Pour que vive la France
Les propositions : la
France à nouveau
Chapitre 5 : L'ECONOMIE
PATRIOTE
L'économie
c'est la richesse, et la richesse c'est le bien-être
et la puissance. La mission de production et d'échange
qu'assure l'économie ne peut donc se limiter à la seule
prospérité individuelle des Français, elle doit aussi
œuvrer à la force collective de notre pays. La souveraineté,
l'indépendance et la cohésion sociale de notre peuple
font partie de ces objectifs. Et, si l'économie devait
sacrifier les intérêts de notre nation sur l'autel du
bien-être individuel de certains, elle porterait gravement
atteinte à l'équilibre de notre société. Dans l'échelle
des valeurs de civilisation, les activités économiques
sont en effet de l'ordre des moyens et non des fins.
Elle n'ont de sens que mises au service de nos compatriotes
mais aussi de notre nation. Aussi le Mouvement national
républicain veut-il redonner à l'économie sa nécessaire
dimension nationale.
Non au mondialisme
économique
Aujourd'hui, hélas, ce légitime impératif
n'est en effet plus respecté, car notre pays vit sous
l'empire absolu de la mondialisation économique. Libre-échangisme,
unification des marchés, concurrence internationale,
fusion des entreprises, ouverture des frontières,
dérégulation, les mots de la globalisation de l'économie
sont sur toutes les lèvres, dans les colonnes de tous
les journaux et dans les préoccupations de tous les
dirigeants. Incontestable et incontesté, ce phénomène
est présenté comme une nécessité à laquelle on ne
peut que se soumettre. Or, ce projet qui consiste
à l'évidence à créer un immense marché planétaire
unifié constitue, par son caractère destructeur des
identités nationales et des équilibres sociaux, une
menace majeure pour les peuples du monde et tout particulièrement
pour les anciennes nations comme la France. Si en
effet le mondialisme économique a pu provoquer une
augmentation des richesses dans certains pays, comme l'Inde, la Chine ou
les Etats du Sud-Est asiatique, son bilan en France et
en Europe se révèle beaucoup plus mitigé. Maurice
Allais, Prix Nobel d'économie, est même beaucoup plus
sévère : "Telle qu'elle s'est développée, la mondialisation
est le facteur majeur du chômage et de la réduction
de la croissance. Au regard des disparités considérables
des salaires réels des différents pays, la politique
libre-échangiste mondialiste [...] n'a fait qu'engendrer
destruction des emplois, réduction de la croissance,
désordre, instabilité et misère de toute sorte."
S'opposer à l'exportation
des emplois
Ainsi, la libération totale et incontrôlée
du commerce international n'a pas conduit au plein
emploi dans notre pays. On peut même considérer qu'elle
constitue avec le socialisme l'une des causes principales
du chômage. Comment pourrait-il en être autrement?
Les coûts de main-d'œuvre et de production sont beaucoup
plus élevés en France que dans nombre de pays nouvellement
industrialisés où il n'existe pas de lois sociales
comparables aux nôtres, où le niveau de vie est beaucoup
plus faible que chez nous et les préoccupations d'environnement
inexistantes. Mettre en concurrence
directe l'entreprise installée en France avec celle
d'Amérique centrale, c'est donc condamner à mort la
firme française qui ne pourra plus rien vendre et
sera acculée à la faillite ou à la délocalisation,
c'est-à-dire à l'exportation des emplois. Répété des
milliers de fois, ce mécanisme pervers a déjà entraîné
l'effondrement de secteurs entiers de notre industrie,
comme par exemple le textile ou les biens de très
grande consommation. Demain, si rien ne change, ce
sera peut-être le tour de l'informatique, de l'électronique
grand public et de bien d'autres
domaines. Certes, dans l'organisation du commerce
international de la France, les échanges avec les
pays à faible coût de production restent encore relativement limités,
mais ils se révèlent en revanche particulièrement
pénalisants en termes d'emploi.
Eviter la tiers-mondisation
des salaires
Le mondialisme économique agit en
l'occurrence comme un système de vases communicants.
Ouvrir les frontières entre deux pays inégalement
développés, c'est comme mettre en communication deux
récipients inégalement remplis de liquide : celui
qui est plein se déverse dans celui qui est vide.
La généralisation de cette concurrence sauvage à l'échelle
de la planète provoque un transfert de richesse et
de puissance économique qui s'effectue de la France
et de l'Europe vers d'autres régions du monde. Cette
logique égalisatrice du mondialisme crée donc le chômage,
mais elle exerce aussi une pression à la baisse sur
les salaires et les prestations sociales. Et l'impression
générale d'une baisse ou d'une stagnation du pouvoir
d'achat des Français n'est pas étrangère à cette pression
à la baisse des coûts salariaux.
