Pour que vive la France
Les propositions : la
France à nouveau
Chapitre 1 : LES VALEURS
Nobles
et exigeantes, les vertus propres à notre civilisation
occidentale ont de tout temps eu pour effet d'élever
les hommes et les peuples. Ce sont elles qui ont permis
à la France de se forger le destin exceptionnel qui
est le sien.
Façonnées par l'esprit de liberté et de transcendance,
pétries de volonté d'action et de conquête, de sens
de l'éthique et du devoir, de goût pour la compétition
et la connaissance, d'aspiration à l'harmonie et au
dépassement de soi, elles ont su, mieux que toutes
les autres dans le monde, réaliser l'équilibre entre
l'épanouissement des personnes et le développement
des communautés, entre les impératifs de la vie spirituelle
et la maîtrise du monde matériel. Sans ces valeurs,
véritable colonne vertébrale de notre civilisation,
notre nation se dissoudrait en un agrégat d'individualités
désorientées.
La santé mentale
de la nation
Aussi, pour le MNR, les valeurs
ont-elles un rôle essentiel à jouer dans le redressement
de la France dont elles constituent l'armature spirituelle.
Ce sont donc leur
vitalité, l'influence bénéfique que les valeurs
exercent sur les hommes et les communautés, qui
garantissent la bonne santé mentale de notre patrie.
En revanche, leur remise en cause ou leur abandon
portent immédiatement atteinte à l'intégrité et
à l'équilibre psychologique de la nation.
Aussi y a-t-il un lien direct entre l'état de la
société et la nature des vertus dominantes. Que
celles-ci soient exigeantes et exaltent le respect
des personnes, le sens de la communauté, le goût
de l'émulation, l'honneur, le courage, la quête
de la vérité, et le peuple, naturellement, en dehors
même du cadre des lois et du pouvoir, sera porté
à se dépasser, à exceller, à vivre en paix et en
harmonie. Si, à l'inverse, prédominent des anti-valeurs
prônant la jouissance, la paresse, l'individualisme,
le mensonge et la lâcheté, alors la société sera
d'elle-même incitée à se laisser glisser sur la
pente de la régression, de la violence et du désordre.
L'observation du passé confirme cette vérité immémoriale.
Ainsi Rome a connu, lors des différentes phases
de son histoire, cette loi permanente des sociétés
humaines. Dans sa période d'expansion, la virtus
romaine s'imposait avec une rigueur extrême et chaque
citoyen s'efforçait de briller dans l'observation
des préceptes qui en découlaient. A l'inverse, la
décadence s'est accompagnée d'un relâchement général
des murs et d'un dévoiement des vertus traditionnelles.
Les leviers de
la renaissance
Pour nous, l'enjeu des valeurs se
situe donc au cur de la bataille politique.
Car celles-ci ne concernent pas les seuls individus,
mais bien la nation tout entière. Comment, en effet,
établir une séparation entre l'ordre du politique,
qui serait celui du collectif, et le domaine des
valeurs, qui relèverait de la sphère du privé? Ces
dernières ne sont pas l'apanage d'un choix exclusivement
personnel et il n'existe pas de marché des valeurs
où chacun sélectionnerait celles auxquelles il se
réfère comme on choisit des produits dans un magasin.
Une telle vision, relativiste et purement matérialiste,
méconnaît complètement la réalité des sociétés humaines.
Les valeurs ne peuvent être en effet que communes
et partagées et, pour s'affirmer en tant que telles,
elles doivent être reconnues.
Aussi le Mouvement national républicain conçoit-il
le renouveau des valeurs comme un moyen de la renaissance
de notre pays. Certes, il n'est pas question de
verser ici dans le moralisme. Notre projet ne vise
que le redressement de notre pays et, pour cela,
s'appuie sur cet enseignement de l'histoire des
civilisations : la renaissance d'un peuple passe
par le renouveau de ses valeurs. Une civilisation
repose sur une hiérarchie de normes et l'ordre qui
en découle est d'autant mieux respecté qu'il se
fonde sur des valeurs communément acceptées plutôt
que sur des lois imposées par la contrainte. Le
MNR veut donc user du levier des valeurs comme d'un
outil politique mis au service du redressement national.
