Pour que vive la France
Le projet : Un III° Millénaire pour la France et l'Europe
Alors
que s'ouvre le troisième millénaire, la France et l'Europe
se trouvent à la croisée des chemins. Dans un monde
en plein bouleversement, l'histoire hésite quant au
sort de notre nation et de notre civilisation. Et, comme
fasciné par le gouffre qui s'ouvre devant lui, notre
pays semble perdre sa raison et sa lucidité. Nos compatriotes
paraissent frappés de stupeur, les élites subjuguées
par ce qui survient et nos institutions neutralisées
par le cours des choses.
Pourtant, aujourd'hui comme hier, l'avenir n'est écrit
nulle part et l'histoire s'affirme toujours comme le
fruit de la volonté des hommes. Aussi le Mouvement national
républicain a-t-il comme projet de conjurer ce que d'aucuns
prennent pour la fatalité et de rendre un avenir à notre
peuple. Il veut lui ouvrir les yeux sur la réalité de
la décadence et l'engager sur la voie du renouveau.
Un renouveau adapté au xxie siècle et conforme à son
génie propre.
Les fruits
amers du xxe siècle
Le siècle écoulé nous lègue en effet
un monde contrasté où deux réalités antagonistes conjuguent
leurs effets, l'une pour amollir et assoupir les Français,
l'autre pour dissoudre leur identité et les détruire.
Une situation qui a pris corps dans les décennies
passées et qui projette sur les années à venir l'ombre
de dangereuses menaces.
Le xxe siècle avait pourtant commencé sous les meilleurs
auspices pour notre pays et notre continent. Après
une longue période d'expansion et de découverte, l'Europe
exerçait sur le monde une prépondérance sans partage.
Sa civilisation rayonnait dans tous les domaines et
sur toutes les terres. Tout au long du siècle, le
monde occidental a d'ailleurs connu un progrès matériel
sans précédent. Le développement de la science et
de la technique a offert aux Européens une puissance
et une richesse qu'ils n'avaient jamais connues jusque-là.
Grâce aux avancées de la médecine et à la croissance
économique, l'ouvrier français d'aujourd'hui connaît
une vie plus longue et plus facile que jamais. Et,
pendant les cinquante dernières années, la France
et l'Europe occidentale ont pu vivre dans un grand
confort nourri par la prospérité économique, la paix
internationale et la stabilité politique.
Pourtant, le xxe siècle est passé et il n'a pas tenu
ses promesses d'un monde meilleur. L'an 2000, que
redoutaient certains mais qui faisait rêver tant d'autres,
est venu et il n'a répondu à aucune espérance. Pour
la France, pour l'Europe, le siècle qui s'ouvre apparaît
lourd d'incertitudes et de dangers. Aujourd'hui, en
effet, la réalité doucereuse et lénifiante du monde
de l'abondance et du confort commence à céder la place
à une autre réalité. Une réalité jusqu'à présent sous-jacente,
mais dont les terribles impératifs s'imposent peu
à peu à nos compatriotes et font tomber leurs illusions
quant à l'avenir qu'on leur prépare.
Car la France semble en proie à un processus de dilution
qui détruit peu à peu ses valeurs, ses institutions
et son peuple lui-même. Ainsi, notre pays vieillit
de plus en plus et ne renouvelle plus ses générations
alors qu'une immigration de peuplement imprime chaque
jour un peu plus sa marque sur notre sol. Un état
de guerre ethnique larvée gagne des portions croissantes
de notre territoire. L'islam s'impose déjà comme la
deuxième religion dans notre pays et cherche à faire
prévaloir ses murs et ses coutumes.
L'ordre et la loi reculent tandis que la violence
s'installe dans nos cités. La peur s'insinue dans
les villes et les campagnes à mesure que la délinquance
impunie se fait plus arrogante. Le tissu social se
délite. Les égoïsmes donnent libre cours à leurs appétits,
encouragés par la domination sans partage des intérêts
mercantiles et le matraquage cynique d'une publicité
toute-puissante. Et cela, au mépris de la misère et
de la pauvreté qui reviennent en force, frappant de
plein fouet les plus faibles de nos compatriotes.
Hier encore pays de haute culture, la France se laisse
peu à peu subjuguer par une sous-culture cosmopolite
et malsaine qui soumet son peuple et sa jeunesse à
un abrutissement médiatique sans précédent. Progressivement,
c'est le laxisme qui tient lieu de règle en matière
de murs, tandis que la corruption des puissants
vient saper systématiquement la morale civique. Quant
à la bureaucratie, qu'elle soit étatique, bruxelloise
ou locale, elle est devenue omniprésente et paralysante.
Sécrétant une réglementation aussi prolifique que
contraignante, engendrant des taxes, des charges et
des impôts toujours plus lourds, elle étouffe les
initiatives, bride les énergies et stérilise la création
et l'entreprise.
Les institutions elles-mêmes se trouvent subverties
les unes après les autres. La citoyenneté, pourtant
fondement de la cité et de la république depuis la
plus haute antiquité européenne, se vide jour après
jour de sa substance. On abolit peu à peu toute distinction
entre citoyens et résidents, au point d'instaurer
une véritable priorité en faveur des étrangers aux
dépens des Français de souche. La préférence nationale
devient une discrimination et même un délit qui prive
de leur sens les notions pourtant essentielles de
communauté et de fraternité nationale.