Empêcher la précarité
des situations
À cette tendance à la baisse des rémunérations
s'ajoute un accroissement de la précarité des situations.
L'ouverture à tout va des frontières exerce en effet
sur l'ensemble des entreprises et des professions
une pression si forte qu'elle fragilise désormais
tout le monde. La plupart des emplois salariés deviennent
aléatoires du fait des restructurations incessantes.
Les artisans subissent les effets pervers de la concurrence
du travail des immigrés clandestins, les commerçants
ceux de la grande distribution qui est elle-même immergée
dans l'économie globale. Les agriculteurs, qui doivent
vendre leurs produits à des prix de plus en plus alignés
sur les cours mondiaux, ne survivent que grâce aux
primes au demeurant précaires allouées par l'Europe.
Quant aux professions libérales naguère privilégiées,
elles sont, pour bon nombre d'entre elles, en voie
de prolétarisation. Même les agents de la puissance
publique se trouvent aujourd'hui menacés par les dérégulations
exigées par les traités de mondialisation. Le mondialisme
économique crée, dans le système de production et
d'échange, une instabilité qui affecte maintenant
toutes les régions et tous les secteurs et met de
surcroît en péril notre indépendance nationale.
Refuser la dépendance
nationale
En réduisant notre pays au rôle de
simple pion dans le jeu de Meccano que devient l'économie
mondiale, le libre-échangisme le contraint à abandonner
chaque année de nouveaux secteurs industriels au nom
de la division internationale du travail. Ce faisant,
l'économie française perd progressivement de sa substance
et l'État de son indépendance. Qui peut croire que
la France restera une grande nation si son système
de production n'est plus capable de fabriquer l'essentiel
des biens nécessaires à la vie d'un grand pays moderne?
Une économie diversifiée constitue un facteur de puissance,
une économie spécialisée une cause de dépendance et
d'asservissement. Le mondialisme économique n'est
donc pas seulement une source de chômage et de régression
sociale, il représente aussi une grave menace pour
la liberté collective du peuple français. Comment
expliquer que cet aspect majeur des problèmes soulevés
par le libre-échangisme mondial ne soit jamais pris
en compte par les experts et les politiciens de l'établissement?
Comment se fait-il par exemple que la classe politique
reste totalement passive lorsque Arcelor, le fleuron
de notre industrie sidérurgique passe sous
le contrôle d'une société indienne ?
Serait-ce que l'intérêt national ne constitue plus
la préoccupation principale des dirigeants de notre
pays? Il est vrai que, s'ils se placent dans un processus
d'intégration mondiale, de telles considérations n'ont
sans doute désormais pas plus d'importance à leurs
yeux que n'en avait autrefois le choix entre Dijon
et Rennes pour l'implantation d'une usine.
Maitriser les dérives du capitalisme
Ils devraient pourtant se préoccuper des dérives inquiétantes
du capitalisme mondial qui peut mettre en cause l'intérêt
des peuples et des nations. Aujourd'hui en effet, les Etats
sont confrontés à un pouvoir capitalistique de plus en plus
puissant et de plus en plus indépendant. Or, cette évolution
n'est pas sans présenter de réels dangers.
Ainsi, le phénomène de concentration des entreprises qui semble
s'accélérer paraît avoir comme seule limite le monopole ou l'oligopole.
Déjà, il n'y a plus que deux constructeurs aéronautiques
et combien y aura-t-il demain de banques, de compagnies
d'assurance, de sociétés d'automobiles ou de télécommunications ?
Si on laisse ce processus se développer jusqu'à son terme,
il pourrait ne plus exister de concurrence pour défendre et
protéger le consommateur.
Une perspective d'autant plus inquiétante que, dans ces groupes,
la logique industrielle tend à s'effacer devant la logique financière.
La mode n'est plus en effet aux capitaines d'industrie et l'objectif
n'est plus d'entreprendre, mais d'acheter ou de vendre pour offrir
aux actionnaires la rentabilité maximale de leur capital.
Et pour cela tout est bon : on externalise ce qui peut
l'être, on brade les filiales qui n'ont pas le taux de
profit requis, on ferme les usines qui, bien que rentables,
ne dégagent pas suffisamment de bénéfice, on licencie et
on sous- traite pour tout concentrer sur le centre de profit.