Certains objecteront que les valeurs ne se décrètent
pas et que, si elles contribuent à pourvoir la nation
d'une armature, elles en sont aussi le produit naturel.
Il serait donc vain, selon eux, de vouloir redonner
vie à des normes que le peuple a laissées dépérir.
Sans doute, en effet, les valeurs sont-elles en
partie déterminées par la société, mais ce serait
une grave erreur de sous-estimer par ailleurs le
rôle souverain du pouvoir en ce domaine. S'agissant
des valeurs, la fonction des gouvernants est à nos
yeux éminente. Car, dans la mesure où leur mission
première consiste à assurer la continuité et le
progrès de la communauté dont ils ont brigué la
charge, il entre dans leurs responsabilités de défendre
et de promouvoir les normes fondatrices de cette
dernière.
Le combat pour
les valeurs
Or, dans ce domaine, la classe politique
fait preuve d'une totale impéritie. Non seulement
elle se désintéresse superbement de cette question
essentielle mais, plus grave, elle contribue concrètement
à saper ce qu'elle a pour mission de défendre. Que
ce soit sous couvert de libéralisme, de socialisme,
de socialo-libéralisme ou de mondialisme, les gouvernements
successifs ont, par laxisme ou par esprit doctrinal,
implicitement ou délibérément uvré à la destruction
de nos valeurs traditionnelles.
Face à l'effondrement de la natalité et à la désagrégation
des familles, la classe politique n'a réagi que par l'instauration
du PACS, par l'idée du mariage homosexuel et de l'adoption des
enfants par les couples gay. Face à la montée de la violence
et de la délinquance, les dirigeants de notre pays
ont été incapables de promouvoir les principes d'autorité
ainsi que de respect des personnes et des biens
et se préoccupent souvent davantage
des coupables que des victimes.
Lorsque la pornographie se développe aux yeux de
tous et notamment des enfants, une partie de la classe
politique ne trouve rien d'autre à faire que de
participer à des défilés publics
des plus douteux comme la Gay Pride.
Comment s'étonner de cette dérive lorsque la morale
la plus élémentaire est bafouée
par la montée de la corruption et que ceux qui
devraient défendre les valeurs de notre pays les renient au point que le
patriotisme se trouve aujourd'hui ignoré
dans les discours publics et
banni des programmes scolaires ?
Mais, paradoxalement, il y a peut-être, face à cette
situation dramatique, des raisons d'être optimiste,
car si l'abandon des valeurs qui ont façonné notre
civilisation ne résulte pas seulement d'une dégénérescence
propre à notre société, mais aussi et surtout d'actions
néfastes commises par les responsables politiques,
cela signifie, à l'inverse, qu'un gouvernement ayant
retrouvé le sens de sa vraie mission pourra entreprendre
avec succès un travail de réhabilitation systématique.
Si l'effacement des valeurs n'est pas qu'un phénomène
spontané et mécanique de décadence, ce qui a été
consciemment détruit par certains pourra être rebâti
par d'autres. C'est tout le sens du combat pour
les valeurs qu'entend mener au pouvoir le Mouvement
national républicain.
Un homme libre
et responsable
Ce combat exige d'abord que l'action
politique et l'exercice des responsabilités souveraines
soient réenracinés dans des principes qui sont à
la base de notre civilisation européenne et chrétienne.
Rappelons que les dirigeants de notre pays, quels
qu'ils soient et quels que soient leur étiquette
et leur programme, sont tenus de par leurs fonctions
de servir la France et le peuple français. Ils sont
là pour rechercher le bien commun de notre nation
et doivent se soumettre aux normes qui sont celles
de notre civilisation.
Pour nous, l'action du pouvoir doit donc renouer
avec la conception exigeante qui est celle de l'homme
dans notre civilisation. Celle d'un être libre,
responsable de lui-même et de ses actes, dont la
vie et la dignité doivent être respectées de la
conception à la mort naturelle. Celle d'une personne
à part entière qui n'existe pas seulement par ses
capacités et ses exigences physiques, mais qui est
douée d'une dimension spirituelle. L'homme participe
du sacré et ne peut donc pas plus se satisfaire
du matérialisme prôné par le socialisme que de l'individualisme
véhiculé par l'ultralibéralisme.
