Pour que vive la France
Les propositions : la
France à nouveau
Chapitre 7 : L'ÉTAT
C'EST NOUS
Colonne
vertébrale de la nation, l'État est l'expression politique
de sa souveraineté et de son identité. Il incarne le
peuple français. De tout temps, il a été le creuset
de son unité, le garant de l'intégrité de son territoire,
l'artisan de sa grandeur. Sans État, notre peuple se
décomposerait et la France se déliterait.
Car l'État c'est la justice, la sécurité, la fraternité,
la paix et la puissance. C'est pourquoi nos compatriotes
ont besoin de lui pour qu'il impose les lois bénéfiques
de notre civilisation et qu'il assure la légitime et
nécessaire protection sans laquelle ils sombreraient
dans les affres de la barbarie. Aussi le MNR veut-il
rétablir un État fort et protecteur, capable de jouer
à nouveau son rôle bienfaisant au service de la France
et des Français.
Pour un État protecteur
et souverain
Cet impératif s'impose d'autant plus
que l'État, actuellement en pleine déliquescence,
n'assume plus les missions pourtant essentielles qui
sont les siennes. L'État n'est plus l'expression concrète
de la souveraineté du peuple puisque celle-ci est
battue en brèche par l'établissement et ses entreprises
mondialistes et totalitaires. Dès lors, l'État n'appartient
plus aux Français mais devient l'instrument administratif
de la destruction de la nation et de la mise en tutelle
de la population.
Les structures publiques ne sont plus ressenties comme
assurant un réel service, mais comme un organe parasite
et pesant qui exerce un vague pouvoir de contrôle
et avec lequel nos compatriotes doivent composer.
Comment en serait-il autrement quand l'État n'assume
plus par ailleurs sa fonction de protection?
Les Français en font quotidiennement l'amère expérience
lorsqu'ils sont personnellement confrontés à la délinquance
ou lorsqu'ils observent la progression du désordre
dans notre pays. Plus globalement, la défection de
l'État laisse au cur de notre société un vide
qui provoque, même inconsciemment, chez beaucoup de
nos compatriotes un sentiment de vulnérabilité et
donc d'inquiétude ou d'angoisse. Alors que la précarité
économique se développe, que l'avenir collectif se
révèle de plus en plus incertain et que l'insécurité
devient un fléau quotidien, l'État a cessé d'apparaître
comme ce môle de force et de justice capable de fixer
des repères dans la durée et de protéger les personnes
dans leurs biens et leur intégrité physique.
Pour l'autorité
et la légitimité de l'État
Il est vrai que, dans la situation
actuelle, l'État, ayant perdu une grande part de son
autorité, serait bien incapable de jouer ce rôle.
Sous couvert de concertation, il n'exprime plus la
volonté des pouvoirs politiques de la nation mais
se transforme progressivement en un simple lieu de
négociation et de marchandage entre le gouvernement
et les lobbies. Pire, lorsque des décisions sont prises,
des lois votées, des arrêts de justice rendus, il
n'est pas rare que l'État se révèle dans l'incapacité
de les faire appliquer. Chacun sait maintenant que
l'on peut faire plier l'État et ses lois pour peu
que l'on dispose d'un pouvoir de chantage suffisant,
comme c'est le cas par exemple pour les salariés des
services publics. Or, "faire une loi et ne pas
la faire exécuter, c'est autoriser la chose qu'on
veut défendre" disait le cardinal de Richelieu.
Aussi l'État apparaît-il de plus en plus illégitime.
À mesure en effet qu'il trahit sa mission, il alourdit
toujours davantage le poids de ses prélèvements. Les
Français se trouvent donc confrontés à une institution
qui les accable de ponctions financières et qui, dans
le même temps, n'assure plus les missions essentielles
qui devraient être les siennes. Nos compatriotes payent
de plus en plus d'impôts sans pour autant bénéficier
des services liés à l'ordre, à la protection et à
la sécurité qui sont la contrepartie normale de ces
contributions.
Non à la bureaucratie
étatique
Or, il s'agit là d'une situation
d'autant plus grave que, dans le même temps, l'État
en est venu à s'immiscer progressivement dans tous
les secteurs de la vie nationale. Il intervient désormais
massivement dans le domaine économique et social,
mais aussi dans celui de la santé, de l'école, de
la recherche, de l'agriculture, dans le monde associatif,
celui du sport et des arts. Bref, l'État est partout
et partout il est encombrant, pesant, captateur, parasite
et impotent.
Partout, il revêt l'aspect d'un édredon étouffant
et inutile. Car, à mesure qu'il grossissait, l'État
est devenu de plus en plus indifférencié. Autrefois
représenté par quelques grands corps, clairement identifiés,
comme l'armée, le corps des instituteurs ou des préfets,
il apparaît de plus en plus sous la figure de fonctionnaires
anonymes qui se ressemblent tous et dont on ignore
l'appartenance.