Les grandes sociétés ne se préoccupent plus vraiment de leurs
clients, encore moins de leurs salariés, elles ne s'intéressent
plus qu'à leurs actionnaires.
Cet état d’esprit conduit d’ailleurs les capitalistes occidentaux
à délocaliser toujours davantage vers l'Asie. Un processus
qui n'a pas non plus de limites puisque sont maintenant
concernées non seulement les activités à forte main-d'œuvre
mais aussi celles qui font appel à la technologie de pointe.
Les responsables des grands groupes occidentaux se trouvent
donc engagés dans un processus à la fois mortifère et suicidaire
qui, source de précarité, suscite déjà beaucoup de troubles
sociaux et peut à terme mettre en cause notre prospérité et
menacer nos intérêts vitaux.
Contre l'idéologie
libre-échangiste
Vu sous cet angle, le libre-échangisme
mondial se révèle comme beaucoup plus qu'une simple
option technique relative au commerce international.
Il s'affirme en réalité comme la composante économique
de l'idéologie mondialiste. On comprend dès lors pourquoi
la mondialisation économique jouit d'un tel soutien
auprès des faiseurs d'opinion et pourquoi elle relève
plus de l'obsession sectaire que de la doctrine économique.
Car, sous le couvert de l'ultralibéralisme international,
il ne s'agit pas seulement de poursuivre un objectif
économique, mais de faire aboutir un projet politique
de destruction des nations et d'intégration mondiale.
Le Mouvement national républicain, qui combat cette
entreprise antinationale, ne peut donc pas accepter
la mise en œuvre d'un libre-échangisme effréné qui
provoque le chômage, réduit les bas salaires, engendre
la précarité et obère l'indépendance de notre pays.
Ni autarcie ni mondialisme
Pour autant, nous ne nous opposons
évidemment pas à la concurrence ni aux échanges internationaux
par nature nécessaires et bénéfiques. Convenablement
maîtrisé, le commerce international peut en effet
jouer le rôle positif de stimulant de l'économie et
la concurrence qui en résulte peut favoriser l'innovation
et la compétitivité et donc améliorer les performances
économiques de notre pays. À l'inverse, un repli sur
soi dicté par une conception autarcique serait très
néfaste car il dissuaderait les entreprises françaises
d'investir et d'innover. Aussi serait-il absurde selon
nous de vouloir isoler la France du monde extérieur
et la priver de cette pression à l'excellence que
peut constituer une saine compétition internationale.
Mais, si l'autarcie est une absurdité, l'ultralibéralisme
international n'apparaît pas pour autant bénéfique.
Dans sa logique inverse, il se révèle tout aussi néfaste
que l'isolement intégral, l'un et l'autre représentant
en réalité les deux conceptions extrémistes de l'organisation
du commerce mondial. Aussi le MNR n'entend-il pas
combattre le mondialisme économique pour basculer
dans l'autarcie, mais adopter, entre ces deux options
extrémistes et néfastes, une position mesurée, celle
de la régulation du commerce mondial.
Pour la troisième voie
Telle est l'originalité de la politique économique
préconisée par le Mouvement national républicain qui
entend choisir une troisième voie entre l'étatisme
protectionniste et le libre-échangisme intégral. Une
voie qui correspond d'ailleurs à la seule politique
possible dès lors que l'on élimine celle de l'ultralibéralisme
international préconisée par certains patrons de la
finance et celle du socialo-mondialisme pratiquée
par les gouvernements UMP-UDF-PS. Il est en effet
impossible, contrairement à ce que prétend la classe
politique, d'assurer à la fois l'ouverture des frontières,
le plein emploi, le maintien du niveau de vie et celui
de la protection sociale. On peut certes laisser grandes
ouvertes les frontières et diminuer le nombre des
sans emplois, mais alors le niveau des salaires et
la qualité de la protection sociale baisseront. C'est
la solution ultralibérale. On peut aussi tenter d'empêcher
cette dégradation des rémunérations et jouer le jeu
de la concurrence internationale, mais alors le chômage
subsistera à un niveau élevé. C'est la politique choisie
par l'établissement. L'idée du Mouvement national
républicain consiste à rejeter ces deux options pour
retenir la troisième voie possible, celle qui se propose
de rechercher le plein emploi, de maintenir le niveau
de vie et de protection sociale et donc de ne pas
accepter l'ouverture à tout va des frontières.
Lever les contraintes
Dans la réalité, le problème apparaît
bien sûr plus complexe qu'à travers le modèle simplifié
qui vient d'être évoqué, mais la stratégie demeure.