Des communautés
naturelles et enracinées
L'homme par ailleurs n'existe pas
seul, coupé de ses congénères. Il ne s'épanouit
qu'enraciné dans des communautés naturelles et organiques,
au premier rang desquelles figurent la famille et
la nation, communauté des morts, des vivants et
des générations à venir. La famille est essentielle
pour l'homme européen, car elle est la cellule de
base de notre civilisation où chacun prend conscience
de l'espace et du temps, du bien et du mal et reçoit
avec son éducation un premier legs de notre héritage
commun. Quant à la nation, elle lui donne sa place
dans l'histoire et dans le monde. Installée sur
la terre de ses ancêtres, unie par une langue, une
histoire et une culture, elle constitue une communauté
de destin qui fait de ses membres les dépositaires
d'un héritage exceptionnel. Héritage que nous avons
le devoir de préserver et de faire fructifier pour
le transmettre à nos descendants.
Aussi est-il vital de s'opposer
aux entreprises mondialistes de dilution culturelle,
de mélange migratoire et de démantèlement des nations
et de défendre notr identité pour construire l'avenir
dans la fidélité à notre civilisation.
Une civilisation
d'ordre et de liberté
La liberté est une autre condition
de l'épanouissement individuel et collectif car, sans liberté de penser,
de s'exprimer et d'agir, il n'y a pas d'initiative
ni de responsabilité pour les personnes et donc
pas d'harmonie, de force ni de richesse pour les
communautés. Aussi récusons-nous toutes les formes
de totalitarisme. Celles qui sont connues comme
telles dans l'histoire. Mais aussi celles, plus
douces en apparence, du politiquement correct et
de la pensée unique qui stérilisent l'esprit et
entravent la recherche de la vérité. Comme celles,
plus ordinaires et plus familières, qui asservissent
les citoyens aux contraintes d'un État tentaculaire
et omnipotent et réduisent les hommes à la condition
d'assistés au mépris de leur dignité et de leur
libre arbitre.
Pour autant, cette liberté ne doit pas être confondue
avec le laxisme. Elle est en effet aux antipodes
de la "libération" chère aux gauchistes
qui rend chacun esclave de ses instincts. La liberté,
la vraie, impose au contraire la maîtrise de soi
et n'a de sens qu'assortie de devoirs et de règles.
Car c'est l'anarchie qui tue la liberté quand l'ordre
la préserve. Il n'est pas en effet de civilisation
sans normes et sans modèles ni de communauté harmonieuse
sans ordre, sans autorité et sans hiérarchie. Aussi
le MNR veut-il rétablir la prééminence du politique
sur l'économique, de l'intérêt général sur les intérêts
particuliers, de la volonté du peuple sur les groupes
de pression. La justice et la loi doivent s'imposer
et ceux qui enfreignent les règles de civilisation
doivent être sanctionnés par une peine proportionnelle
à l'attachement que l'on porte aux valeurs qu'ils
transgressent. Tels sont les grands principes que
nous entendons rétablir au fondement de notre nation
et sans lesquels aucune action de renaissance ne
pourra se développer avec ampleur dans notre pays.
Fiers de notre
histoire
Pour y parvenir, le MNR considère
comme essentiel de réenraciner notre peuple dans
son histoire. La conscience de notre passé constitue
à cet égard une exigence primordiale, car elle permettra
aux Français de renouer avec la fierté de ce qu'ils
sont et à nos valeurs de retrouver leur légitimité
et leur lustre. Ce nécessaire travail de mémoire
n'est d'ailleurs contesté par personne dans son
principe. Mais, curieusement, celui auquel s'attache
nos élites vise exclusivement à culpabiliser les Français.
Selon l'intelligentsia, notre peuple
serait au fond mauvais, cupide, prédateur, voire tortionnaire.
Durant la colonisation, n'a-t-il pas honteusement exploité et
opprimé les populations soumises ? N'est-il pas de ce fait
responsable de la misère du tiers monde ? N'est-ce pas lui
qui s'est livré au trafic des esclaves ? Et si l'on remonte
aux Croisades, n'a-t-il pas odieusement agressé le monde musulman ?