L'école, qui de tout temps assurait la transmission
du savoir et de notre héritage de civilisation, a
abandonné cette mission essentielle pour se transformer
en une chambre de résonance de la société et de toutes
ses déviances, au point que la délinquance, la drogue
et la violence s'y développent tous les jours. L'armée,
qui incarnait la volonté de notre peuple de durer
et de survivre et maintenait vivantes les valeurs
patriotiques, a été coupée de la nation pour se trouver
progressivement démantelée.
La démocratie, que le régime brandit à tout propos
contre ses adversaires, devient une coquille vide,
réduisant ainsi les libertés concrètes des Français.
La liberté d'expression et la liberté de recherche
sont mises en tutelle au nom d'un antiracisme truqué
qui vise à culpabiliser nos compatriotes. La prétendue
liberté de l'information n'empêche ni la censure,
ni les manipulations, ni l'espionnage, ni les procès
en sorcellerie. Au nom de la mixité sociale, alibi
du mélange ethnique, on va même jusqu'à retirer à
nos compatriotes la liberté de choisir leur voisinage.
Cette logique totalitaire se trouve de surcroît considérablement
amplifiée par l'Europe de Bruxelles qui se comporte
comme une oligarchie aux pouvoirs de plus en plus
étendus. Pour la première fois dans notre histoire
en temps de paix, la France a dû renoncer à sa souveraineté,
à son droit qu'on croyait pourtant inaliénable de
frapper sa monnaie, de conduire sa politique budgétaire,
de garder ses frontières, de décider qui peut pénétrer
sur son sol. Pour la première fois, plus de la moitié
des règles qui gouvernent la vie des Français n'ont
pas été édictées par des élus ou des dirigeants français,
mais sont imposées depuis l'étranger par des instances
étrangères.
Au seuil du xxie siècle, les facteurs de décomposition
de notre société se sont tellement multipliés qu'ils
affectent maintenant la vie quotidienne et le sort
de beaucoup de nos compatriotes. Pourtant, les responsables
du régime ne s'inquiètent pas de ces phénomènes dans
lesquels ils ne semblent voir que les effets inévitables
des mutations nécessaires à notre entrée dans le monde
de demain. Monde qu'ils décrivent tous par un maître
mot : mondialisation!
Les nuages noirs du xxie
siècle
Sans faire la distinction entre les
facteurs objectifs de la mondialisation, que sont
par exemple les nouveaux moyens de télécommunication,
et l'obsession idéologique qui conduit à juger tout
ce qui en résulte comme systématiquement bénéfique,
les tenants du régime transforment des mécanismes
purement techniques de rétrécissement de la planète
en une doctrine politique de promotion du cosmopolitisme.
Confondant ainsi mondialisation et mondialisme, ils
en viennent à voir dans les évolutions actuelles un
processus irréversible d'unification de la planète.
Les économies, les nations, les civilisations, les
cultures, les races, voire les religions, seraient
amenées à se fondre en une entité unique, à se mélanger
en un immense melting-pot planétaire. Et chacun de
se féliciter des mécanismes unificateurs mis en place
par les nouvelles techniques de communication et d'applaudir
aux nouvelles règles de décloisonnement des économies.
Et tous, faiseurs d'opinion, princes de la finance
et responsables politiques, d'en demander toujours
plus pour accélérer ce processus et pour y adapter,
au besoin contre leur volonté, les peuples et les
nations. Dérégulations, suppression des frontières,
destruction des obstacles aux échanges, mise en cause
des souverainetés populaires, contournement des lois
étatiques, fusion internationale des entreprises,
tout, et n'importe quoi, doit être entrepris pour
assurer la domination de leur nouvelle idole, la mondialisation.
Les nations doivent céder la place au nouvel ordre
mondial, les économies nationales se fondre dans le
grand marché planétaire, les États se soumettre aux
organismes internationaux, à l'Onu, à l'Otan, à l'OMC.
Et malheur à ceux qui refusent. Ils seront brisés
comme l'ont été l'Irak et la Serbie.
Aux yeux des dirigeants des nations européennes, la
globalisation constitue en effet un impératif auquel
il faut se soumettre les yeux fermés, sans se soucier
des conséquences souvent dramatiques qui en résultent
pour les peuples.
L'immigration devient ainsi un phénomène normal, présenté
même comme bénéfique puisqu'il permettrait de compenser
la chute de la démographie française et européenne.
Ainsi l'Onu préconise-t-elle, dans un rapport publié
en 1999, l'arrivée en Europe de 159 millions d'immigrés
supplémentaires d'ici à 2025, dont 23 millions pour
la France. Projet qui changerait pourtant radicalement
la nature de la population européenne, laquelle compte
aujourd'hui 400 millions d'habitants. "Un changement
géopolitique majeur", reconnaît l'Onu sans vraiment
s'en inquiéter. Sur le plan religieux, la montée en
puissance de l'islam sur le continent européen et
la prochaine entrée de la Turquie dans l'Europe correspondent
à cette même volonté mondialisatrice visant, selon
la formule d'un ministre français, à faire en sorte
que "l'Europe ne reste pas un club chrétien".
Dans ce processus de mélange planétaire, c'est encore
l'Europe de Bruxelles qui joue le rôle d'accélérateur.
