Pour que vive la France
Les propositions : la
France à nouveau
Chapitre 13 : LIBERTES CHERIES
"
Du peuple", "par le peuple", "pour
le peuple", en France, le peuple est libre. Libre
de s'exprimer, libre de choisir ses gouvernants, libre
de déterminer lui-même son avenir. Tel est le sens des
droits fondamentaux qui lui sont reconnus et des principes
démocratiques qui régissent son système politique. Telle
est la nature même de la république qui fonde l'organisation
institutionnelle de notre nation et qui, comme le rappelle
sa devise, garantit la liberté des personnes, l'égalité
des citoyens devant la loi et la fraternité entre les
Français.
Défendre la république
Cadre protecteur de notre peuple et de notre nation, la
république représente l'édifice institutionnel fondateur
par lequel les Français doivent pouvoir s'affirmer dans
le monde comme des hommes libres. Certes, l'existence
même de notre nation n'est pas liée à la constitution
républicaine, puisque la France ne date pas de la Révolution
française et que la république elle-même, qui a servi
d'institution à Athènes, à Rome et à Venise, n'a pas été
inventée en 1793.
Aussi la république ne s'apparente-t-elle pas pour nous
au système idéologique lié à la philosophie des Lumières
ou à la doctrine mondialiste des droits de l'homme. Elle
représente simplement le système institutionnel qui exprime
aujourd'hui le mieux la souveraineté du peuple français,
ses droits et sa liberté. C'est à ce titre que le MNR
entend défendre la république, car il n'y aura pas de
liberté, de démocratie ni de souveraineté pour les Français
si les principes républicains sont progressivement foulés
au pied.
Or, c'est précisément à ce démantèlement de l'institution
républicaine que l'on assiste aujourd'hui, à l'heure où
ses valeurs sont gravement menacées de l'intérieur comme
de l'extérieur.
L'identité au service
de la démocratie
Elles le sont au premier chef par la
montée en puissance du mondialisme qui, avec l'immigration
et l'eurofédéralisme, peut demain réduire en cendres
les institutions et les libertés françaises.
Pour être viable, la république doit en effet pouvoir
se fonder sur une nation et sur un peuple au sens plein
du terme. Car la démocratie ne peut pas fonctionner
avec une simple collection d'individus sans liens entre
eux, et encore moins avec une juxtaposition de groupes
ethniques différents ou possédant des références culturelles
incompatibles comme c'est le cas dans un système communautariste.
Il lui faut, pour naître et s'épanouir,
le creuset d'un peuple authentique, c'est-à-dire une
communauté d'hommes et de femmes qui se reconnaissent
mutuellement comme proches les uns des autres par la
langue, la culture, la foi, le sang et l'histoire. C'est
ce sentiment d'identité commune et de solidarité de
destin, et lui seul, qui rend possible l'application
des règles de la démocratie.
En revanche, dans les pays sans peuple, où coexistent
des communautés différentes sinon ennemies, la démocratie
n'a jamais pu connaître un développement harmonieux
et bénéfique pour tous les citoyens. Qu'il s'agisse
du Liban, des pays d'Afrique noire ou des États issus
de l'ex-Yougoslavie, partout l'absence de communauté
nationale met un frein à l'essor de la démocratie quand
elle ne provoque pas de véritables guerres civiles.
Comment alors ne pas légitimement craindre de voir nos
institutions républicaines dépérir sous les coups d'une
immigration massive qui détruirait notre peuple? Car
les lois des sociétés humaines sont implacables : si
demain la politique migratoire suicidaire pratiquée
par l'établissement se poursuit et si le peuple français
en vient à disparaître pour être remplacé par une mosaïque
de communautés différentes organisées selon un modèle
pluri-ethnique et multiculturel, la vraie démocratie,
celle de la souveraineté populaire, cessera d'exister.
Chaque groupe ethnique ou religieux revendiquera une
représentation propre, recréant ainsi au sein de nos
institutions l'antagonisme existant dans la société.