Les malheureux Français, dont la plupart n'ont évidemment
vécu aucun de ces événements, doivent subir à longueur
d'année la commémoration de ces fautes ou prétendues fautes
qui retombent sur leurs épaules. Que ce soit sous forme
de films, d'émissions télévisées ou de célébrations
officielles, nos compatriotes sont en permanence amenés
à se couvrir la tête de cendres et à macérer dans ce que
certains appellent maintenant les heures sombres de
notre histoire.
Peu importe que les autres peuples du monde aient tous commis
leur lot d'agressions et d'atrocités, peu importe que les
Algériens du FLN se soient rendus coupables de terribles
exactions, peu importe que l'esclavage ait été organisé avec
le concours des tribus arabes et des chefs africains et qu'il
soit encore pratiqué dans certains pays musulmans, peu importe,
les coupables, ce sont les Européens et tout particulièrement
les Français ! Ce sont eux que l'on désigne et que l'on cloue
au pilori. Comme l'écrit Max Gallo, « ce que veulent les procureurs,
ceux qui font le procès de la France, c'est que la France s'agenouille,
baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes,
et, en robe de bure, se laisse couvrir d'insultes ».
Le MNR veut rompre avec ces errements. Il considère que, si rien ne doit
être oublié, la mémoire doit porter principalement
sur les périodes les plus belles et les plus valorisantes
de notre passé, car, chacun le sait, les références
historiques ont une fonction pédagogique. Comme
l'écrivait Chateaubriand,
"il ne faut présenter au monde que ce qui est
beau, ce n'est pas mentir à Dieu que de ne découvrir
de sa vie que ce qui peut porter nos pareils à des
sentiments nobles et généreux". Ressasser les
années les plus sombres c'est rabaisser notre pays,
exalter les époques les plus éclatantes c'est pousser
notre patrie à se dépasser. D'ailleurs, que dirait-on
d'un homme qui ne se souviendrait, parmi ses ancêtres,
que de celui qui a mal agi? On s'interrogerait sur
sa santé mentale et on rechercherait les causes
pathologiques de cette obsession morbide. Sans aucun
doute son médecin s'efforcerait de le déculpabiliser
en l'invitant à privilégier le souvenir de ses origines
les plus prestigieuses. C'est une démarche de ce
type que préconise le MNR afin de lever le voile
qui semble être tombé sur notre histoire.
Attachés à nos
traditions
Notre peuple n'a d'avenir que s'il
est enraciné dans son passé. Car nos valeurs ne
sont pas seulement l'expression de principes intemporels,
mais s'inscrivent dans l'acquis de notre civilisation
et nous parviennent comme un héritage. Les traditions,
qui sont le précieux produit de l'expérience des
générations disparues, revêtent donc une grande
importance pour notre pays. Elles constituent un
trésor amassé au fil des siècles qu'il faut conserver.
Croire que ce patrimoine spirituel nous serait définitivement
accordé et qu'il se perpétuerait de lui-même alors
que l'État resterait passif et indifférent serait
une grave erreur. Au contraire, selon le MNR, les
pouvoirs publics doivent agir pour assurer la pérennité
de cet héritage en redonnant toute leur place à
l'histoire et aux traditions dans la vie de notre
cité.
Le devoir du souvenir
Nous voulons donc multiplier les
occasions propices à ce travail de mémoire. C'est
ainsi que de grandes manifestations publiques peuvent
être consacrées à l'évocation d'événements importants
de l'histoire de notre nation et faire revivre les
heures les plus belles des siècles écoulés, celles
qui illustrent le mieux les vertus ancestrales de
notre patrie. Ce n'est pas hélas ce qui se pratique
aujourd'hui et il est particulièrement choquant
que toutes les grandes célébrations organisées ces
dernières années par les pouvoirs publics, qu'il
s'agisse de la
Coupe du monde de football ou du passage à l'an
2000, n'aient cherché qu'à exalter le mondialisme, dans une volonté
affichée de déracinement. Plutôt que cette entreprise
subversive, il aurait été possible, avec les mêmes
moyens, de proposer des spectacles tout aussi impressionnants
mais visant à magnifier les réussites de la nation
française à travers les siècles, les découvertes,
les conquêtes, les victoires, et également les grandes
figures de notre patrie.
