Pour que vive la France
Les propositions : la
France à nouveau
Chapitre 6 : LAISSER
TRAVAILLER LAISSER CREER
La vie
et l'histoire le démontrent, il n'est pas de prospérité
sans liberté. La croissance et la richesse, le développement
de la production et des échanges, la création et l'innovation
exigent que chacun puisse donner libre cours à ses talents
et être justement récompensé pour son travail. Aussi
l'économie nationale doit-elle, pour renouer avec le
dynamisme et la puissance, rompre avec le socialisme,
l'étatisme et l'assistanat et retrouver sur le marché
intérieur les vertus prométhéennes de l'entreprise,
de la concurrence et du gain. Elle a besoin, pour se
revivifier, du vent frais des libertés économiques.
Aussi le Mouvement national républicain est-il partisan
de rétablir, au bénéfice de l'intérêt général, les saines
lois du marché libre.
Non à l'état providence
Cette exigence s'impose d'autant
plus que le système français de production et d'échange
ne se trouve pas seulement soumis aux effets dangereux
du mondialisme, il est aussi miné par un étatisme
tentaculaire qui consomme sa substance et constitue
son principal handicap. Au nom de l'égalitarisme et
de l'assistance à tout va s'est en effet mis en place
un État providence qui entend façonner la société
et prendre les hommes en main de la naissance à la
mort. Peu à peu, au fil des décennies écoulées, des
secteurs entiers de notre économie sont passés sous
la coupe de la puissance étatique. La création et
la croissance des organismes sociaux, la multiplication
des structures para-étatiques ont développé démesurément
la sphère publique. Dans le même temps, des systèmes
étatisés captaient dans une proportion croissante
les flux financiers, alors que, par ailleurs, la législation
et la réglementation ne cessaient de s'amplifier et
de se complexifier. Aujourd'hui, le monde étatique
pèse tel un monstre obèse sur l'ensemble de la société
française.
Non aux gaspillages
bureaucratiques
Ces errements trouvent leur origine
dans l'idée absurde selon laquelle, comme dans un
conte de fées, l'État serait doté d'une corne d'abondance
et qu'il lui suffirait de distribuer de l'argent pour
résoudre les problèmes des Français. Rien n'est plus
faux car, en agissant ainsi, la puissance publique
provoque généralement des gaspillages considérables
sans pour autant améliorer le sort de nos compatriotes.
Ainsi, face à la dégradation du système scolaire,
l'établissement a toujours répondu par des augmentations
de crédit, de telle sorte que le budget de l'Éducation
nationale est devenu le premier, loin devant celui
de la Défense. Pourtant, alors même que les financements
s'alourdissaient, la qualité de l'enseignement se
dégradait. Il en va de même en matière d'immigration.
La politique de la Ville, censée assurer l'intégration
des étrangers, consiste à déverser sur les cités une
masse de subventions destinées à rénover des immeubles,
à rémunérer des animateurs et à financer des stages.
Or, depuis la mise en route de cette politique, la
délinquance n'a cessé de se développer et la situation
de se dégrader jusqu'à provoquer des émeutes comme en 2005.
Dans le domaine de l'emploi, l'État
a financé une multitude de programmes qui devaient
créer des postes de travail. Mais, là encore, ces
dépenses n'ont eu aucun effet sur la baisse du chômage.
Non à la redistribution
social-démocrate
L'étatisme ne se limite cependant
pas à ce gaspillage des richesses produites par les
Français, il contribue aussi à les raréfier. Car la
redistribution massive des revenus par la puissance
publique entraîne un tarissement de la production
des biens et des services. Lorsque l'État ponctionne
cent euros, il ne peut en redistribuer que soixante-quinze,
quand ce n'est pas cinquante, le reste se trouvant
stérilisé par les dépenses de fonctionnement. De plus,
la redistribution pénalise en général les plus actifs
et les décourage de produire davantage. Résultat :
la redistribution social-démocrate conduit à l'appauvrissement.
Le poids de l'étatisme a en effet massivement limité
la création de richesses dans notre pays. Des catégories
entières de la population parmi les plus productives
et les plus inventives se trouvent aujourd'hui démotivées.
Quant aux entreprises, écrasées sous le poids des
charges et des impôts, elles sont pénalisées dans
la grande compétition internationale.
Cette redistribution
s'est révélée par ailleurs incapable d'enrayer la
montée de la misère. Depuis 1980, la part des dépenses
publiques dans le PIB a augmenté de neuf points et,
dans le même temps, la pauvreté s'est étendue, le
nombre des "sans domicile fixe" a explosé et il a
fallu multiplier les associations privées comme les
Restos du cœur pour venir en aide aux marginaux.
Quant
aux catégories les plus riches de la population, elles
ont largement réussi, par l'expatriation ou par des
montages juridiques appropriés, à se mettre à l'abri
des ponctions de l'État, de sorte que la redistribution
étatique, si lourde et si coûteuse, ne touche pas
vraiment ceux qu'elle visait et ne fonctionne qu'en
circuit fermé à l'intérieur de la classe moyenne qu'elle
voue à une progressive paupérisation.