Déjà, aux élections, des listes de candidats musulmans
ou africains commencent à se constituer. Si elles peuvent
demain peser significativement, elles feront voler en
éclats le principe de l'unité de la république et avec
lui l'ensemble de nos institutions. "Lorsque se
trouve dépassé un certain seuil acceptable de différenciation
culturelle, cesse avec l'effacement de tout substrat
civique toute possibilité d'action législatrice comme
toute perspective de projet d'ordre collectif",
remarque avec lucidité Raoul Girardet.
Aussi, pour sauvegarder la république et les libertés
qui lui sont attachées, voulons-nous maitriser l'immigration,
conformément au programme proposé par ailleurs par le
Mouvement national républicain.
La souveraineté au
service des libertés
Dans le même esprit, nos libertés démocratiques
se trouvent actuellement gravement menacées par l'entreprise
bruxelloise de subversion des souverainetés nationales.
Aujourd'hui, en effet, des règlements adoptés contre
l'avis de la France par une majorité d'États membres
deviennent directement applicables dans notre pays et
s'imposent à tous nos compatriotes. Autant dire qu'avec
ces mécanismes, les Français ont déjà perdu leur liberté
de décider souverainement de ce qui les concerne et
qu'à ce titre la République court un grave danger.
Aussi, pour sauver les libertés et rétablir les institutions
souveraines de notre pays, sommes-nous partisans de
renégocier les traités européens selon les propositions
présentées par ailleurs par le MNR. Et, soyons-en bien
conscients, seule une mesure de cette ampleur nous permettra
de sauvegarder la république qui, sinon, se trouvera
irrémédiablement condamnée par la politique européiste
de l'établissement.
Non au politiquement
correct
Un autre danger menace cependant nos
institutions démocratiques. Il s'agit de l'étouffement
progressif des libertés civiques de nos concitoyens
et donc d'une des libertés fondamentales du peuple français.
Car, si celui-ci n'est plus réellement libre, il perd
sa souveraineté, et la république sa légitimité. Or,
c'est à cette grave dérive que l'on assiste actuellement
dans notre pays.
Certes, les apparences sont préservées, les élections
régulièrement organisées et la constitution formellement
respectée. Mais, dans la pratique, on peut évoquer l'existence
d'une pensée unique et même, plus inquiétant encore,
celle de la notion dictatoriale de "politiquement
correct".
Voici le scénario tel qu'il se déroule sous nos yeux
: sur chaque grande question, on voit s'élaborer et
s'installer un dogme officiel, largement expliqué et
relayé tant par les médias que par les groupes de pression,
un dogme auquel chacun doit se soumettre, ceux qui refusent
d'y adhérer se trouvant victimes d'une tentative de diabolisation.
Non au pouvoir oligarchique
De surcroît, la volonté populaire,
même lorsqu'elle se manifeste à travers les parlementaires,
est souvent empêchée de s'exprimer. Ainsi le Conseil
constitutionnel, sortant du cadre qui lui a été fixé
par la Constitution, se comporte de plus en plus comme
un tribunal idéologique contrôlant l'opportunité des
lois votées par les élus du peuple. Il statue désormais
par référence à la Déclaration des droits de l'homme
visée par le préambule de la constitution. Or, l'interprétation
qu'il en donne est celle de l'idéologie des droits de
l'homme, ce qui le conduit à prendre ses décisions en
fonction d'une doctrine politique érigée ainsi en idéologie
officielle.
De ce point de vue, le fonctionnement de nos institutions
n'est pas sans rappeler le schéma en vigueur dans la
défunte Union soviétique, où la légitimité ne découlait
pas de la volonté d'une majorité populaire, mais de
sa conformité au dogme.
Le MNR entend donc mettre un terme à cette dérive oligarchique
et totalitaire et s'employer à restaurer une démocratie
plus authentique qui rende ses droits et ses libertés
à notre peuple.