Aussi voulons-nous mettre les techniques de communication
de masse au service de la valorisation de nos traditions
et de notre passé. Pourquoi ne pas diffuser à la
télévision de vastes fresques historiques? Pourquoi
ne pas renouer avec des séries romancées plongeant
dans l'histoire des siècles écoulés et qui remportent
toujours auprès du public un large succès? Quant
à l'école, elle doit privilégier l'enseignement
de l'histoire, et tout particulièrement celle de
notre pays, et leur réserver une place beaucoup
plus importante dans les programmes scolaires. Car
seule une approche chronologique des faits permettra
aux générations futures de remonter aux sources
de leur passé et de découvrir les origines et la
légitimité des normes qui nous régissent.
L'impératif du
sacré
Pour gagner le combat des valeurs,
le Mouvement national républicain est par ailleurs
partisan de favoriser le retour du sacré. Car, comme
l'affirmait Pierre Chaunu, "aucune société
ne peut faire l'économie du sacré". De même
que les hommes tendent vers un but qui les dépasse,
une civilisation a besoin de se donner un sens.
Un sens que seul peut lui offrir ce souffle divin
qui, transcendant le monde et les réalités matérielles,
ordonne les choses, les êtres et les valeurs et
leur confère une dimension et une légitimité sans
lesquelles tout devient égal et inutile. Comment
ne pas constater en effet que le matérialisme, en
abolissant le sacré, détruit les valeurs et rabaisse
l'individu plus sûrement encore que lorsque celui-ci
se laisse dominer par ses instincts? Les peuples
européens ont besoin de la terre mais aussi du ciel
pour se doter d'un horizon et donc d'une perspective.
Qu'on les prive de cette dimension spirituelle et
ils dépérissent comme un prisonnier dans une cellule
sans fenêtre. Toute entreprise de désacralisation
représente donc pour notre pays une mutilation de
nos valeurs.
Redonner sa place au christianisme
Or, aujourd'hui, nous assistons
à un affaiblissement inquiétant du sacré dans toutes
les sphères de la société, y compris dans celles
qui paraissaient pourtant les moins vulnérables.
À commencer par les gouvernements, qui, toutes couleurs
politiques confondues, ont facilité, voire encouragé
cette évolution néfaste.
Par laxisme, ils ont trop souvent accepté de voir
la religion chrétienne tournée en dérision alors qu'ils
se déclarent choqués de toute mise en cause de l'islam.
Selon une conception dévoyée de la laïcité, ils cherchent
en effet à hisser la religion musulmane au niveau de la
religion chrétienne sans comprendre que la laïcité,
c'est la neutralité des pouvoirs publics, ce n'est pas
de placer toutes les religions au même niveau. Car on
ne peut pas traiter le christianisme
qui a façonné notre civilisation pendant quinze siècles comme
l'islam qui est marginalement présent sur notre sol depuis
quelques décennies.
Que l'on soit croyant ou non, le christianisme est une
composante de notre identité nationale et une facette
de notre civilisation et cette réalité ne doit pas être occultée.
Dans le respect de la laïcité
républicaine, le christianisme doit donc conserver
sa place particulière dans notre vie publique.
Et si la liberté de culte doit être respectée,
il n'est cependant pas question
pour nous de laisser une religion
étrangère comme l'islam prendre
sur notre sol une importance qui provoquerait une
rupture avec notre identité, nos
traditions et nos valeurs.
Pour la noblesse
du politique
Dans le domaine du politique également,
le sacré est menacé et, là encore, la responsabilité
en incombe essentiellement à l'établissement puisque,
dans sa pratique de gouvernement, il s'est employé
lui-même à désacraliser l'exercice souverain du
pouvoir. Or, nous estimons que le gouvernement d'une
nation ne se réduit pas, comme on le laisse entendre
trop souvent, à une mission de gestion telle qu'on
peut l'exercer dans le secteur privé. La France
n'est pas une entreprise et les ministres, le Premier
ministre, a fortiori le président de la République,
incarnent dans l'exercice de leur fonction une réalité
qui dépasse largement les actes techniques qu'ils
peuvent accomplir quotidiennement. Responsables
de la nation et de son destin, investis d'une charge,
d'essence suprême, qui doit les conduire à transcender
les contingences individuelles pour représenter
les aspirations collectives de leur peuple, ils
sont censés inscrire leur action dans l'histoire
de notre pays.
