
2 - M. Bush se trompe de cible
Pour autant, le MNR n'est pas opposé à la guerre par principe. Lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts vitaux de notre pays, de l'Europe ou de l'Occident, le recours à la force est légitime. C'est dans cet esprit que nous avions approuvé l'intervention militaire américaine contre l'Afghanistan des talibans. Après l'attentat du 11 septembre 2001, il était en effet légitime de s'en prendre à un pays qui servait ouvertement de base arrière aux organisations terroristes islamistes et notamment à Ben Laden et à Al Quaïda.
Cependant, l'Irak est un pays laïc et n'est nullement dans cette situation. L'Irak n'est pas un pays terroriste et ne subventionne ni le terrorisme, ni le développement de l'islam en France ou en Europe. On ne pourrait pas en dire de même de l'Arabie Saoudite, alliée prétendue des Américains, qui finance massivement les mosquées et l'implantation de l'islam dans nos pays européens et dont les liens avec les mouvements islamistes sont plus qu'ambigus.
Dans cette affaire, si leur but est de combattre l'islamisme, M. Bush et les Américains se trompent de cible.
3 - Le MNR refuse l'hégémonie impériale des Etats-Unis
Cette crise est également l'occasion de clarifier les relations de l'Europe avec les Etats-Unis. Ceux-ci, avec lesquels notre pays entretient depuis des décennies des liens d'alliance et d'amitié, ne sont pas des ennemis. Il n'en demeure pas moins qu'après l'effondrement de l'Union soviétique, l'Amérique, restant la seule grande puissance planétaire, développe sur le monde et notamment sur l'Europe un projet impérial.
Même si elle se prétend libérale et bienveillante, cette hégémonie n'est pas, pour nous, acceptable. Les Américains ne peuvent pas exiger de l'Europe qu'elle s'aligne systématiquement sur leur position, quelle que soit celle-ci. Il est donc salutaire qu'à l'occasion de cette crise irakienne, les Etats-Unis se soient trouvés isolés et que l'opposition à la guerre ait été menée par trois grands pays européens, la France en tête, l'Allemagne et la Russie. Cette situation peut créer les conditions d'un renouveau européen en rupture avec l'atlantisme.
4 - Le MNR soutient la position française sans se faire d'illusions sur M. Chirac
Le MNR a donc apprécié la position prise au nom de la France par MM Chirac et de Villepin et nous avons officiellement manifesté notre approbation à l'action du chef de l'Etat sur ce dossier.
Pour autant, le MNR ne se fait aucune illusion sur les motivations réelles de M. Chirac. Sa détermination n'aurait certainement pas été la même s'il n'avait pas eu dans cette affaire le soutien de l'opinion publique, de la gauche ainsi que celui des Arabes et des musulmans installés en France. Sur cette grave question, il est très certainement motivé par la crainte des attentats terroristes en France et par le désir de ne pas contrarier la population immigrée dans la perspective... de l'élection présidentielle de 2007. De surcroît, il se trouve, comme à son habitude, ravi de pouvoir rejoindre les positions de la gauche.
Ces motivations nous sont, bien sûr, totalement étrangères et nous ne nous faisons donc aucune illusion sur la nature de l'engagement chiraquien. Pour autant, l'affirmation de notre indépendance implique bien sûr de ne pas suivre les exigences des communautés étrangères installées sur notre sol, mais elle implique également de ne pas en prendre, par principe, le contre-pied systématique. C'est donc, quelles que soient les motivations de Chirac, de la gauche ou des musulmans, pour les raisons majeures qui sont les nôtres - à savoir la défense des intérêts de la France et de l'Europe - que nous avons pris la décision de nous opposer fermement à la guerre en Irak.
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