Non à l'étouffement fiscal
Principale tare de l'économie française, le
poids des dépenses publiques n'a cessé d'augmenter
pour atteindre aujourd'hui le chiffre de 56 p. cent
du PIB alors que le montant des prélèvements fiscaux
et sociaux a dépassé le niveau record de 45 p. cent
du PIB. En moyenne, chaque Français travaille donc
un jour sur deux pour la puissance publique. Et chacun
s'accorde à reconnaître que le seuil a été largement
franchi au-delà duquel les acteurs économiques, se
sentant démotivés, tendent à se laisser vivre plutôt
qu'à se battre. Une situation par ailleurs d'autant
plus grave que les ponctions étatiques subies par
nos concurrents étrangers sont beaucoup plus faibles.
Ainsi, lorsque les prélèvements obligatoires représentent
45 p. cent du PIB en France, ils s'élèvent à 36 p. cent
en Allemagne, 35 p.cent en Grande Bretagne et 26 p. cent
aux États-Unis.
Non à l'exode des
cerveaux
L'étouffement bureaucratique et fiscal
est ainsi devenu tellement fort qu'il provoque l'exode
des cerveaux. C'est en effet par centaines de milliers
que nos compatriotes quittent notre pays pour aller
s'installer en Grande-Bretagne ou aux États-Unis,
dans des États où ils peuvent jouir d'une réelle liberté
économique et d'une fiscalité raisonnable. Or, les
Français qui abandonnent ainsi notre pays sont souvent
parmi les plus dynamiques, les plus entreprenants
ou les plus brillants. On retrouve parmi eux des chefs
d'entreprise, des ingénieurs ou des chercheurs qui
ont réussi, notamment dans les domaines stratégiques
des techniques de pointe. La France perd ainsi une
part de ses élites et donc de sa capacité à innover
et à créer. L'étatisme étouffe la communauté nationale.
Il fait dépérir ses forces vives, appauvrit ses membres
et se dévore lui-même. Le MNR veut donc interrompre
au plus vite ce processus suicidaire et engager une
grande politique de libération de l'économie française.
À cette fin, il fait le choix d'asseoir sans ambiguïté
notre système de production et d'échange sur les principes
du marché libre.
Pour l'économie libre
Le monde est en effet si complexe,
ses configurations si instables, les décisions de
chacun si diverses que l'économie d'un pays ne peut
être encadrée trop sévèrement car, à vouloir réglementer
à l'excès, on brise toute énergie créative. Aussi,
plutôt que de tout miser sur une macro-régulation
centralisée et limitée, nous voulons nous en remettre
à la multitude des micro-régulations sécrétées par
les acteurs individuels. Ainsi, par exemple, le progrès,
qu'il prenne la forme de découvertes scientifiques,
d'inventions technologiques ou de réussites économiques,
est bien souvent le fruit de la chance. On ne retient
en effet que les succès, mais, pour une réussite,
combien a-t-il fallu d'échecs? Il ne faut donc pas
planifier ni centraliser, car, en évacuant l'aléatoire,
on est statistiquement quasi certain de perdre. Le
monde de l'économie et de la technologie s'apparente
à un organisme vivant régi, selon la formule du professeur
Monod, par les lois "du hasard et de la nécessité".
Comme l'évolution du monde vivant, qui passe par l'accumulation
des tentatives de mutations génétiques effectuées
de façon aléatoire et dont certaines seulement sont
retenues et concourent au progrès des espèces, l'économie,
pour prospérer, a besoin d'une grande multiplication
des initiatives et de leur sélection par le critère
de l'efficacité, c'est-à-dire par celui du marché.
Une économie plongée dans un marché libre est donc
supérieure à celle régie par le dirigisme. La première
relève du monde organique, la seconde n'est qu'un
système physique. La première permet la complexité.
La seconde est condamnée au schématique. La première
correspond à la réalité du monde, la seconde ne reflète
qu'une caricature de celui-ci.
Pour la concurrence, l'initiative et la motivation
Aussi, pour conforter le marché libre,
le MNR veut-il encourager la liberté d'initiative,
stimuler la motivation des acteurs économiques et laisser faire la
concurrence. Rien de meilleur, en effet, que la compétition
pour aiguiser l'imagination, la créativité et l'efficacité.
Aussi la concurrence
apparaît-elle bien comme une vertu éminemment bénéfique
de la vie économique à laquelle nous sommes profondément
attachés. Et ce n'est pas parce que nous voulons assurer
un minimum de régulation aux frontières
de l'Europe pour maîtriser la compétition internationale
sauvage que nous refusons pour le marché intérieur français et européen
les effets bénéfiques et naturels de la concurrence.
Dès lors que celle-ci se trouve limitée territorialement,
elle doit pouvoir s'exprimer sans réserve et pousser
à l'innovation et à la compétition. Elle le fera d'autant
mieux que l'économie nationale permettra la libre
initiative des acteurs économiques. Nous voulons en
effet que ceux-ci disposent d'une marge de manœuvre
maximale et de charges et de contraintes minimales.