Le peuple au pouvoir
Dans cet esprit, nous voulons recentrer
le Conseil constitutionnel sur ses missions premières
afin qu'il ne puisse plus s'ériger en gouvernement des
juges. À cette fin, nous proposons de réformer la constitution
pour limiter le pouvoir d'appréciation arbitraire de
cette juridiction et prévoir, en cas de décisions négatives
du Conseil, un appel sous la forme d'une nouvelle lecture
devant le Parlement, étant entendu que, dans tous les
cas, le dernier mot doit rester aux représentants du
peuple.
De plus, le MNR est partisan d'une réforme en profondeur
de la loi électorale qui régit les différents scrutins.
Un mode d'élection n'est pas en lui-même bon ou mauvais,
il n'est légitime que dans la mesure où il assure une
juste représentation de la population et, à cet égard,
tout dépend de la configuration politique du moment.
Le système majoritaire à deux tours, naguère acceptable
dans la mesure où il n'écartait personne, apparaît aujourd'hui
néfaste parce qu'il prive de représentation un nombre
considérable de Français. Se crée ainsi une double catégorie
d'électeurs, composée d'un côté des citoyens de première
classe, qui sont représentés dans les assemblées de
la République, et de l'autre des citoyens de seconde
zone, à qui ce droit et cette liberté sont refusés.
Dès lors, pour que le peuple dans son entier soit à
nouveau partie prenante dans les décisions souveraines
de la nation, nous entendons généraliser le mode de
scrutin à la proportionnelle.
Ces mesures ne sont cependant pas susceptibles à elles
seules de rendre aux Français toutes leurs libertés
politiques. Et le MNR est donc partisan d'un projet
d'une autre envergure, un projet qui permette au peuple
de retrouver sa prééminence face à la classe politicienne
et lui assure sa suprématie souveraine.
La démocratie directe
Tel est le rôle du référendum, dont
nous voulons élargir le champ d'application afin que
les Français puissent se prononcer directement sur toutes
les grandes questions qui les concernent. Non seulement
sur les traités européens ou l'avenir de la Nouvelle-Calédonie,
mais aussi sur des questions aujourd'hui taboues comme
la peine de mort, la préférence nationale ou le problème de l'immigration,
questions que le pouvoir actuel,
craignant le peuple, refuse de lui poser. Ainsi nos
compatriotes pourront-ils procéder eux-mêmes aux grands
choix que doit faire une nation et imposer tout naturellement
leur décision aux groupes de pression et aux censeurs
de l'établissement.
Mieux encore, le Mouvement national républicain est
partisan du référendum d'initiative populaire, procédure
qui accorde la plus grande des prérogatives aux citoyens,
puisqu'elle n'est pas décidée par le pouvoir sur un
sujet qu'il a choisi, mais provoquée directement par
le peuple lui-même. Dans ce cadre, il suffit en effet
qu'une question rassemble un nombre suffisant de signatures
pour que le gouvernement, sous le contrôle du Conseil
constitutionnel, soit tenu de la soumettre à référendum.
Une telle pratique est, il faut le souligner, anti-totalitaire
par excellence, car elle laisse, quoi qu'il arrive,
le dernier mot aux électeurs. Ce n'est pas un hasard
si les régimes dictatoriaux, conscients que ce genre
de procédure peut les contraindre à disparaître, n'ont
jamais institué ce type de référendum alors qu'ils ont
parfois eu recours aux référendums plébiscitaires.
Nous estimons d'ailleurs que cette démocratie directe,
condition de la liberté du peuple, doit être étendue
aux collectivités territoriales, replaçant ainsi les
actuels féodaux sous le contrôle permanent et direct
des Français. Telle augmentation d'impôts excessive,
telle mesure dispendieuse, pourra ainsi être spontanément
annulée par les électeurs.
Le MNR s'affirme donc sans réserve pour la généralisation
de la démocratie directe, instrument le plus propre
à rendre au peuple son rôle souverain et la plénitude
de ses libertés politiques. Encore faut-il que celui-ci
soit informé de façon pluraliste et honnête et qu'il
se trouve en possession de son entière liberté d'expression.
