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Dossier du 15/02/00 Insécurité : chiffres manipulés Les chiffres baissent, pas l'insecurité !
Gravement mis en cause par la vague de violence sans précédent qui s'est abattue sur les établissement scolaires, le gouvernement socialiste a riposté en publiant de providentielles statistiques, selon lesquelles la hausse de l'insécurité aurait été maîtrisée avec une augmentation minime de 0,07 %. Mais les statistiques gouvernementales n'ont convaincu personne. Ni les Français, ni les experts !
En prétendant chiffres à l'appui que l'insécurité se serait stabilisée en 1999, le gouvernement socialiste a fait un triple flop.
3.5 millions de délits recensés
Flop parce que, si bidouillés soient-ils, les chiffres du ministre reflètent une situation intolérable avec plus de 3,5 millions de crimes commis en un an, soit quand même 10 000 par jour. Flop aussi, parce que la "stabilisation" globale masque mal la spectaculaire explosion de la violence. Ce sont les crimes et délits contre les personnes qui augmentent le plus. Les "coups et blessures" s'aggravent de 9,7 % et les menaces, chantages et racket de 10,6 % !
Flop enfin parce que plus personne ne croit aux chiffres officiels. Ni les Français, ni les experts. Pour Bruno Aubusson de Cavarlay, chercheur au CNRS : "le chiffre de + 0,07 % de crimes et délits par rapport à 1998 est plutôt drôle ! On va chercher deux chiffres après la virgule pour laisser entendre qu'on dispose d'une mesure capable d'une telle précision...On oublie que les statistiques dépendent d'une foule de facteurs."
Tout d'abord, les chiffres officiels ne recensent par nature que les crimes et délits répertoriés par les forces de police. Si bien que de nombreuses infractions échappent à cette comptabilité, à commencer par celles commises sur des personnes qui par lassitude ou fatalisme renoncent à porter plainte.
Bidouillages en tout genre
Pire encore ! Comme le note le criminologue Christophe Soullez : "certaines plaintes ne sont pas répertoriées de façon volontaire par les services de police. Conséquence : une sous-estimation des faits constatés. De même, certains actes pouvant théoriquement faire l'objet d'une plainte seront simplement mentionnés sur le registre de la "main courante" et ne seront pas inclus dans les statistiques." C'est dire si les instructions données par la hiérarchie permettent de minorer ou majorer à volonté les chiffres officiels en fonction notamment des critères d'opportunité politique (lire encadré ci-dessous).
L'inquiétant chiffre noir
A côté du chiffre officiel de la criminalité, il existerait donc un chiffre noir intégrant toutes les infractions non recensées par les autorités de police. Pour tenter de le cerner, l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure a mené, fin octobre 1999, une grande enquête de "victimisation", la méthode consistant à interroger un échantillon représentatif de Français. Selon cette étude "le total des délits cités par les sondés serait cinq fois supérieur aux statistiques officielles !" Si bien que le nombre réel de crimes et délits commis en France en 1999 se monterait non pas à 3,5 mais à 17,5 millions. De quoi ramener le minsitre à plus de modestie...
Désinformation socialiste sur la sécurité à Vitrolles
A en croire le ministère socialiste de l'Intérieur, l'insécurité serait maîtrisée partout en France. Partout, partout ! A une exception près cependant : Vitrolles-en-Provence, ville dans laquelle les services de M. Chevènement croient déceler une hausse de l'insécurité.
Il est vrai qu'il ne pouvait en être qu'ainsi. A Vitrolles-en-Provence, la muncipalité a multiplié par deux les effectifs de la police municipale, développé la vidéo-surveillance, ouvert un nouveau commissariat et deux antennes d'îlotage, créé une brigade canine, une brigade équestre et une brigade d'intervention rapide. Autant d'initiatives dont on sait bien qu'elle sont de nature à aggraver considérablement l'insécurité... pour les voyous !
Si bien que les faits sont là :
Depuis l'arrivée de l'équipe municipale de Catherine Mégret on a enregistré :
+ 13,6 % d'arrestations
+ 41,5 % d'affaires élucidées
+ 62 % de garde à vue
- 20 % de crimes et délits en 97 - 11 % de crimes et délits en 98
- 13 % de crimes et délits en 99.
A Vitrolles ce n'est pas l'insécurité qui augmente mais l'efficacité de la police municipale.
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