La liberté permet en effet aux créateurs de rechercher,
en vue du meilleur rapport pour eux-mêmes et, par conséquent,
pour la communauté, les systèmes de production et
de distribution les plus performants. Et c'est alors
l'ensemble de la société qui en tire avantage. Encore
faut-il que l'entrepreneur y trouve un intérêt pour
lui et sa firme, car les difficultés et les risques
sont tels qu'on ne voit pas pourquoi il s'engagerait
dans cette voie en l'absence d'une forte motivation.
Le profit apparaît donc à cet égard légitime s'il
assume cette fonction d'incitation et de juste rétribution.
D'autant qu'il remplit une autre mission, au service
de la collectivité cette fois, puisqu'il est en quelque
sorte l'indicateur de la bonne gestion grâce auquel
on sait si l'entreprise effectue la meilleure allocation
possible des hommes et des biens qu'elle mobilise.
Si elle est déficitaire, c'est qu'elle gaspille les
moyens qui lui sont confiés, si à l'inverse elle réalise
des profits excessifs, c'est qu'elle spolie ses clients
ou ses salariés.
Miser sur le progrès
technique
Pour être le plus efficace possible,
le marché libre doit par ailleurs être nourri des
effets bénéfiques de l'innovation technologique. Le
Mouvement national républicain entend pour ce faire
effectuer un second choix majeur, celui du progrès
scientifique et technique. Nous voulons donc que la
France soit à la pointe de la révolution technologique
qui se déroule sous nos yeux. Il y va de son avenir
et de sa prospérité. Car, pour affronter la guerre
économique internationale et la bataille de la compétitivité,
les entreprises françaises doivent choisir entre deux
logiques. La première, qui consiste pour elles à rester
figées sur leurs techniques traditionnelles, les conduit,
sous la pression de la concurrence, à baisser leurs
coûts et donc à sous-qualifier leur personnel et à
réduire leurs salaires, ce qui entraîne une diminution
du pouvoir d'achat et une baisse de l'activité économique.
C'est la logique de la régression et de la paupérisation.
L'autre, qui donne la priorité à l'initiative et à
l'innovation, doit pousser les sociétés à réaliser
des progrès de compétitivité grâce aux améliorations
techniques, ce qui nécessite une plus grande qualification
des emplois et donc des hausses de salaire : c'est
la logique du développement, qui exige l'utilisation
maximale de la technologie. Cette dernière est en
effet à nos yeux l'arme principale dont disposent
la France et les pays occidentaux pour conserver leur
suprématie mondiale.
Relever les défis
technologiques
Le MNR veut donc que notre pays joue
sans réserve la carte du progrès technique. Dans tous
les secteurs de l'économie, en effet, des innovations
sont possibles, car la période contemporaine a ouvert
de nouveaux espaces de connaissance dont personne
n'a encore tiré toutes les conséquences technologiques.
Nous entendons que la France s'engage dès lors avec
une ardeur renouvelée dans cette entreprise exaltante
qui constitue à bien des égards la voie royale de
la prospérité, de l'expansion et de la puissance.
Aussi le MNR souhaite-t-il encourager et privilégier
toutes les filières où le génie français des ingénieurs,
des chercheurs et des industriels a déjà fait merveille,
que ce soit l'aéronautique, le spatial, le nucléaire,
les transports terrestres ou les armements. Nous estimons
par ailleurs nécessaire d'ouvrir de nouvelles filières
d'excellence française, notamment dans la génétique,
l'informatique et l'ensemble des techniques de communication,
domaines dans lesquels notre pays dispose de grandes
compétences mais sans avoir jamais pu réellement les
transformer en réussite industrielle. Par ailleurs,
nous considérons comme essentiel de lancer à notre
pays, en coopération avec les pays européens, de grands
défis technologiques. Pourquoi ne pas se fixer comme
objectif d'envoyer une équipe d'Européens sur Mars
avant 2010? Pourquoi ne pas tout mettre en œuvre pour
réussir la fusion nucléaire contrôlée avant 2020?
Développer la recherche
scientifique
Pour relever ces défis et diffuser
dans l'ensemble du tissu industriel et scientifique
de notre pays ce nouveau souffle volontariste de réussite
économique et technologique, le MNR veut voir fonctionner
de nouveaux mécanismes de financement mieux adaptés
aux projets technologiques des entreprises et revoir
en conséquence les modes d'attribution et les critères
d'affectation des crédits publics de la recherche.
Ceux-ci, qui font partie des dépenses utiles du budget
de l'État, devraient être augmentés de façon significative
le plus rapidement possible. Encore faut-il qu'ils
ne viennent pas alimenter le vase sans fond d'une
recherche stérile et bureaucratisée telle qu'on la
découvre en arpentant les couloirs de certains laboratoires
du CNRS. Là encore, la lutte contre l'étatisme sera
nécessaire et nous proposons d'engager un redéploiement
de la recherche scientifique pour la placer sans réserve
au service de la stratégie d'excellence technologique
que l'industrie française se verra proposer.
Le plan de libération
des entreprises
Pour atteindre cet objectif économique
ambitieux, le Mouvement national républicain entend
effectuer un troisième choix fondamental, celui de
favoriser les entreprises et tout particulièrement les PME.