En cherchant à étendre toujours plus le nombre de
ses membres, elle se transforme progressivement en
une nouvelle Babel qui détruit les entités nationales,
dépossède les peuples de leur souveraineté, démantèle
les États sans même défendre l'identité et les intérêts
du vieux continent. Bien au contraire, l'Europe de
Bruxelles se soumet aux États-Unis d'Amérique qui
s'affirment de plus en plus comme l'inspirateur et
le garant de ce nouvel ordre mondial. Devenus depuis
la disparition de l'Union soviétique la seule superpuissance
planétaire, ceux-ci tentent d'imposer partout dans
le monde leur modèle cosmopolite et marchand, celui
qui fonde leur propre société. Bien qu'ils connaissent
chez eux de graves échecs, les Américains agissent
partout avec détermination pour faire prévaloir leur
vision du monde et se comportent ouvertement comme
le bras séculier de la mondialisation.
C'est dans le domaine économique que ce processus
prend actuellement la plus grande ampleur. Facilité
par l'essor spectaculaire des moyens de transport
et de télécommunication ainsi que par les dérégulations
généralisées, le commerce mondial se développe à un
rythme accéléré tout comme les regroupements d'entreprises
et les délocalisations. Se crée ainsi dans chaque
secteur l'ébauche de quelques grands groupes qui placeront
le monde sous la coupe d'oligopôles transnationaux.
Déjà, il n'existe plus que deux constructeurs d'avions,
Airbus et Boeing, et les entreprises, à mesure qu'elles
se mondialisent, se regroupent progressivement, de
telle sorte que leur nombre diminue dans le secteur
de l'automobile, des transports aériens, des télécommunications
et de l'électronique. Par le jeu de ce monstrueux
Monopoly, l'économie mondiale tend à se structurer
autour d'entités financières internationales échappant
au contrôle des États, étrangères aux préoccupations
humaines, nationales et sociales, et mues seulement
par les lois implacables de l'argent.
Telles sont les perspectives d'avenir que nous présentent
les tenants de l'établissement à l'aube du xxie siècle.
La marée migratoire, la globalisation de l'économie,
l'étouffement bureaucratique et fiscal, l'eurofédéralisme
bruxellois et le nouvel ordre mondial américain, autant
de phénomènes qui accentuent la dérive totalitaire
et l'impérium des valeurs marchandes, autant de mécanismes
qui concourent à la mondialisation et ne peuvent donc
qu'entraîner la destruction de notre nation et de
notre civilisation.
Le souffle
de notre peuple
Au Mouvement national républicain,
nous voulons au contraire la survie de la France et
de l'Europe. Nous voulons défendre notre peuple et
sa civilisation, nous voulons rester ce que nous sommes,
nous voulons un avenir dans la fidélité à nos valeurs
et à notre identité. Le MNR s'oppose donc globalement
au projet de l'établissement. Et l'antagonisme qui
en résulte correspond clairement à l'enjeu majeur
du siècle qui vient. D'un côté les tenants du mondialisme,
de l'autre les promoteurs de nos identités. D'un côté
les zélateurs du totalitarisme politiquement correct,
de l'autre les défenseurs de nos libertés et de nos
valeurs de civilisation. Dans cette grande bataille
qui s'engage, nous avons choisi notre camp. Et notre
ambition est simple : rassembler tous les Français
attachés à leur nation et à leur civilisation pour
faire obstacle aux entreprises néfastes du mondialisme,
du totalitarisme et du matérialisme.
Nous affirmons sans ambages notre attachement à notre
peuple et notre amour de la France. Pour nous, elle
représente un trésor vivant. Sans elle, quelque chose
d'essentiel manquerait au monde. Certains prétendent
l'amputer, la faire naître en 1789 ou mourir en 1940.
Nous, nous en recueillons tout l'héritage, son histoire
et sa foi, ses penseurs, ses chefs et ses ingénieurs,
ses rois et ses généraux, ses arts et sa science,
ses vins et sa cuisine. Du plus profond de son inépuisable
richesse intellectuelle, affective et morale, la France
nous parle par ses voix intérieures depuis des millénaires.
Mémoire et source de vie, elle est le résultat d'une
longue histoire d'amour entre un peuple et une terre.
Non sans mal, dans le sang, la sueur et les larmes,
mais aussi par le cur et par le génie, le peuple
a fécondé la terre et la terre a façonné le peuple.
De cette nation, "faite de main d'homme"
pour reprendre la belle formule de Paul Valéry, est
née une très haute civilisation qui s'est élevée au
sommet des réalisations humaines et des conquêtes
de l'esprit.
Nous revendiquons le droit de préférer ce pays-là,
ce grand pays qui est le nôtre. Nous osons préférer
sans complexe notre civilisation, notre histoire et
notre nation. Nous préférons la France non seulement
parce qu'elle est nôtre, mais parce qu'avec Saint
Louis, Pascal, Molière, c'est une manière très mesurée,
très humaine d'aller haut, de penser clair, de concevoir
le beau. Elle nous amène sans façon au-dessus de nous-mêmes,
elle nous lie doucement à la terre et au ciel. Elle
ajoute quelque chose à la vie et à la beauté du monde.
Aussi reconnaissons-nous un destin singulier à notre
pays. Un destin qu'il nous faut assumer et qui nous
porte à proclamer les droits imprescriptibles de la
France et des Français. Les droits des vivants, des
morts et des générations à venir, car notre pays n'appartient
pas à la génération présente, nous l'héritons de nos
grands-parents et nous l'empruntons à nos petits-enfants.