Elle consiste à assurer une meilleure maîtrise des
phénomènes de mondialisation et donc à retrouver,
dans le domaine économique comme ailleurs, un minimum
de souveraineté pour permettre à notre pays d'agir
de nouveau à son initiative et dans son intérêt propre.
Car, si les décisions concernant la France ne sont
plus prises à Paris par des Français mais à New York,
à Bruxelles ou à Francfort par des étrangers, comment
s'étonner qu'elles ne soient pas toujours les plus
favorables à notre nation et à notre peuple? Bien
sûr, il n'est pas question de nier la réalité des
phénomènes de mondialisation liés à des évolutions
objectives, comme le développement des techniques
de communication. Il s'agit simplement de mettre en
cause la démarche à la fois sectaire et naïve des
mondialistes qui ne voient à ces mécanismes que des
conséquences bénéfiques. En ce qui nous concerne,
nous recherchons simplement, pour la France et pour
l'Europe, les moyens de maîtriser ces phénomènes de
façon à en limiter les effets néfastes et à remettre
l'économie au service de la nation. Dans ce but, nous
voulons briser ou, à tout le moins, desserrer les
contraintes extérieures qui entravent l'économie française
et mettre en place, à cette fin, un véritable patriotisme
économique français et européen.
<
Le patriotisme économique
Le MNR veut dans cet esprit proposer
une régulation du commerce mondial. Il n'est bien
sûr pas question de faire obstacle aux échanges et
encore moins d'amener notre pays à se replier sur
lui-même dans une démarche autarcique. Mais, pour
maintenir les échanges commerciaux entre la France
et le reste du monde, tout en évitant qu'ils ne détruisent
l'équilibre économique et social de notre pays, nous
voulons que l'État instaure des mécanismes de régulation
destinés à le protéger. Or, depuis des siècles, les
nations disposent traditionnellement d'un instrument
apte à résoudre ce type de problème, il s'agit de
la frontière. Contrairement à la caricature qu'en
donnent actuellement les sectateurs du mondialisme,
la frontière remplit une fonction utile et nécessaire
à la communauté. Elle n'est pas plus ce fauteur de
guerre et de division qu'il faudrait supprimer pour
faire prévaloir la paix et l'harmonie que cette muraille
infranchissable derrière laquelle on ne pourrait que
se blottir dans la peur ou la haine de l'étranger.
Elle s'apparente plutôt à la membrane qui maintient
la cellule vivante en osmose avec le monde extérieur,
mais filtre les passages, laissant pénétrer ce qui
est bénéfique, empêchant d'entrer ce qui est néfaste.
Les écluses douanières
Le MNR veut donc rétablir les frontières économiques de l'Union
européenne pour y effectuer une régulation des échanges
internationaux. À cet égard, le meilleur dispositif
reste l'écluse douanière car, sur le plan des principes,
c'est elle qui assure le mieux le retour à l'équilibre
dans la compétition économique. Si certains articles
d'importation sont vendus à des prix mettant en cause
la loyauté de la concurrence, nous proposons de leur
appliquer un droit de douane qui corrige cette distorsion.
Ainsi les productions nationales et étrangères pourraient-elles
rivaliser sur notre sol à armes égales et les deux
économies de structure différente continuer d'échanger
sans se détruire mutuellement. La régulation des échanges
fonctionnerait ainsi à la manière des écluses permettant
le passage des bateaux entre deux plans d'eau pourtant
situés à des niveaux différents.
Les instruments
de la régulation
Pour mettre pratiquement en œuvre
cette régulation, le MNR propose d'instaurer
ou de renforcer des taxes douanières sur les produits en provenance des
pays extérieurs à l'Union européenne. Pareille mesure
offrirait à l'économie française les
avantages classiques d'un droit de douane en organisant
concrètement sur le marché intérieur une préférence
pour les produits français et européens.
Parallèlement, et dans le même esprit, nous entendons
doter la France et l'Europe d'une législation comparable à la
section 301 du Trade Act américain lui permettant
d'engager, comme le font les États-Unis, des actions
de protection commerciale à l'encontre de ceux qui
pratiqueraient une concurrence déloyale. Le MNR propose
également de remettre en cause un grand nombre des
accords multilatéraux de libre-échange signés par
la Commission de Bruxelles, en tirant argument du
fait qu'ils ne sont pas compatibles avec le principe
de la préférence européenne qui devrait prévaloir
au sein de l'Union. De plus, nous souhaitons que la
France introduise la dimension éthique dans le champ
du libre-échangisme mondial pour en contester certains
de ses aspects les plus odieux. Un ouvrier français
n'a pas en effet à se trouver en concurrence avec
un prisonnier du goulag chinois ou un enfant exploité
du Pakistan pour des productions qui contribuent à
polluer la planète. Il faut combattre le dumping économique
et monétaire mais aussi le dumping social, humanitaire
et écologique.