Celles-ci doivent pouvoir
constituer une priorité pour l'État et pour la nation
et, à cette fin, être libérées et encouragées sur
la scène économique. Nous voulons donc qu'elles retrouvent
leur place éminente dans l'économie nationale, qu'elles
soient considérées comme le principal moteur économique
et qu'à ce titre elles fassent l'objet d'une priorité
absolue. Le MNR entend ainsi mettre en œuvre un vaste
plan de promotion de l'entreprise française qui tourne
le dos aux pratiques actuelles. En effet, pour aider
les sociétés, l'établissement ne connaît qu'une méthode,
le recours aux subventions. Or, ce procédé est néfaste,
car une entreprise saine doit précisément pouvoir
vivre, créer et se développer par la seule vertu de
son activité propre, sans l'appui de quiconque. Il
ne s'agit donc pas de multiplier les mesures d'aide
aux sociétés industrielles et commerciales, mais bien
plutôt de les libérer de toutes les contraintes qui
entravent leur fonctionnement et de leur rendre la
pleine maîtrise de leur propre gestion. À cette fin,
nous voulons d'abord que l'État rende aux entrepreneurs
la libre disposition des principaux leviers dont ils
ont besoin pour diriger leurs affaires.
Les embauches facilitées
Ainsi, nous voulons rendre aux acteurs
économiques la liberté dont ils ont besoin pour créer et
produire. Le MNR veut leur permettre d'embaucher et de débaucher de
façon plus simple et plus rapide qu'aujourd'hui, cette liberté
de licenciement étant par ailleurs compensée par une meilleure
sécurité individuelle des salariés selon la formule
pratiquée en Europe du nord de "flexisécurité".
Nous préconisons également de simplifier les procédures
administratives et sociales de recrutement et d'adopter le
principe du contrat de travail unique qui évite la
disparité des situations individuelles au sein d'une même entreprise,
réduit le sentiment de précarité et facilite la gestion
du personnel. Nous proposons de plus
de réorganiser le système des seuils sociaux car il n'est pas sain
qu'une société subisse brutalement de nouvelles
contraintes bureaucratiques sous prétexte que ses
effectifs dépassent dix salariés, vingt puis cinquante.
Le moment est venu de revoir
entièrement le code du travail, aujourd'hui complexe
et archaïque. Au lieu de multiplier des petites réformes
aux effets limités que le gouvernement ne parvient
même pas à faire accepter, comme l'a montré l'affaire
du CPE en avril 2006, il est maintenant essentiel
d'adopter une législation nouvelle, simple et moderne
reposant sur le principe de la liberté et de la
responsabilité des différentes parties.
les horaires assouplis
Le MNR veut par ailleurs assouplir la réglementation
du temps de travail pour permettre aux entreprises
de mieux s'adapter aux difficultés qu'elles rencontrent.
Il prévoit dans cet esprit d'abroger les trente-cinq heures et d'offrir
aux employeurs comme aux employés une réelle marge de
manœuvre pour définir leurs horaires de travail. Que ceux
qui veulent travailler moins puissent le faire en gagnant
moins, que ceux qui souhaitent une rémunération plus
importante puissent l'obtenir en effectuant un plus
grand nombre d'heures.
D'une façon générale, n'est-il pas absurde que, pour gérer les
variations de la demande, les entreprises n'aient à leur disposition
que le recours au chômage à temps partiel et aux heures
supplémentaires, lesquelles ne sont d'ailleurs pas
toujours payées? Certes, il n'est pas question de
remettre en cause la protection des salariés,
mais beaucoup de Français seraient heureux de pouvoir
travailler plus, pendant certaines périodes, pour
disposer, à d'autres moments de la semaine, du mois
ou de l'année, d'un temps de loisir plus important,
surtout si de tels aménagements s'accompagnent d'un
supplément de salaire.
Les financements
plus accessibles
Le Mouvement national républicain
souhaite par ailleurs que le financement des entreprises
puisse être assuré plus facilement qu'à l'heure actuelle.
En effet, handicapées par de lourdes ponctions fiscales
et sociales, malmenées par la concurrence internationale,
les sociétés françaises qui ne sont pas internationalisées
et notamment les PME, ne dégagent pas, malgré leur remarquable productivité,
une masse d'autofinancement suffisante.
Elles se trouvent dès lors pénalisées dans leur capacité
d'investissement et contraintes de se tourner vers
des sources de financement externe où elles se heurtent
à la rigidité du marché des capitaux et du marché
financier. Marchés qui, en France, ne sont pas adaptés
à leurs besoins. Pour rendre aux sociétés françaises
une plus grande liberté de financement, nous préconisons
de leur assurer d'abord une véritable capacité d'autofinancement
et, pour cela, de réduire les prélèvements obligatoires
que leur font supporter les organismes sociaux, les
collectivités territoriales et l'État. Dans le même
esprit, le MNR souhaite accomplir un effort considérable
pour diriger de nouveau l'épargne des Français en
direction des agents productifs. À cette fin, nous
voulons alléger et réformer la réglementation du marché
financier en vue de faciliter son accès pour les entreprises.
