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Dossiers - 06/11/01 - Sur le transport routier Lettre ouverte aux transporteurs routiers Comme le dit une publicité, si vous l'avez c'est qu'un camion vous l'a apporté. En faisant mienne cette phrase, je mesure toute l'importance que représente votre profession dans le tissu économique de notre pays. Que vous soyez dirigeant ou salarié d'une grande compagnie nationale ou d'une petite entreprise artisanale, que vous soyez grand routier ou messager, vous êtes depuis quelques années frappés de plein fouet par de nombreuses difficultés qui nourrissent chez vous d'importantes et légitimes inquiétudes pour l'avenir. Pire encore, les catastrophes du tunnel du Mont-Blanc ou plus récemment du Saint-Gothard viennent passionner un débat qui a trop tendance à incriminer systématiquement le camion, montré du doigt comme le coupable idéal. Si je m'adresse à vous aujourd'hui, lors de votre grand rendez-vous professionnel, c'est donc pour vous exposer les mesures que je défends avec tous les élus du MNR (Mouvement national républicain) à travers la France. - Simplifier notre réglementation particulièrement tatillonne. Alors que la conjoncture est de plus en plus concurrentielle, la multiplication des contrôles routiers, l'augmentation des repos obligatoires, la réduction autoritaire du temps de travail et la fiscalité pétrolière délirante - en dépit des acquis de septembre dernier - constituent autant d'entraves au développement de nos entreprises, notamment face aux concurrents belges ou allemands. - Offrir une main d'oeuvre de qualité à nos entreprises. Le goulet d'étranglement des filières de formation existantes, la fin du service national grand pourvoyeur de chauffeurs PL et l'imposition de la FIMO augmentent aujourd'hui le décalage entre les offres d'emplois proposées et les emplois réellement pourvus. Ces dispositions sont particulièrement inquiétantes quand on connaît la moyenne d'âge élevée des actifs du secteur et la relative dévalorisation du métier de chauffeur, usant physiquement et psychologiquement. Résultat : les coûts d'intérim explosent et le recours à une main d'oeuvre étrangère s'accélère. - Favoriser les emplois français. Les entreprises de transport belges ont ouvert la voie en obtenant le recrutement de 3 000 routiers extra-européens, souvent peu formés. C'est d'ailleurs un chauffeur turc illégalement entré sur le sol européen qui est à l'origine de la catastrophe du Gothard. Nous ne souhaitons pas que le transport routier connaisse une tiers-mondisation de ses emplois, synonyme de baisse des qualifications et des rémunérations. - Bâtir un vrai projet national d'infrastructures. On peut parler sans cesse du ferroutage ou de l'amélioration des voies navigables. Mais c'est de vraies décisions dont nous avons besoin, y compris à partir d'une marge de manoeuvre budgétaire permettant au pays de se doter de nouvelles infrastructures. Qu'on le veuille ou non, la France doit retrouver une politique de grands équipements conforme aux enjeux de l'avenir et utiliser ses ressources pour mettre en oeuvre ces actions et non pour entretenir toute la misère du monde sur son sol. Il n'y a en politique ni hasard ni fatalité. Les choix budgétaires doivent être faits dans l'intérêt prioritaire de notre pays, c'est-à-dire de son espace, de ses entrepreneurs et de ses simples citoyens. C'est le sens du message que je porterai dans six mois lors de l'élection présidentielle. D'ici là, je vous adresse mes meilleures salutations et vous souhaite bonne route ! Bruno MEGRET |