Non au délit d'opinion
Or, aujourd'hui, dans notre pays, la
liberté de parole est menacée puisque la classe politique
a insidieusement rétabli le délit d'opinion qu'avait
pourtant supprimé il y a plus d'un siècle la loi sur
la presse du 29 juillet 1881. Selon ce texte, la parole
et l'écrit étaient totalement libres et seules pouvaient
être poursuivies la diffamation contre des personnes
et la provocation directe au meurtre, au vol et à l'incendie.
Désormais, avec toute une série de lois prétendument antidiscriminatoires, la liste des méfaits
concernés a été allongée et la "provocation"
n'a plus besoin d'être directe pour être sanctionnée.
Il suffit désormais, pour subir une condamnation, d'avoir
incité non seulement aux crimes et délits précédemment
désignés, mais aussi à des sentiments aussi flous juridiquement
que la haine ou la violence à l'égard de personnes "à
raison de leur appartenance à une ethnie, une nation,
une race ou une religion déterminées", voire en raison d'une orientation sexuelle.
Avec ces lois, la mention d'un fait objectif, même statistique,
celle par exemple, du taux de délinquance chez les immigrés,
peut être interprétée comme un propos susceptible de
susciter la peur et donc, de façon indirecte, la haine
ou la violence à l'encontre des étrangers. Toute critique
de l'immigration fait donc courir à son auteur le risque
de subir une condamnation pénale. N'est-ce pas, à l'évidence,
le rétablissement du délit à l'encontre des opinions
non conformes en matière d'immigration?
Contre la pénalisation
du patriotisme
Ajoutons que la liste des discriminations
interdites incluant non seulement l'appartenance à une
ethnie mais aussi à une nation, la préférence nationale
se trouve juridiquement assimilée au racisme. C'est
d'ailleurs ainsi qu'elle est stigmatisée par les penseurs
de l'établissement, lesquels ont en effet donné à l'idée
même de racisme une signification extensive plus compatible
avec les objectifs politiques qu'ils poursuivent.
Le dictionnaire définit le racisme comme la doctrine
qui prône la supériorité d'une race sur une autre et
qui, par extension, autorise toute manifestation d'agressivité
verbale ou physique à l'encontre d'une personne en raison
de sa race. Chacun peut constater que, selon ces critères,
le racisme n'existe pratiquement pas dans notre pays
et qu'en tout cas il n'est revendiqué par personne.
Aussi les esprits faux de l'établissement donnent-ils
de cette notion une définition beaucoup plus large :
en application du principe de non-discrimination entre
les hommes, est racisme toute forme d'exclusion. Or,
le patriotisme implique une préférence certaine pour
sa patrie, préférence que les sectateurs des droits
de l'homme interprètent comme une exclusion des autres
nations, c'est-à-dire comme une manifestation de racisme.
On voit comment, de proche en proche, le patriotisme
peut être assimilé à une opinion passible de sanctions
pénales.
Le droit de s'opposer
Sans doute certains jugeront-ils cette
analyse excessive, ce qui est somme toute assez naturel
de la part de ceux qui, pour ne pas être politiquement
engagés, ne subissent pas directement la pression totalitaire
de la pensée unique. Il en va d'ailleurs ainsi dans
tous les régimes dictatoriaux, où les citoyens conservent
toujours la liberté pleine et entière de s'exprimer
aussi longtemps qu'ils ne critiquent pas publiquement
le dogme officiel. Aussi la véritable liberté d'opinion
se mesure-t-elle à la capacité que l'on a de contredire
les préceptes de l'idéologie dominante.
C'est pourquoi, malgré les apparences, le droit de s'exprimer
librement n'existe plus réellement dans notre pays.
Ceux qui ne font pas de déclarations publiques ou qui
en font pour abonder dans le sens des idées officielles
disposent d'une liberté totale. Mais celle-ci n'existe
plus pour ceux qui critiquent les idées institutionnelles,
contestent l'immigration, prônent la préférence nationale
ou défendent les thèses nationales et identitaires.