Les méthodes que nous proposons à
la France et à l'Europe pour mieux maîtriser la mondialisation
n'ont à cet égard rien d'illégitime, car elles correspondent
pour beaucoup aux pratiques couramment utilisées par
des pays aussi performants sur le plan commercial
que les États-Unis, le Japon et les "dragons" asiatiques.
L'Etat volontariste
Cette maîtrise de la mondialisation ne doit cependant pas se
limiter à des initiatives purement défensives, elle doit aussi
prendre la forme d'actions offensives. Aussi faut-il faut-il
redonner à l'Etat un rôle stratégique pour incarner et organiser
de façon volontariste la réaction de la nation au mondialisme.
Un rôle qui s'inscrit d'ailleurs dans la tradition de notre pays.
Depuis Colbert, l'Etat a en effet
toujours joué en France un rôle moteur, y compris sur le plan
économique. Cette spécificité française ne doit pas être abandonnée
au motif que la libéralisation est nécessaire. Car, s'il nous
faut un État moins lourd, nous ne voulons pas pour autant d'un État passif.
N'oublions pas que nous vivons encore sur les succès économiques
et technologiques des années soixante soixante-dix, succès
qui n'auraient pas été possibles sans l'intervention de l'État.
Le programme électronucléaire, les réalisations ferroviaires
ou celles de l'aéronautique et de l'espace par exemple, n'auraient
jamais abouti si l'État ne s'était investi lui-même dans
toutes ces entreprises.
Le MNR entend rester fidèle à cette singularité propre au génie
de notre nation. Aussi, dans le nouveau modèle économique français
qu'il préconise, l'action volontariste et fédératrice de l'État
doit-elle venir compléter celle de l'initiative privée.
Cette exigence est d'ailleurs d'autant plus légitime que notre
pays est plongé dans l'arène du monde globalisé et qu'il doit y
affronter la guerre économique planétaire. Il serait donc naïf et
criminel de ne pas mettre en œuvre, à l'échelon du pays, tous les
moyens nécessaires pour défendre et promouvoir nos intérêts.
L'offensive industrielle
Ainsi le MNR est-il partisan de développer une stratégie industrielle
offensive, en appliquant notamment les principes de
l'intelligence économique. Des comités stratégiques peuvent
être créés, secteur par secteur, afin de mobiliser, à côté
des entreprises concernées, tous les moyens de l'État, que ce soit
le réseau de nos ambassades, les services de renseignement ou
tous les départements ministériels intéressés et de les concentrer
sur des objectifs opérationnels : conquérir un
marché à l'étranger, créer un grand groupe industriel national
ou européen, riposter à une offensive commerciale chinoise ou
contrer une OPA étrangère hostile.
Dans cet esprit, il est essentiel que l'État suscite et porte
à nouveau de grands projets industriels d'intérêt national.
Face aux difficultés croissantes d'approvisionnement en pétrole
et à la hausse incessante du prix du baril de brut, la puissance
publique devrait réagir par la mise en œuvre de projets de grande
ampleur pour libérer la France de cette dépendance et lutter
contre les rejets de gaz à effets de serre.
De grands projets devraient être développés par ailleurs dans
tous les secteurs de la haute technologie, ceux qui
conditionnent l'avenir. Plus globalement, le MNR estime
que la France et l'Union européenne doivent se préoccuper de susciter,
favoriser et encourager la création de grands groupes
industriels européens capables de devenir, chacun dans leur secteur, des numéros
un mondiaux. Il faut à notre continent une véritable
stratégie industrielle visant à placer l'Europe en tête
dans tous les domaines d'activité possibles.
Les nouvelles marges
de manœuvre
Ainsi, en s'assurant d'une meilleure
maîtrise de la mondialisation et en reconquérant un
minimum de souveraineté dans le domaine de la production
et des échanges, le Mouvement national républicain
ouvrira à notre peuple une nouvelle voie économique
et sociale. Alors que les gouvernements politiciens
se laissent acculer à l'impuissance, nous fournirons
à la France les instruments de combat qui lui manquent
actuellement dans la guerre économique internationale
et nous rendrons à notre pays les marges de manœuvre
dont il a besoin pour redevenir une puissance économique
de premier plan.
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