Or, les dirigeants actuels de la
classe politique, ayant totalement perdu de vue
ces impératifs, se sont au contraire employés à
banaliser le politique et à dépouiller systématiquement
leur fonction de tous les attributs qui faisaient
le prestige du pouvoir. La mode est de ressembler
à tout le monde, de se dévoiler sans pudeur sur
les estrades et de se soumettre à toutes les exigences
des médias. N'est-il pas en effet très choquant
de voir des hommes politiques détenteurs d'une part
de pouvoir se laisser aller à des comportements
indignes et jouer les saltimbanques dans les médias?
Pour le prestige
du pouvoir
Il est donc essentiel que les hommes
politiques, spécialement ceux qui exercent des responsabilités
souveraines, retrouvent la retenue et la distance
qui correspondent à leur fonction. L'exercice du
pouvoir doit de nouveau inspirer le respect aux
citoyens, car, si ceux-ci ne retrouvent pas un sentiment
d'estime pour leurs dirigeants, il n'y a plus de
réel gouvernement possible. Comment en effet gouverner
des citoyens qui n'ont plus que mépris pour leurs
dirigeants? "Lorsque les peuples cessent de
respecter, ils cessent d'obéir", disait Rivarol.
Le MNR est donc partisan de réhabiliter l'exercice
souverain du pouvoir en lui rendant tout son prestige
dans la forme et dans le fond. En ce sens, le protocole,
le faste des manifestations publiques
doivent être revus pour rendre à la fonction souveraine
le lustre qui doit être le sien et le respect qu'elle
doit inspirer. Ainsi, par exemple, l'entrée en fonction
du président de la République et des assemblées
parlementaires pourrait donner lieu à une cérémonie
d'investiture publique et solennelle au cours de
laquelle un serment serait prononcé devant la nation.
Bannir la corruption
Mais le prestige de l'exercice du
pouvoir renaîtra réellement le jour où les responsables
politiques auront retrouvé les chemins de la rigueur
et de la vertu. Ceux qui dirigent doivent donner
l'exemple. Ce qui implique que la corruption doit
être impitoyablement bannie au sein de la classe
politique. Sans doute, la nature humaine étant ce
qu'elle est, notre pays comptera-t-il toujours des
personnages publics indélicats et malhonnêtes. Mais,
dans une société saine, les moutons noirs sont exclus
du troupeau et les coupables condamnés.
S'ils sont au contraire protégés par leurs pairs
et soustraits aux rigueurs de la justice, tous deviennent
leurs complices et c'est le système en son entier
qui se trouve atteint dans sa légitimité. Se produit
alors le scandale suprême : ceux qui font les lois
et les appliquent aux autres, loin de montrer l'exemple,
s'autorisent à les transgresser. Aussi voulons-nous
que tous ceux qui se rendent coupables de tels agissements
soient sanctionnés.
Pour autant, la multiplication des contrôles et
des règlements ne suffira pas à éliminer la corruption
et à faire renaître la probité. L'assainissement
des affaires publiques ne pourra en réalité s'opérer
qu'avec la mise à l'écart d'une classe politique
dévoyée et l'apparition d'une nouvelle élite dirigeante
qui fera de l'intégrité une règle de vie.