Ceux-là sont victimes d'une véritable chasse aux convictions
non conformes, chasse menée par tout l'appareil d'État
avec le concours féroce des chiens de garde que sont
les organisations dites "antiracistes" et
les ligues prétendument vouées à la défense des droits
de l'homme, lesquelles s'emploient à faire régner dans
notre pays une terreur médiatique et judiciaire inouïe.
Bénéficiant de considérables appuis, aussi bien journalistiques
et politiques que judiciaires et financiers, ces lobbies
imposent à l'ensemble de la société française une censure
extrêmement pesante.
La liberté de s'exprimer
Pour faire respecter les droits des
Français, le MNR entend donc organiser face à cette
inquiétante situation le retour à la liberté d'expression.
Pour cela, nous voulons d'abord procéder à l'abrogation
des lois Pleven et Gayssot, seule mesure susceptible
de rétablir pleinement l'indépendance de pensée, d'écriture,
de parole et de recherche sans laquelle il n'y a pas
de démocratie ni de république possible.
Dans le même esprit, nous entendons remettre les groupes
de pression du politiquement correct à leur juste place.
Ces associations ont naturellement le droit de promouvoir
leurs idées et d'essayer de faire prévaloir leurs convictions.
Il s'agit là en effet d'une liberté fondamentale qui
doit être respectée. À condition toutefois que chacune
de ces organisations ne pèse pas plus dans notre vie
publique que ce qu'elle représente dans la société.
Or, ces lobbies jouissent
de privilèges financiers et institutionnels qui leur
confèrent un poids illégitime car sans commune mesure
avec leur représentativité réelle. Nous priverons donc
ces organisations de toutes les subventions qu'elles
reçoivent actuellement de l'État et des collectivités
locales.
Le MNR considère en effet que seules les associations
s'abstenant de toute prise de position politique ou
idéologique doivent pouvoir bénéficier de fonds publics.
Il s'agit là d'un principe de laïcité qui doit selon
nous s'imposer à tous ceux qui reçoivent une aide des
collectivités publiques. Dès lors, ces groupements n'auront
plus à leur disposition que les cotisations versées
par leurs adhérents ou les dons qu'ils réussiront à
collecter. Ainsi chacun d'entre eux ne pèsera plus que
ce qu'il représente réellement.
Dans le même esprit, les privilèges institutionnels
que se sont arrogés les groupes de pression seront par
ailleurs abolis. Ces comités n'auront plus les moyens juridiques
de poursuivre ceux dont les idées ne leur paraissent
pas conformes à l'idéologie qu'ils prônent. Ramenés
au rang de simples associations militantes, ils cesseront,
tout en conservant leur propre liberté d'expression,
de mettre en péril celle des autres.
Le droit de s'informer
De telles mesures d'assainissement
permettront aux Français de retrouver leur liberté d'expression.
À condition toutefois que celle-ci ne soit pas étouffée
par la toute-puissance des médias. Ceux-ci détiennent
en effet aujourd'hui un pouvoir exorbitant. Jamais un
groupe aussi réduit n'aura autant influencé un nombre
aussi considérable de personnes. Pour l'ensemble du
monde télévisuel, ce sont seulement quelques centaines de
journalistes ou d'animateurs qui
déterminent ce que doivent savoir ou penser soixante
millions de Français. Le scandale n'est pas que ce pouvoir,
"incontournable", existe, mais qu'il ne soit
assorti d'aucun contrepoids, d'aucune sorte de règles
et de contrôles.
Est-il sain par exemple que le processus de
concentration des entreprises de presse ne laisse subsister
dans la plupart des régions françaises qu'un seul journal local ?
Si de surcroît cet organe est porteur d'une tradition politique
- chrétienne-démocrate pour Ouest-France, socialiste pour la Provence -,
comment concilier cet engagement avec ce monopole ? N'est-ce
pas alors la pluralité des opinions et leur liberté d'expression
qui se trouvent mises en cause ?
Est-on certain par
ailleurs que la liberté de la presse telle qu'elle est
pratiquée aujourd'hui dans notre pays recouvre bien
la notion essentielle à laquelle chacun est attaché ?