Les PME favorisées
Le MNR veut prévoir par ailleurs des dispositions particulières
propres à faciliter le financement des PME, en encourageant
à leur profit la constitution d'un authentique capitalisme
populaire. Des mesures fiscales seront donc prises
pour inciter les personnes privées à participer au
capital des PME et notamment à celui des entreprises
qui se créent. Dans le même esprit, la constitution
de sociétés de capital risque capables d'assurer,
sans garanties majeures, le financement de projets
d'entreprise crédibles sera fortement encouragée.
Selon les mêmes perspectives, nous voulons mettre
les PME à l'abri des contraintes financières illégitimes
que peut entraîner un libéralisme mal maîtrisé, lorsque
ses lois finissent par asservir les petits aux puissants,
sans autre logique que le rapport de force le plus
brutal. Tel est le cas quand les PME se trouvent confrontées
aux exigences souvent insupportables des géants de
la grande distribution. Ceux-ci n'hésitent pas en
effet, pour réduire leurs coûts au minimum, à imposer
à leurs fournisseurs des tarifs souvent même inférieurs
aux coûts de fabrication et à exiger d'eux des délais
de paiement de plusieurs mois. Des mécanismes analogues
peuvent s'observer dans le secteur du bâtiment où
les PME subissent la concurrence déloyale d'entreprises
souvent clandestines qui, au bénéfice des grands groupes,
cassent les prix des travaux de sous-traitance. Face
à ces pratiques inacceptables, nous proposons de renforcer
les règles propres à protéger la liberté des petites
et moyennes entreprises. La vente à perte doit notamment
être totalement interdite et des délais de paiement
raisonnables imposés par la loi, y compris aux collectivités
publiques qui figurent souvent parmi les plus mauvais
payeurs. Quant au travail noir et clandestin qui,
en créant une véritable économie souterraine, détruit
les entreprises saines et légales, il doit être impitoyablement
pourchassé et réprimé. Pour cela, nous voulons que
l'inspection du travail soit prioritairement engagée
dans la lutte contre ce fléau.
L'intelligence économique
Afin de renforcer encore les entreprises, le MNR veut
leur assurer un environnement favorable propre à leur
permettre d'affronter dans les meilleures conditions
la concurrence internationale. Il propose de développer
une stratégie d'intelligence économique à tous les niveaux.
À cette fin, nous proposons de créer des comités stratégiques
dans chaque grand secteur économique pour aider nos
entreprises à coordonner leurs forces et à faire jouer
la solidarité nationale dans la guerre économique
mondiale. Il ne s'agira donc pas d'instances bureaucratiques
où sont menées des discussions théoriques et prospectives
ne débouchant sur aucune décision concrète. Au contraire,
placés sous la présidence d'un chef d'entreprise,
ces comités réuniront les principaux acteurs industriels
et administratifs d'un secteur concerné autour d'un
objectif concret consistant à favoriser la conquête
de marchés extérieurs et la reconquête du marché intérieur.
L'initiative appartiendra aux acteurs économiques,
les représentants de l'État n'étant là que pour répondre
aux demandes de concours des industriels. Ainsi, pour
aider ces derniers à développer un nouveau produit
stratégique, à pénétrer un grand marché étranger ou
à emporter un appel d'offres international particulièrement
important, la puissance publique pourra fournir la
dérogation, les crédits de recherche, le soutien diplomatique
ou le concours des services de renseignement qui
se révéleraient nécessaires. Ces comités stratégiques
pourront aussi assurer les arbitrages ou organiser
les ententes entre les entreprises françaises de façon
qu'à l'étranger notre industrie parle d'une seule
voix. Dans le même esprit, la question des fusions
d'entreprises devra être examinée dans ces instances
où l'État interviendra pour que soit systématiquement
privilégiée la constitution de grands groupes nationaux
ou, à défaut, européens, de préférence à des structures
mondialisées où les entreprises françaises viendraient
renforcer des pôles de décision étrangers. Nous voulons
ainsi mobiliser les forces économiques et les coordonner
en une stratégie cohérente permettant d'assurer dans
la compétition économique internationale le succès
de nos entreprises et de notre pays.
La communauté
de travail
Celui-ci ne sera cependant pas définitivement
acquis tant que les salariés des entreprises n'auront
pas retrouvé une motivation inébranlable. Pour ce
faire, nous voulons qu'ils cessent d'être considérés
comme de simples facteurs de production, comme c'est
hélas trop souvent le cas, et qu'ils bénéficient des
avantages d'une authentique participation. Chacun
consacre en effet une grande partie de son existence
à son métier. Aussi, selon que celui-ci sera l'occasion
de conflits, d'avanies et d'inquiétude ou, au contraire,
une source d'épanouissement, de satisfaction et d'enrichissement,
l'équilibre social de notre pays se verra amoindri
ou consolidé et l'efficacité des entreprises affaiblie
ou renforcée. Sans tomber dans l'angélisme ou l'utopie,
le MNR veut donc que les sociétés et les autres collectivités
professionnelles deviennent de véritables communautés
où, malgré les tensions propres à toute société humaine,
puisse se développer un sentiment de commune appartenance
et de solidarité interne, fondé sur des intérêts partagés.