Et, dans cette bataille que nous engageons contre
les forces pernicieuses du mondialisme, nous sommes
portés par le souffle de notre peuple, un souffle
qui nous dépasse et qui transcende notre combat. La
France, nous le savons, a connu en maintes occasions
dans son histoire des périodes aussi difficiles que
celle d'aujourd'hui et, à chaque fois, elle a su trouver
en elle-même les ressources vitales pour se ressaisir
et reprendre sa marche en avant. Cette fois-ci encore,
elle trouvera la force de résister à la destruction,
de s'opposer à la dilution et de se redresser pour
poursuivre son cheminement dans l'histoire. Aussi
sommes-nous bien plus forts qu'il n'y paraît puisque,
précisément, nous sommes l'expression politique de
la volonté de notre peuple de résister et de survivre.
Nous sommes son bras séculier, l'instrument qu'il
se donne pour affronter les forces du mondialisme,
de l'étatisme et de la décadence. Aussi engageons-nous
le combat avec la certitude de l'emporter face à un
adversaire certes considéré comme omnipotent, mais
qui se révèle en réalité beaucoup plus fragile que
les apparences ne le laisseraient croire.
Tourner le
dos aux erreurs du passé
Les phénomènes auxquels nous assistons
actuellement ne sont pas en effet la manifestation
d'un grand courant d'avenir qui prendrait sa source
aujourd'hui pour aller se renforçant dans les décennies
à venir. Ils sont au contraire l'aboutissement exacerbé
de mécanismes qui ont pris corps au xxe siècle et
qui appartiennent donc au passé. Ainsi, le processus
de décomposition de la nation qui se déroule sous
nos yeux, loin de répondre à on ne sait quelle nécessité
historique, résulte en réalité des erreurs idéologiques
et politiques commises tout au long du siècle écoulé.
Car, au-delà des progrès matériels enregistrés durant
cette période, le xxe siècle aura été au total particulièrement
funeste pour l'Europe et pour la France.
Il aura été le siècle du totalitarisme, celui au cours
duquel les dangereuses utopies liberticides élaborées
au siècle précédent, communisme et national-socialisme,
se seront incarnées politiquement. Si ce dernier a
disparu, le marxisme et l'égalitarisme continuent
d'exercer leur domination politique et idéologique,
en particulier dans notre pays. Et, si les méthodes
brutales et sanglantes des grands totalitarismes ont
été abandonnées, c'est pour adopter les techniques
plus subtiles et plus efficaces du politiquement correct.
La pensée unique et le terrorisme intellectuel pratiqués
aujourd'hui semblent en effet avoir asservi les esprits
avec plus d'efficacité que la terreur physique et
s'affirment donc comme la version contemporaine des
totalitarismes passés.
Le siècle écoulé aura vu également s'imposer les intérêts
marchands que symbolisent le consumérisme et le règne
de l'argent. Il aura connu l'effacement des valeurs
traditionnelles et humanistes au profit de la domination
froide des impératifs de la technique et des exigences
des marchés. Et cette très grave dérive du xxe siècle
donne aujourd'hui son plein effet avec l'occultation
du politique, l'affaissement des nations et la disparition
des valeurs. L'aube du nouveau siècle est donc marquée
par l'exacerbation du matérialisme en gestation depuis
des années.
De même, l'utopie cosmopolite qui a parcouru le siècle
passé sous la forme de l'internationalisme, du libre-échangisme
et du mondialisme atteint maintenant son point culminant
avec la frénésie mondialisatrice qui prend, à l'échelle
de la planète, la dimension d'une véritable hystérie
collective. Là encore, il ne s'agit pas d'un phénomène
nouveau, mais de l'aboutissement explosif de tendances
passées.
Enfin, le xxe siècle aura été en France l'occasion
d'une montée en puissance du socialisme, de la social-démocratie
et donc de l'étatisme et du fiscalisme, aboutissant
aujourd'hui à une législation tentaculaire et asphyxiante,
en même temps qu'à des taux de prélèvements obligatoires
jamais atteints dans notre histoire.
Paradoxalement, l'aube du troisième millénaire ne
marque donc pas le début d'une ère nouvelle mais plutôt
la fin d'une période écoulée. Les crises qui s'annoncent
prennent racine dans les erreurs du xxe siècle et
les mécanismes que nous combattons ne sont donc pas
porteurs d'avenir puisqu'ils résultent du passé.
Rompre avec
un système illégitime
Cela est d'ailleurs si vrai que les
zélateurs de ces utopies funestes sont eux-mêmes des
hommes du passé. En France, l'établissement qui gouverne
notre pays depuis cinquante ans est en effet directement
issu de l'après-guerre, qu'il s'agisse de la gauche
socialo-communiste ou de la droite gaulliste et centriste.
C'est la guerre qui a fondé leur pouvoir et leur légitimité
et ce n'est pas un hasard s'ils se réfèrent autant
à cette période de notre histoire.