Car, au-delà de cette formule, de quelle liberté parle-t-on quand
on ne vit pas dans un pays où le pouvoir censure les médias ?
S'agit-il de la liberté du
propriétaire de l'organe de presse ou de la chaîne télévisée ?
Dans ce cas, est-il légitime que l'argent suffise pour
faire prévaloir ses opinions auprès de millions de gens ?
Et la liberté de la presse est-elle alors un simple privilège
réservé à ceux qui peuvent se l'offrir ? S'agit-il
de la liberté des journalistes ou de celle de leur
directeur de faire passer dans l'opinion les idées
qui sont les leurs ? Mais les uns comme l'autre ne sont
au fond que des salariés et d'où tireraient-ils la légitimité
qui donne un tel pouvoir ?
Assurer le pluralisme
Le MNR estime donc qu'il est temps de reconnaître les
médias comme un pouvoir à part entière dans notre pays
et qu'à ce titre, il faut le rééquilibrer.
Une telle nécessité n'est cependant pas simple à concrétiser car il n'est évidemment
pas question de mettre en cause la liberté de la presse.
Pour le MNR, le problème serait déjà en grande partie
résolu si un plus grand pluralisme des organes médiatiques
était observé. Or, les techniques de transmission, câble,
satellite ou Internet, rendent aujourd'hui possible une diversité
de plus en plus grande. Encore faut-il que ce pluralisme commercial
corresponde à un pluralisme politique. Au-delà de toute
considération théorique sur les droits et devoirs des médias,
il est désormais un impératif qui s'impose, aussi bien pour
l'épanouissement de la liberté que pour celle de l'intelligence :
il faut mettre fin à la dictature de la pensée unique et assurer
dans les médias un vrai pluralisme.
Défendre les libertés concrètes
Le MNR entend cependant pousser beaucoup
plus loin la défense des libertés concrètes des Français.
Car celles-ci se trouvent progressivement asphyxiées
par une inflation réglementaire qui, peu à peu, interdit
toute activité et toute initiative si l'on refuse de
se soumettre à des contraintes de plus en plus pesantes.
Qu'il s'agisse du choix de l'école de nos enfants ou
de celui des organisations de jeunesse auxquelles on
veut les confier, que ce soit pour la consommation des
produits du terroir, pour une décision à prendre en
matière de santé, pour la détention des armes, la conduite
automobile, l'accès à la nature, la pratique de la chasse
ou des sports, qu'il s'agisse de créer une entreprise,
un syndicat ou de l'exercice d'une profession, on ne
peut plus agir librement. Toutes ces décisions, tous
ces choix, qui relèvent pourtant de la sphère du privé,
sont en effet désormais soumis à une réglementation
tatillonne, à l'obligation de passer des examens de
plus en plus complexes, au paiement de taxes, à l'obtention
d'un agrément, d'un permis, d'une licence ou du passage
sous les fourches caudines d'organisations préétablies
qui contrôlent tout.
Les chartes des libertés
Le retour aux libertés quotidiennes
tel que nous voulons l'organiser viendra d'abord de
la réforme de l'État prévue par ailleurs par le MNR
pour faire reculer la machine bureaucratique et libérer
la société civile et le monde économique des empiétements
de l'État.
Nous voulons cependant que nos compatriotes n'attendent
pas un retour de leurs libertés du seul bon vouloir
de l'État et de son administration. Aussi sommes-nous
partisans d'établir des chartes des libertés qui garantissent
les droits des Français dans les différents aspects
de leur vie quotidienne. L'idée est de faire adopter
par le Parlement des textes solennels instaurant, domaine
par domaine, des principes de liberté à garantir aux
Français. Ainsi nos compatriotes pourront-ils bénéficier
d'une charte des libertés, par exemple pour les automobilistes,
pour les entrepreneurs, pour les parents, pour les chasseurs,
pour les sportifs.
