Dossier du 24/03/02 Lettre à Silvio Berlusconi Lettre ouverte de Bruno Mégret à Silvio Berlusconi
Monsieur le Président du Conseil,
A travers vous, c'est au peuple italien tout entier que je m'adresse, afin qu'il sache à quel point les Français déplorent l'attitude scandaleuse d'une poignée d'histrions qui, au Salon du Livre, sous prétexte de s'attaquer à vous, ont en fait montré le profond mépris en lequel ils tenaient, et la littérature, et le peuple italien tout entier.
Leur comportement sectaire constitue la négation même de l'Esprit européen, fondé sur le respect mutuel, l'amour de cultures s'abreuvant à des sources diverses et néanmoins communes, et surtout un certain nombre de valeurs fortes, au premier rang desquelles la liberté de penser, que ces nouveaux inquisiteurs foulent allègrement aux pieds, dès lors qu'elle n'entre plus dans le moule de la pensée unique - entendez de gauche...
Sachez que nous dénonçons avec la plus grande vigueur ce comportement irresponsable, toléré voire encouragé par certaines autorités du gouvernement français, au premier rang desquelles Mme Tasca, qui en l'occurrence se sont déconsidérées. L'opposition à laquelle vous devez faire face est en fait celle d'une poignée de privilégiés d'une certaine "gauche caviar", qui de part et d'autre des Alpes entend se maintenir coûte que coûte dans son rôle de "bonne-conscience-de-gauche-auto-proclamée". En réalité, derrière les arguties invoquées, ils ne sont rien d'autre, dans leur immense majorité, que les sbires grassement stipendiés d'une gauche qui prétend depuis des lustres détenir le monopole de la culture, et à laquelle vous et vos amis avez eu le courage de vous attaquer.
M. Berlusconi, si vous et vos amis avez autant d'ennemis, c'est tout à votre honneur ! S'ils ne vous pardonnent pas, c'est d'abord d'avoir réussi ! Réussi à redresser l'Italie, réussi à lui rendre son honneur, sa fierté, son dynamisme. Et tout cela sans rien renier de vos valeurs de droite, en affirmant clairement, sereinement et puissamment, que la droite pense, agit, et gagne. C'est bien cela qui fait peur à une gauche désemparée, qui ne sait plus dès lors que calomnier et agresser.
Vous avez tracé la voie, vous avez montré l'exemple qu'une droite décomplexée, réconciliée avec elle-même, pouvait être forte, et l'emporter. En Italie comme en France, la droite ne peut gagner que si elle s'affirme clairement en tant que droite, et non comme un pâle ersatz de la gauche.
Puisse cette voie de l'union de toutes les droites, fières d'être ce qu'elles sont et conscientes de leur profonde adéquation avec les aspirations du pays réel, inspirer les hommes politiques français, afin que nous sortions enfin du carcan crypto-marxiste dans lequel nous a depuis trop longtemps enfermé une pseudo-intelligentsia. C'est à cette condition que la voix de la France profonde, celle du bon sens, de la tolérance, de la connaissance et du bon goût, en un mot la France de "l'honnête homme" sera enfin réconciliée avec elle-même et retrouvera ses lettres de noblesse.
Veuillez croire, Monsieur le Président du Conseil, en l'assurance de ma très haute et très chaleureuse considération,
Bruno MEGRET
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