Aujourd'hui, cependant, les uns comme les autres ont
trahi leurs idéaux d'origine. Les néo-gaullistes ont
renoncé à défendre la souveraineté et l'indépendance
de la France, ils ont accepté la domination américaine
et l'eurofédéralisme bruxellois. Avec la cohabitation,
ils ont renié l'esprit de la Ve République pour se
vautrer dans le régime des partis et des combinaisons
politiciennes. Quant aux socialo-communistes, ils
ont, eux aussi, tourné le dos à leurs propres convictions
en se ralliant aux puissances d'argent. Les communistes
ne se définissent plus comme les adversaires du marché
et les socialistes jouent pleinement le jeu de l'ultralibéralisme
international, acceptant sans état d'âme le mondialisme
économique qui donne tous les pouvoirs au grand capitalisme
international.
Aussi les partis de l'établissement ont-ils perdu
toute légitimité. En trahissant leurs anciens idéaux,
ils ont renoncé à peser sur la réalité et se contentent
désormais de vouloir ce qui survient et d'approuver
ce qui arrive. Ainsi affirment-ils que "les immigrés
ne repartiront plus", que "la France est
multiconfessionnelle", que "le mondialisme
est une chance pour notre pays", que "l'Europe
de Bruxelles est irréversible" et que, de toute
façon, "il n'y a qu'une seule politique possible".
Comment s'étonner dès lors que gouvernements et majorités
changent sans que rien ne change? Et comment ne pas
comprendre que les Français n'aient plus confiance
dans cette classe politique uniquement préoccupée
par la conservation de ses privilèges et qui, devenue
incapable de servir, ne songe désormais qu'à se servir?
Ainsi la fausse droite et la gauche se trouvent-elles
en situation de complicité historique pour se partager
le pouvoir et empêcher par tous les moyens, y compris
les plus odieux, l'émergence d'une nouvelle force
politique. Un souci qui va d'ailleurs si loin que,
pour se maintenir au pouvoir, les politiciens ont
engagé une véritable guerre froide contre le peuple.
C'est ainsi qu'ils cherchent à neutraliser son esprit
critique, à bloquer ses capacités de réaction et à
le déposséder progressivement de ses prérogatives.
Et, dans ce combat, tout est bon : les lois liberticides
qui interdisent les opinions non conformes, les commissions
ou les juges qui se substituent aux instances représentatives,
les médias qui asservissent les esprits au politiquement
correct, l'école qui enseigne la pensée unique, l'Europe
oligarchique qui bafoue la souveraineté du peuple.
Ce régime frappé d'impuissance, désormais conscient
de la fragilité de son assise démocratique et par
conséquent de la faiblesse de sa légitimité, cherche
à renforcer cette dernière en faisant revivre artificiellement
les événements qui ont fondé autrefois son pouvoir.
La deuxième guerre mondiale est donc sans cesse brandie
comme une incantation pour tenter à la fois de régénérer
le système et de diaboliser ses adversaires. Faute
de légitimité réelle, le régime essaye de se raccrocher
à une légitimité virtuelle, celle qu'il construit
artificiellement en invoquant la Résistance et la
lutte antifasciste. Aussi sort-il de la réalité d'aujourd'hui
et de demain pour chercher refuge dans le passé en
s'efforçant de plaquer sur le monde actuel des schémas
qui datent d'il y a plus de cinquante ans. En ce sens,
les responsables de l'établissement appartiennent
clairement au passé. Loin d'être ancrés dans le xxie
siècle, ils s'affirment comme des hommes du xxe siècle
maintenant révolu.
Face aux entreprises délétères qui menacent notre
nation et notre civilisation, les dirigeants du système
se comportent comme ces déserteurs qui, en plein combat,
abandonnent leur poste. Et, dans la décadence qui
frappe la France et l'Europe, la trahison sans précédent
des élites politiques, mais aussi intellectuelles,
artistiques, scientifiques et morales, de notre pays
aura joué un rôle éminemment funeste. Car, à aucune
autre période de notre histoire, on ne les a vues
aussi soumises, aussi moutonnières, aussi unanimistes
et aussi irresponsables qu'aujourd'hui.
Sur toutes les grandes questions, qu'il s'agisse par
exemple de l'immigration, de l'Europe bruxelloise,
de la mondialisation, de la guerre au Kosovo ou en
Irak, de l'avenir de la nation, c'est le même discours
qui revient sur toutes les lèvres. Chez les politiques
du régime, mais aussi chez les journalistes, chez
les intellectuels ou chez les artistes. Le même discours
larmoyant, moralisateur et mondialisant, comme si
tous, par lâcheté ou par bêtise, communiaient dans
la même pensée. Cependant, par delà l'effet de propagande
qu'il produit, cet unanimisme bêlant traduit surtout
une terrible faiblesse de la pensée unique. Car, si
elle est unique, c'est précisément parce qu'elle n'est
pas une pensée, mais une simple logorrhée dictée par
un terrorisme intellectuel aussi stupide et aveugle
que celui pratiqué par les dictatures du xxe siècle.
Le retour
des identités
Aussi les forces de décomposition
nationale se révèlent en réalité beaucoup moins puissantes
et irrésistibles qu'on ne veut le faire croire au
peuple français car elles résultent des erreurs du
siècle précédent, ne sont promues que par des hommes
du passé et ne sont soutenues par aucune pensée cohérente.