Ces textes introduiront un bouleversement bénéfique
au sein de notre société car, au lieu de concevoir les
lois et leurs circulaires d'application comme un ensemble
d'interdictions et d'obligations, il s'agira de les
élaborer, pour la première fois dans notre histoire
législative, sous la forme d'une énumération de libertés
concrètes qui devront s'imposer à la législation antérieure
et être respectées par la législation à venir. Ce ne
seront donc plus les contraintes qui structureront nos
lois, mais les libertés.
Fortifier les corps intermédiaires
Pour garantir ces chartes des libertés
et pour mieux contrebattre le pouvoir excessif de la
bureaucratie, le MNR veut par ailleurs redonner vie
aux corps intermédiaires. Les Français, qu'ils soient
citoyens, contribuables, assurés ou épargnants, se trouvant
souvent isolés et désarmés face à une administration
écrasante, nous voulons renforcer toutes les organisations
qui ont précisément pour mission de les représenter
et de les défendre. Au premier chef, nous voulons revaloriser
le rôle des élus locaux et leur donner les moyens et
les protections nécessaires pour effectuer, au service
de leurs concitoyens, la tâche difficile qui est la
leur. Au-delà, nous entendons revitaliser et moderniser
tous les corps intermédiaires utiles aux Français, qu'il
s'agisse des organismes sociaux, des mutuelles, des
coopératives, des unions sportives, des associations
représentatives, des syndicats, des ordres ou des chambres
professionnelles.
L'État pourra alors leur déléguer des compétences nouvelles
- déontologie, délivrance de diplômes ou d'habilitations,
contrôle technique, par exemple - et les doter d'une
autorité qui leur permettra de veiller aux libertés
concrètes de ceux qu'ils rassemblent, notamment en s'appuyant
sur les chartes des libertés. Encore faut-il que ces
organes respectent eux aussi le principe de liberté,
qu'ils redeviennent vraiment légitimes dans leur mode
de désignation et retrouvent le sens de leurs responsabilités
à l'égard de leurs mandants.
Libérer le syndicalisme
Ainsi en est-il par exemple du syndicalisme
qui, aujourd'hui totalement sclérosé, doit être rénové
de fond en comble si l'on veut lui rendre sa légitimité
et lui permettre de jouer un rôle bénéfique au service
des Français. Dans cet esprit, le MNR entend rétablir
la liberté syndicale et supprimer le monopole et les
privilèges dont jouissent actuellement les cinq grandes
centrales institutionnelles.
Nous voulons en effet que chacun puisse créer librement
un syndicat et que toute organisation syndicale puisse
présenter des candidats au premier tour des élections
professionnelles. Nous demandons en outre que la représentativité
des syndicats soit mesurée à l'aune de critères objectifs,
comme par exemple leurs résultats à des élections professionnelles
réellement libres. Par ce biais, le monde syndical pourra
reprendre vie, se réenraciner dans les vraies préoccupations
des salariés français et retrouver une légitimité authentique.
De la même manière, des organismes comme les chambres
de commerce et d'industrie, les chambres de métiers
ou les chambres d'agriculture mériteraient selon nous
de voir leur rôle amplifié, à condition, là encore,
que ces chambres redeviennent vraiment représentatives,
ce qui nécessite une réforme du mode de scrutin par
lequel elles sont élues. Ainsi, les corps intermédiaires,
rendus plus représentatifs et renforcés dans leur mission,
pourront-ils servir la liberté des Français en constituant
d'utiles contrepoids face à la bureaucratie.
Un peuple libre
Tels sont les grands axes de la politique
que nous proposons pour rendre sa liberté au peuple.
C'est en jugulant les débordements totalitaires auxquels
se livrent la classe politicienne, les groupes de pression
et la bureaucratie, que les Français pourront recouvrer
la plénitude de leurs libertés, qu'il s'agisse des libertés
civiques, de la liberté d'expression, des libertés économiques
ou de toutes les libertés concrètes qui font leur qualité
de citoyens. Un impératif essentiel, car il n'y aura
pas de renouveau national sans peuple libre.
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