L'entreprise ne peut se borner à n'être qu'un lieu
de production où le "facteur" humain pourrait être
"géré" exclusivement selon le rapport de force et
la motivation du gain, comme cela se produit de plus
en plus souvent sous la pression du mondialisme et
du capitalisme sauvage qu'il enfante.
La nouvelle participation
C'est pourquoi le MNR est partisan
d'instaurer dans les entreprises une nouvelle participation
des salariés. Nous proposons que ceux-ci soient responsabilisés
et mieux associés à la marche de leur atelier, de
leur bureau ou de leur établissement. Nous souhaitons
qu'ils soient régulièrement informés de la situation
et de l'évolution de l'entreprise, qu'ils se voient
proposer un intéressement aux bénéfices et une échelle
de rémunération valorisée par des primes d'objectif.
Il ne s'agit pas de court-circuiter la hiérarchie,
mais de concevoir la chaîne de décision et l'organisation
du travail de telle sorte que les salariés se trouvent
plus impliqués dans la marche de leur entreprise et
plus concernés par leurs résultats comme c'est d'ailleurs
déjà le cas au sein de certaines sociétés. Un objectif
qui sera d'autant mieux atteint que le capital et
le travail seront associés. C'est pourquoi nous préconisons
le développement de l'actionnariat populaire grâce
auquel les salariés deviendront propriétaires d'une
part de leur entreprise. Dans ce cadre, une distribution
d'actions sera organisée chaque année pour tous les
employés en fonction des résultats obtenus par l'entreprise.
Par ce biais, les salariés, qui obtiendront ainsi
un statut de propriétaire de leur firme, se sentiront
plus respectés par la direction de leur société et
plus concernés par les contraintes auxquelles elle
est soumise. Grâce à cette pratique, qui existe déjà
dans certaines sociétés, notamment pour les cadres
dirigeants, mais qui devra être généralisée à tous,
il sera possible, avec le temps, de diffuser un nombre
significatif d'actions au sein du peuple français
et de populariser ainsi le financement des entreprises.
Cette démarche ira d'ailleurs de pair avec la volonté
qui est la nôtre de remotiver les chefs d'entreprise
et donc de leur permettre à nouveau de tirer de leur
activité un légitime profit. Dans cet esprit, la rentabilité
du métier d'entrepreneur, aujourd'hui en baisse, doit
être revalorisée pour devenir supérieure à celle du
rentier. Et cet objectif ne pourra être atteint que
par une politique significative d'allégement fiscal.
L'ensemble de ces mesures en faveur du marché libre
et de l'entreprise serait en effet sans objet si le
MNR ne proposait pas par ailleurs un vaste programme
de réduction des charges et des impôts.
Le plan de réduction
des impôts
Devenu à la fois étouffant et archaïque,
le système fiscal français doit être réformé en profondeur.
Le fardeau considérable dont il accable les Français
représente, tous prélèvements confondus, environ 13
000 euros par habitant, soit 1 080 euros par mois,
une somme supérieure au SMIC net ! Sans compter que ce
système, déjà asphyxiant par sa masse, l'est encore
davantage par le caractère inquisitorial de la perception
des impôts et surtout par sa complexité. Neuf niveaux
de prélèvement, plus de mille impôts, taxes et cotisations
divers, dotés chacun d'une cohorte de régimes différents,
forfaitaires ou dérogatoires, de décotes, d'abattements
et d'exonérations, le tout décrit dans un Code général
des impôts et un Livre des procédures fiscales totalisant
plus de quatre mille articles. Le Mouvement national
républicain effectue en conséquence un quatrième choix
fondamental qui consiste en une grande réforme fiscale
visant à réduire significativement le poids global
des prélèvements et à rénover de fond en comble le
système fiscal français.
La modernisation
fiscale
Pour commencer, le MNR veut procéder
à une modernisation considérable des impôts directs
en remplaçant l'impôt sur le revenu et les quatre
taxes locales par une taxe nationale. En raison de
sa complexité, de l'aspect inquisitorial de son mode
de perception et de ses taux spoliateurs, l'impôt
sur le revenu constitue en effet la partie la plus
importante et la plus néfaste de l'hyperfiscalisme
français. Bien qu'il ne représente que 21 p. cent
des recettes fiscales, il est en effet celui qui donne
lieu à la réglementation la plus confuse et, par conséquent,
à la ponction fiscale la plus arbitraire, quand ce
n'est pas la plus injuste. La moitié des Français
se trouvent en effet exonérés de cet impôt. Les uns
parce qu'ils sont trop faibles pour être assujettis
et les autres parce qu'ils sont suffisamment puissants
pour échapper au fisc. Ainsi établi, l'impôt sur le
revenu ne sert pas la justice sociale, car il frappe
principalement la classe moyenne et, plus précisément,
les salariés. Illégitime, il protège la fortune acquise
et compromet la constitution de patrimoines pour tous
ceux qui ne disposent d'autres ressources que celles
de leur travail. La taxe d'habitation apparaît de
son côté tout aussi archaïque et injuste car elle
présente à peu près les mêmes défauts que l'impôt
sur le revenu. Calculée sur des valeurs locatives
fixées il y a trente ans, sa base est devenue très
contestable et ses taux entraînent de graves disparités
entre les contribuables. Quant à son mode de recouvrement,
il est lourd et psychologiquement pénalisant pour
les Français. S'agissant par ailleurs de la taxe professionnelle,
assise sur la masse salariale ainsi que sur les investissements
des entreprises, elle pénalise à la fois l'emploi
et la capacité de développement et se révèle donc
particulièrement malsaine.