En effet, le melting-pot planétaire qu'on invoque
à tout bout de champ n'est pas généralisé. Le mécanisme
de mondialisation accélérée touche principalement
l'Europe et l'Occident et fort peu les autres régions
du monde. Ainsi, par exemple, les phénomènes de migration
ne concernent pas l'Afrique ni l'Asie. À l'évidence,
aucun courant migratoire ne vient envahir la Chine,
l'Inde ou le Nigéria. Cette mondialisation, à laquelle
tout doit être subordonné et qui n'atteint finalement
que les peuples blancs et les nations occidentales,
constitue donc un marché de dupes pour les Européens.
Pourquoi devrions-nous abandonner notre identité alors
que, dans le reste du monde, chacun continuerait de
défendre jalousement sa culture et son peuple?
Ce grand courant de mondialisation dont l'établissement
et les médias font la promotion représente donc en
réalité un phénomène limité. Limité dans l'espace
mais aussi dans le temps, car le monde ne s'achemine
pas vers toujours plus de mélange et d'unification.
Au contraire, on assiste un peu partout au réveil
des aspirations identitaires. N'oublions pas que c'est
le sentiment national qui joua le rôle de catalyseur
dans la chute du communisme en Europe de l'Est. Les
grands ensembles qu'ont pu être, chacun à leur échelle,
l'URSS, la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie ont volé
en éclats sous la pression de la volonté identitaire
des peuples. Le réveil de l'islam et la montée de
l'intégrisme musulman vont dans le même sens et manifestent
le désir, parfois exacerbé, des civilisations d'affirmer
leur propres valeurs face au mondialisme. Quant à
la Chine, elle cultive un sentiment national très
fort, tout comme l'Inde, le Pakistan et la plupart
des pays du tiers monde.
En réalité, le monde de demain sera plus affirmé dans
sa diversité et dans la variété de ses identités qu'il
ne l'est aujourd'hui. Tout comme le monde d'aujourd'hui
est beaucoup moins uniforme que celui du début du
siècle quand l'Europe dominait la planète et imposait
à travers les océans son modèle de civilisation. Le
phénomène de l'affirmation des peuples et de leur
identité est donc une réalité d'avenir.
Le déclin
des mondialistes
La force du régime et des mécanismes
pervers qu'il véhicule ne réside donc pas dans la
réalité des faits mais dans une formidable mise en
scène politico-intellectuelle qui vise à abuser les
Français et les Européens. Ainsi existe-t-il un véritable
montage destiné à rendre légitime la vision mondialiste
du régime et à discréditer systématiquement tout attachement
à notre nation et à notre civilisation. Et les mécanismes
de la pensée unique sont à cet égard d'une simplicité
tout à fait conforme aux règles élémentaires de la
propagande. Ils tiennent en deux postulats : la nation
c'est condamnable, la mondialisation c'est irréversible.
Ainsi les tenants du système pratiquent-ils un matraquage
incessant contre l'idée même de nation. Tel général
haut placé dans la hiérarchie de l'Otan déclare obsolète
l'État-nation. Tel conseiller diplomatique du président
de la République explique que la nation ne peut être
désormais que pluri-ethnique et multi-confessionnelle.
Quant à la présidence française de l'Union européenne,
elle annonce que l'Europe est dorénavant un lieu de
métissage. Et les faiseurs d'opinion de proclamer
par ailleurs à longueur de temps le caractère inéluctable
et irréversible de la mondialisation. En cherchant
ainsi à transformer leurs choix idéologiques en vérités
intangibles, les responsables de l'établissement ne
se donnent même pas la peine d'éviter les contradictions
dans lesquelles ils se font enfermer par les événements.
Ainsi les mêmes interviendront politiquement ou militairement
pour assurer l'indépendance de la Tchétchénie ou de
la Bosnie, mais expliqueront qu'elle n'a plus de sens
pour la France. Les mêmes interdiront le droit de
conquête au Koweït mais l'accepteront pour le Liban.
Et, confronté aux réalités, M. Kouchner, tout en reconnaissant
publiquement que la société multi-ethnique est impossible
au Kosovo, continuera de la prôner pour la France.
Il est vrai que la manipulation dont nous sommes victimes
ne s'appuie pas sur des réalités, mais sur des condamnations
morales prononcées au nom d'une prétendue éthique
qui entend aujourd'hui régenter les choix politiques
de l'établissement. Ainsi la nation serait moralement
condamnable car source de discrimination, d'exclusion,
voire de racisme et de guerre. Et la mondialisation
serait l'horizon indépassable du bonheur humain ou,
à tout le moins, le bien vers lequel elle doit progresser.
Plus généralement, tout ce qui implique le maintien
des communautés est assimilé au mal en tant que forme
d'exclusion. Et, inversement, tout ce qui est mélange
et ouverture relèverait par nature du bien.
L'indigence de la pensée unique apparaît à ce stade
d'autant plus odieuse que ceux qui brandissent l'arme
morale pour diaboliser les convictions identitaires
sont souvent aussi ceux qui se livrent à la corruption
et bafouent la morale élémentaire. L'hypocrisie est
telle que l'on veut aujourd'hui évacuer la morale
du domaine des actes individuels pour l'exhiber dans
le champ politique en vue de délégitimer les conceptions
que l'on combat! Or, rien n'est plus contraire à l'ordre
des choses : la morale doit régenter le comportement
des personnes, et non servir de justification hasardeuse
à des choix politiques partisans.