Pour une morale
civique
Dans cet esprit, le combat pour
les valeurs préconisé par le MNR passe plus globalement
par la réhabilitation de la morale civique. Certains
beaux esprits ne manqueront pas de se montrer scandalisés
par une telle perspective et chercheront à la discréditer
en brandissant le spectre de l'ordre moral. Il n'est
bien sûr pas question pour nous d'instaurer quoi
que ce soit de tel, mais, sans verser dans le moralisme,
il convient cependant qu'en ce domaine, la puissance
publique fixe les bornes à ne pas dépasser. L'État
n'a pas, comme on le dit trop souvent, à suivre
l'évolution des murs et encore moins à la
précéder dans la décadence. Il doit uvrer
au bien commun de la nation et, s'il lui faut en
effet prendre en compte des changements de comportement
au sein de la société, nous voulons qu'il le fasse
sans porter atteinte aux vertus qui en constituent
les fondements et qu'il combatte résolument les
évolutions néfastes qui les mettent en cause.
Par ailleurs, il doit mieux assurer la promotion
des règles de morale civique au sein de la société.
Ainsi, par exemple, le MNR veut-il rétablir à l'école
les cours de morale, car la démocratie, plus que
tout autre régime, ne peut se passer de vertus civiques.
N'en déplaise aux sceptiques et aux avant-gardistes
de tout poil, il est nécessaire d'enseigner aux
jeunes enfants des notions simples mais essentielles
telles que l'honnêteté, le respect d'autrui, la
famille, les valeurs patriotiques, le sens du devoir.
La Fontaine, reviens !
Enfin, le combat du MNR pour les valeurs implique
le retour des vertus ancestrales qui ont modelé
notre civilisation.
Le dépassement
de soi
La première d'entre elles est celle
du dépassement de soi, du combat, de l'émulation,
celle qui incite à la découverte, celle qui conduit
à repousser ses propres limites et à mettre en pratique
la formule de Bernanos : "On ne subit pas l'avenir,
on le fait." Une valeur exigeante qui a permis
à nos ancêtres européens d'acquérir toujours plus
de connaissances et de découvrir la planète entière.
Une vertu qui a fait de notre monde européen la
plus grande civilisation que la terre ait connue.
Or, cette qualité d'essence prométhéenne se trouve
aujourd'hui étouffée dans un monde égalitaire et
irresponsable, où les pratiques d'assistance et
l'infantilisation s'imposent à tous. Nous voulons
donc insuffler à nouveau à la société ce goût de
la conquête et de l'entreprise, ce sens de l'émulation
et de la lutte. Pour ce faire, le MNR propose que
les pouvoirs publics fixent dans tous les domaines
des objectifs ambitieux pour que soient exaltés
sans complexe les succès et les victoires et que
soient récompensés au grand jour les exploits, le
mérite et le talent. Admises dans le sport, la compétition
et la sélection doivent être rétablies dans l'enseignement,
dans les arts, l'administration et la vie professionnelle.
Une nation, comme un organisme vivant, est soumise
à la compétition et à la sélection. Si nous refusons
de régresser, nous devons accepter l'émulation et
la lutte.
Les devoirs autant
que les droits
Pour recréer cette dynamique de
civilisation, il faudra renouer avec les vertus
traditionnelles. L'honneur, le courage, le dévouement,
le sens du sacrifice et de la fraternité, le respect
de la famille, le patriotisme, le civisme, le goût
du travail bien fait. Nous voulons que toutes ces
valeurs retrouvent en France une place éminente
dans la hiérarchie des références sociales, en commençant
par celle de l'État et des pouvoirs publics. Sur
ce point, la notion de droit, universellement revendiquée,
doit elle aussi reprendre sa juste place, qui n'est
pas toute la place. Il n'est de droits pour un membre
de la communauté nationale qu'assortis de devoirs
envers la nation. Pour rétablir ce juste équilibre,
le MNR préconise donc de développer largement le
sens des responsabilités et de remettre partout
en usage des mécanismes sociaux qui placent de nouveau
les hommes face à leurs devoirs.
Ressourcer la
nation
Ainsi les valeurs qui ont fait la
force et la grandeur de notre civilisation pourront-elles
reprendre en France toute leur vigueur. Cette vigueur
qui a tant contribué au rayonnement de notre peuple
et de notre nation. Aujourd'hui, c'est donc dans
les fondements de notre civilisation que la communauté
nationale doit se ressourcer. C'est là qu'elle retrouvera
le génie de notre peuple et puisera l'énergie nécessaire
pour s'en montrer digne. Ainsi commence la renaissance
d'une nation.
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