La taxe nationale
Favorable à la suppression de ces
trois impôts particulièrement contestables, ainsi
que des deux taxes foncières, le Mouvement national
républicain entend les remplacer par un impôt moderne,
c'est-à-dire un impôt caractérisé par une large assiette,
des taux faibles et un recouvrement à la source. La
taxe nationale que nous voulons instaurer répond à
ces exigences puisqu'elle portera sur l'ensemble des
revenus quels qu'ils soient. Elle sera par ailleurs
prélevée à la source selon un taux particulièrement
faible de l'ordre de 6 à 8 p. cent en moyenne. S'apparentant
à la formule de la CSG, cette taxe entraînera une
simplification spectaculaire de tout le système fiscal
français. Elle réduira considérablement les possibilités
de fraude, mettra un terme à l'inquisition fiscale
et permettra d'alléger les services fiscaux. Cette
taxe répond par ailleurs aux différents impératifs
économiques et sociaux propres à une fiscalité moderne.
Elle représente en effet la justice sociale car tous
les revenus sont pris en compte, y compris ceux qui
relèvent de la spéculation. Quant aux Français qui
n'étaient assujettis qu'à un montant très faible d'impôts
locaux ou nationaux, ils ne seront pas pénalisés car
ils ne supporteront qu'un taux minoré. La taxe nationale
sera en effet dotée de taux progressifs selon l'importance
des revenus de façon à permettre la justice sociale.
De même, il pourra être instauré un abattement de
taux par enfant afin de maintenir une fiscalité directe
favorable aux familles. S'agissant des collectivités
locales, dont les budgets sont actuellement alimentés
par les quatre taxes supprimées, elles ne perdront
ni leurs ressources ni leur autonomie fiscale. Il
leur appartiendra en effet de fixer souverainement
les taux correspondant à leur part de la taxe nationale
à imputer aux personnes résidant sur leur territoire.
Ces taux seront bien sûr plafonnés par la loi pour
que les produits qui en résultent ne dépassent pas
des plafonds raisonnables.
Enfin, sur le plan budgétaire,
les grands équilibres ne seront pas bouleversés
car un taux moyen de 8 p. cent peut produire environ
100 milliards d'euros, ce qui correspond à
peu près au produit actuel de l'impôt
sur le revenu et des quatre taxes locales.
La priorité
au travail
Au-delà, le MNR veut donner la priorité
aux acteurs productifs, c'est-à-dire aux travailleurs
et aux entreprises. Ceux qui produisent la richesse
du pays et assurent la croissance de l'économie
ne méritent-ils pas, en effet, d'être
privilégiés dans la répartition
des charges fiscales et sociales? D'autant que, s'ils
voient leurs efforts récompensés, leur
motivation s'en trouvera renforcée et avec
elle leur ardeur à travailler et à entreprendre,
pendant que le dynamisme de l'économie en sera
de son côté décuplé.
Mieux vaut donc réduire les charges pesant
sur le travail plutôt que celles qui frappent
la consommation. Une orientation d'autant plus nécessaire
que le coût du travail handicape nos entreprises
dans la concurrence internationale et qu'il serait
donc contre-productif de l'alourdir encore. En revanche,
l'impôt sur la consommation présente
l'avantage de ne pas pénaliser les produits
français puisque les biens importés
se trouvent taxés de la même façon.
De plus, la fiscalité sur la consommation se
révèle juste puisqu'elle concerne tout
le monde, y compris ceux qui, par la fraude ou la
spéculation, échappent actuellement
aux impôts sur le travail.
Dans cet esprit, le Mouvement national républicain
est partisan de maintenir la fiscalité sur
la consommation. Il propose d'ailleurs de créer
une taxe sur le chiffre d'affaires de la grande distribution,
taxe qui aurait l'avantage de rétablir la loyauté
de la concurrence entre le grand et le petit commerce
et de maintenir dans le centre des villes un secteur
commercial de proximité porteur d'emplois et
garant de la qualité de vie.
La justice fiscale
La réforme fiscale du MNR doit par ailleurs
répondre à l'impératif de justice
sociale, aujourd'hui largement bafoué par les
gouvernements de l'établissement.
Celle-ci implique notamment que l'impôt soit
perçu conformément à l'article
13 de la Déclaration de 1789 :
"La contribution commune doit être répartie
entre tous les citoyens en raison de leurs facultés."
Il s'agit donc d'imputer l'impôt en fonction
des capacités contributives de chacun : les
riches doivent payer plus que les pauvres, mais chacun
doit conserver une part substantielle de son revenu.