Une telle attitude montre la fragilité des positions
du système réduit à se fonder exclusivement sur un
dévoiement de la notion même de morale et à utiliser
ce montage éthico-idéologique pour tenter de camoufler
ses propres faiblesses. Ainsi, le défaitisme que le
régime inculque à notre peuple, le doute et la culpabilité
permanente qu'il entretient à propos de ce que nous
sommes et de ce que nous pouvons faire visent principalement
à masquer l'incapacité de la classe politique à peser
sur les événements.
Car, si les Français sont convaincus que la France
n'a plus d'avenir et ne peut plus rien faire par elle-même,
comment pourraient-ils en vouloir à ses dirigeants
de n'avoir rien accompli pour son redressement? En
se livrant sans relâche à la dévalorisation de la
France et de la nation, les politiques espèrent s'absoudre
de leur impuissance. Pour autant, cet artifice ne
suffira pas à sauver le système, car, comme au temps
de la défunte Union soviétique, l'idéologie officielle
est confrontée à l'épreuve des faits et battue en
brèche par la réalité.
Le régime peut bien expliquer aux Français que l'immigration
est inéluctable et bénéfique, nos concitoyens savent
à quoi s'en tenir et cherchent par tous les moyens
à se tenir à l'écart des populations immigrées. On
peut leur affirmer que l'insécurité n'est qu'un sentiment
et que celle-ci se stabilise, ils constatent presque
tous les jours qu'elle ne cesse de se répandre. On
peut par des tours de passe-passe leur annoncer des
baisses d'impôts, ils savent pour beaucoup d'entre
eux que la pression fiscale ne se relâche pas. Ainsi
le régime s'apparente-t-il de plus en plus, toute
proportion gardée, à celui de l'ex-URSS. Cramponné
à son idéologie, coupé du peuple et impuissant à agir
sur la réalité, l'établissement ne se maintient que
par le poids de l'intelligentsia et la force du totalitarisme.
Jusqu'au jour où, brutalement, le mur s'effondrera.
Les atouts
du renouveau
L'avenir n'est donc pas fermé et
le combat du MNR pour le renouveau de la France et
de l'Europe peut donc déboucher sur une grande victoire.
Et cela d'autant plus que nous voulons nous appuyer
sur les opportunités historiques qui s'offrent à notre
nation en ce début de millénaire.
N'oublions pas, d'abord, que notre pays demeure l'une
des grandes puissances mondiales. Il dispose de l'arme
nucléaire stratégique. Il s'affirme comme le quatrième
pays exportateur de la planète. Nos chercheurs, nos
ingénieurs et nos entrepreneurs n'ont rien à envier
à ceux d'outre-Atlantique. Les Français ont su s'illustrer
dans de nombreux secteurs de pointe comme l'aéronautique,
le spatial, le nucléaire civil, les industries d'armement
ou le génie biologique. Nous disposons d'un vaste
territoire doté d'une agriculture puissante et notre
peuple demeure inventif et entreprenant. La France
n'est donc pas une puissance moyenne comme aime à
le souligner l'établissement. On cherche seulement
à lui faire oublier qu'elle est une grande nation
dotée d'un riche patrimoine et de fortes potentialités.
Il suffit donc de libérer son génie et son énergie
pour qu'elle puisse mener à bien de grandes entreprises
et accomplir des uvres remarquables. Elle dispose
en outre, tout comme les autres pays européens, d'une
liberté nouvelle, car l'implosion de l'ordre de Yalta,
avec l'effondrement de l'Union soviétique, devrait
lui permettre de s'émanciper de la tutelle américaine
et de retrouver dans un monde multipolaire une marge
de manuvre qu'elle avait perdue.
De plus, notre pays n'est pas isolé sur la planète,
car tous ceux qui luttent pour réguler le désordre
économique mondial seront de notre côté. Tous ceux
qui refusent l'hégémonie américaine nous soutiendront.
Pour peu qu'elle déclenche une grande dynamique mondiale
fondée sur l'identité et la liberté des peuples, la
France verra se tourner vers elle les nations qui
veulent rester elles-mêmes. Elle se trouvera aussitôt
entourée d'amis et d'alliés à l'échelle de la planète.
Les valeurs
du redressement
Aussi voulons-nous ouvrir à la France
les voies du xxie siècle et offrir à notre nation
et à notre continent les moyens de redevenir eux-mêmes.
Alors que l'établissement a diabolisé les valeurs
héroïques de l'énergie et de la transcendance, nous
voulons rendre à notre peuple le goût des entreprises
prométhéennes.
Nous rejetons les manuvres visant à le dévaloriser
et à le culpabiliser. Nous refusons le goût morbide
pour la repentance et l'évocation incessante des heures
les plus sombres de notre passé. Nous voulons que
les Français reprennent confiance en eux-mêmes, qu'ils
redeviennent conscients de leur grandeur, fiers d'eux-mêmes
et de leur pays, qu'ils retrouvent l'amour de l'action,
de la grande santé, qu'ils respirent de nouveau l'air
du large et des aventures généreuses.
Nous voulons réveiller la force de la liberté. Non
pas la liberté de tout faire, mais la liberté au sens
européen du terme, c'est-à-dire au sens de la maîtrise
de soi et de son destin. La liberté, nous la voulons
pour les Français mais aussi pour la communauté qu'ils
forment. Nous voulons la souveraineté face au carcan
mondialiste et social-démocrate, face au politiquement
correct et à la pensée unique.