En effet, il ne faut pas, selon nous, confondre justice
sociale avec égalité des situations
et l'impôt ne doit pas être utilisé,
selon la méthode socialiste, pour opérer
un nivellement systématique des revenus.
C'est pourquoi nous sommes partisans de supprimer
les droits de succession en ligne directe sans plafonnnement afin de
faire disparaître un prélèvement
socialement et économiquement néfaste.
Les patrimoines ont en effet une double utilité
dans la mesure où ils renforcent l'enracinement
et la sécurité des personnes et contribuent
à maintenir la pérennité des
familles à travers les générations.
Il est donc souhaitable que les héritages puissent
se transmettre intacts de parents à enfants
et cela tout particulièrement lorsque le bien
à léguer est une entreprise afin que
les héritiers ne soient pas contraints de la
démanteler pour acquitter les taxes que le
fisc leur impose.
Simplifier les impôts
Nous voulons également procéder à
une simplification considérable du système
fiscal qui n'est pas sans rappeler celui de l'Ancien
Régime à la veille de la Révolution.
À cet égard, le MNR s'engage à
réduire de moitié le nombre de prélèvements
et donc à supprimer cinq cents impôts,
taxes ou cotisations sélectionnés parmi
ceux dont le produit est le plus faible.
Au-delà de ce travail systématique,
nous voulons supprimer ou réduire certains
impôts qui non seulement procèdent de
la complexité fiscale, mais entravent le bon
fonctionnement de l'économie ou pénalisent
inutilement ceux qu'ils frappent. Ainsi, les droits
de mutation, dont les taux sont aujourd'hui encore
très élevés et qui, de ce fait,
ralentissent considérablement la marche des
affaires, doivent être réduits et leurs
taux alignés sur ceux des autres pays européens
comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne.
Dans le même esprit, nous abrogerons la redevance
audio-visuelle. À une époque où
les moyens de communication se diversifient avec le
Câble, les satellites et Internet, cette taxe,
dont beaucoup de téléspectateurs sont
d'ailleurs exonérés, est en effet devenue
inique et obsolète.
Limiter les charges sociales
Enfin, s'agissant des charges sociales pesant sur
les entreprises, le MNR souhaite procéder à
un allégement significatif qui conduira de
surcroît à une simplification d'envergure.
Nous voulons en effet clarifier le rôle de
chacun et n'imputer aux entreprises que des dépenses
concernant directement leurs employés en tant
que tels.
Ainsi, seules les cotisations d'assurance, qu'elles
soient destinées à la maladie, à
la vieillesse, aux accidents du travail ou au chômage,
resteront à la charge des entreprises. Toutes
les autres ponctions, correspondant à des prestations
de solidarité et dont les modalités
sont à revoir, devront être prises en
charge directement par le budget de l'État.
Ces dispositions concernent tout particulièrement
les prestations familiales qui se verront financées
par des crédits budgétaires.
Le système ainsi proposé par le MNR
permettra par ailleurs de rétablir une saine
distinction entre la politique fiscale qui doit assurer
avec justice et modération la mobilisation
des fonds nécessaires au financement des collectivités
publiques et la politique sociale qui, par des prestations
appropriées, doit assurer une légitime
solidarité avec nos compatriotes en difficulté.
Réduire les dépenses publiques
Ainsi, avec la limitation des cotisations sociales,
avec la suppression de l'impôt sur le revenu,
celle de la taxe professionnelle, de la taxe d'habitation
et des taxes foncières, avec la disparition
de l'impôt sur les successions en ligne directe
et l'abrogation de cinq cents taxes diverses, la fiscalité
française se verra débarrassée
de l'archaïsme, de la complexité et de
l'iniquité du système actuel.
Fondée dorénavant sur deux grands impôts,
la TVA et la taxe nationale, l'économie française
se trouvera libérée d'un poids considérable
permettant au marché libre d'uvrer pleinement
à la prospérité et à la
puissance économique.
Encore faut-il qu'après la réforme structurelle
de la fiscalité, la masse totale des impôts
et des cotisations soit significativement inférieure
à ce qu'elle est aujourd'hui. À cet
égard, le MNR entend fixer à la France
l'objectif d'obtenir en moins de dix ans 75 milliards
d'euros de diminution des dépenses publiques
pour faire passer le taux des prélèvements
obligatoires par rapport au PIB en dessous du seuil
de 40 p. cent. Et, pour atteindre cet objectif, qui consiste
à diminuer de 10 p. cent les prélèvements obligatoires, il
n'est d'autre voie que de réduire massivement
les dépenses publiques. Tel est l'objet du
vaste plan de modernisation de l'État préconisé
par ailleurs par le Mouvement national républicain.
L'économie française libérée
L'économie française,
ainsi allégée du fardeau fiscal et bénéficiant
des vertus du marché libre, pourra donner la
pleine mesure de son efficacité. Nos entreprises,
libérées et encouragées, pourront
démontrer leur capacité à innover,
créer et conquérir.
Et la France ainsi redynamisée sera en mesure
de s'imposer comme une grande puissance économique
pour le plus grand bénéfice de nos compatriotes
et de notre nation.
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