Nous voulons renouer avec l'esprit d'entreprise, avec
le goût de la recherche et de l'invention, avec les
qualités propres aux grands capitaines d'industrie
qui permettent de reculer les limites du possible.
Nous voulons aussi retrouver l'une des vertus cardinales
de notre civilisation : le sens de la mesure. Car
nous refusons de soumettre la nature en la détruisant
à la manière des barbares. Nous voulons que soient
respectés l'ordre naturel et les lois de l'harmonie.
Nous ne confondons pas progrès social et consommation
frénétique, bonheur humain et matérialisme, qualité
et quantité. Nous respectons l'héritage naturel et
le patrimoine de civilisation que nous ont légués
les générations qui nous ont précédés.
Nous voulons rendre vie à l'esprit de finesse caractéristique
des vertus françaises. Nous voulons retrouver la juste
hiérarchie des valeurs. Rétablir la primauté de l'ordre
politique au service du bien commun, préserver les
intérêts particuliers mais les maintenir à leur juste
place.
Nous voulons redonner vie à la fraternité, à la préférence
pour notre prochain et pour notre nation. Permettre
à chacun de vivre au sein d'une vraie communauté et
non dans un désert d'égoïsme.
Nous voulons enfin retrouver la vitalité et la force
collective. L'Europe comme la France, loin d'avoir
honte de la grandeur et de la puissance, doivent au
contraire y aspirer. Loin de rejeter le progrès, nous
voulons le maîtriser et le mettre au service de nos
valeurs. La force bien utilisée est féconde car elle
est utile à la vie et, parce que nous refusons de
régresser, nous voulons le développement.
Les voies
de la renaissance
Aussi sommes-nous en mesure d'affirmer
que notre nation tout comme l'Europe a un avenir,
car nous possédons les réponses aux questions qu'elles
se posent. Quand le régime n'a plus rien à dire à
notre peuple, nous, nous avons un but et une voie
à lui proposer et la volonté de l'y conduire.
Redonner vie à notre nation, rendre confiance et fierté
à notre peuple, libérer ses énergies créatives, assurer
la protection et l'harmonie de son territoire, affirmer
sa culture et ses lois fondamentales, voilà notre
projet.
Nous voulons uvrer à la renaissance de notre
civilisation, renouer avec les valeurs traditionnelles
qui la fondent, retrouver les vertus éminentes qui
ont fait la grandeur de notre peuple.
Nous voulons bâtir une Europe des nations, assurer
la puissance collective des grands peuples européens,
les libérer de la tutelle américaine, rendre au vieux
continent la force civilisatrice qui a été la sienne
au fil des siècles écoulés.
Nous voulons fonder une république forte, conforme
aux traditions nationales, garante de l'intérêt public,
de la liberté des personnes, de la souveraineté du
peuple et de la fraternité des citoyens.
Nous voulons pour cela instaurer un État fort. Un
État qui ne soit pas une administration oppressive.
Mais un État qui incarne l'intérêt général, fasse
respecter les lois et exprime la volonté populaire.
Un État protecteur qui garantisse la liberté et la
sécurité des personnes et des communautés.
Nous voulons établir les familles comme cellules fondatrices
de notre société, leur donner le prestige et les prérogatives
qui leur appartiennent légitimement. L'école de leurs
enfants doit être préservée des préjugés, de la propagande
et de la violence.
Nous voulons organiser la société de façon à laisser
toute leur place à ceux qui entreprennent, qui créent
et qui travaillent. Chacun doit pouvoir jouir des
fruits de son métier pour en faire bénéficier ses
proches et ses descendants.
Nous voulons encore libérer les Français. Les libérer
de la peur du politiquement correct, leur rendre le
droit d'aimer et de préférer les leurs. Libérer les
Français du poids étouffant de la bureaucratie et
du fiscalisme. Les libérer de l'occupation étrangère
que beaucoup subissent comme une souffrance indicible.
Libérer les Français des affres de la délinquance
qui rend insupportable leur vie quotidienne. Les libérer
des injustices, du chômage et de la misère. Les libérer
du mépris que leur vouent les prétendues élites.
Tel est le projet du MNR, un projet qui permettra
à la France de rompre définitivement avec les erreurs
du xxe siècle et de se tourner avec confiance vers
le millénaire qui s'ouvre. Un projet qui entend inscrire
de nouveau la France et l'Europe dans une grande uvre
de civilisation. Un projet qui consiste à enraciner
le monde de demain dans les valeurs permanentes et
universelles de notre civilisation. Car tel est le
défi qui nous est lancé par le siècle qui s'ouvre.
Ou nous laissons les erreurs anciennes atteindre leur
paroxysme jusqu'à la destruction de tout ce que nous
avons été. Ou nous rompons avec les errements actuels
pour ouvrir une voie nouvelle et sauver ce que nous
sommes.
Pour devenir
ce que nous sommes
Le Mouvement national républicain
a fait clairement le choix du renouveau. Il veut réaliser
une synthèse originale et féconde entre les traditions
et la modernité, entre l'impératif d'identité et les
exigences du monde d'aujourd'hui. Le MNR veut rompre
avec la barbarie et renouer avec la civilisation.
Il veut tourner la page des erreurs passées pour écrire
celle des temps à venir. Celle qui nous permettra
de devenir ce que nous sommes!
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