Dépendent-ils de l'État central, d'une entreprise
publique, d'un des nombreux niveaux de collectivités
locales? Mettent-ils en uvre des lois, des règlements
européens, des arrêtés municipaux? Sont-ils aux ordres
de la région, de Bruxelles ou d'un établissement public?
Tout est brouillé, et pour cause, puisque toutes ces
instances sont interdépendantes, cofinancent et décident
en commun les projets qu'elles réalisent. Dès lors,
personne n'est responsable, personne n'est identifié.
Reste la lourdeur de la bureaucratie qui freine les
initiatives et bride les libertés.
Non au déclin de
la chose publique
Lui-même en décomposition, l'État
accélère la désagrégation de la société et de la nation.
Sans doute est-il aussi gangrené par les tares qui
dissolvent progressivement les cadres de civilisation
qui structuraient notre pays. En tout cas, sa décadence
reflète bien le déclin de notre monde et l'on assiste
ainsi à l'instauration d'une synergie funeste qui
tire la France et son État vers le chaos. Un chaos
extérieurement organisé et maîtrisé qui prend les
apparences de la civilisation mais qui, dans la réalité,
se rapproche de la barbarie.
Aussi voulons-nous interrompre ce phénomène funeste
et entreprendre la régénération de l'État. Car, pour
assurer le renouveau de notre pays, il est impératif
de procéder au redressement des structures publiques.
Tel est le projet du Mouvement national républicain
qui veut mettre en uvre un vaste plan de modernisation
de l'État.
Rééquilibrer la
société
À cette fin, nous voulons d'abord
recentrer l'État sur ses missions essentielles et
le dégager des fonctions parasites qu'il exerce à
tort. Il s'agit à cet égard de retrouver au sein de
notre pays le juste équilibre des trois fonctions
qui structurent traditionnellement les sociétés européennes.
La fonction souveraine correspond à l'activité politique,
laquelle définit les normes et les lois. Elle concerne
l'identité d'un peuple ainsi que les valeurs morales
et sacrées. La fonction de défense et de sécurité
organise la protection de la nation et détient le
monopole de la force et des armes. C'est en son sein
que se développent les valeurs de courage,
d'honneur et le sens du sacrifice.
Enfin, la troisième fonction a trait à la production
et aux échanges. Exprimant les activités quotidiennes
d'un peuple, elle correspond par excellence à l'activité
économique.
Aujourd'hui, dans notre pays, le juste et nécessaire
équilibre entre ces trois fonctions est rompu puisque
la dimension économique a éclipsé les autres sphères
de la souveraineté et de la sécurité. Ce grave déséquilibre
qui consacre le triomphe de la société marchande reflète
parfaitement la dérive marchande de l'État.
Reconstruire l'État
Aussi, pour lui rendre son rôle légitime,
voulons-nous recentrer l'État sur sa fonction souveraine
et sa fonction de protection.
Plus précisément, la première mission de l'État est
d'assurer la sécurité extérieure et intérieure de
la nation, et donc d'assurer la défense et la police.
La seconde mission consiste à conduire les relations
de la France avec les autres nations et à assurer
la défense de nos intérêts dans le monde.
L'État se doit également, en raison de ses responsabilités
régaliennes, de préserver l'identité de la nation,
c'est-à-dire son intégrité collective.
De plus, l'État doit assurer une mission de protection
des Français. De même qu'il lui faut défendre collectivement
la nation contre les menaces extérieures et intérieures,
il lui appartient de protéger les plus faibles de
nos compatriotes, notamment face aux dérèglements
économiques et sociaux dont ils peuvent être les victimes.
Enfin, il appartient à l'État d'assurer la justice
et donc de définir les normes législatives et réglementaires
des activités nationales.
Ainsi recentré sur ses principales missions régaliennes,
l'État doit se désengager au maximum du secteur économique
et du domaine de la société civile et recouvrer ainsi
l'autorité et la légitimité qu'il a aujourd'hui perdues.
Tels sont les grands objectifs de la politique de
reconstruction de l'État préconisée par le MNR. Pour
y parvenir, nous voulons d'abord réduire le poids
de la structure étatique et, dans cette perspective,
nous commencerons par diminuer les dépenses publiques.
Réduire les dépenses publiques
À cette fin, le Mouvement national républicain entend
procéder à un gel global des budgets. Compte tenu
des taux de croissance et d'inflation prévisibles,
le maintien des dépenses en euros courants sur près
de dix ans permettra de réaliser au terme de la période
une économie de 75 milliards d'euros. Encore faut-il
que cette mesure s'applique à toutes les entités publiques.
S'agissant des collectivités territoriales, seul le
vote d'une loi pourra les contraindre à bloquer leur
budget en euros courants. La protection sociale bénéficiera
pour ce qui la concerne des effets de la réforme prévue
par ailleurs par le MNR. Quant à l'État, il devra
donner l'exemple en s'imposant à lui-même cette discipline
de fer.
Cette limitation globale des dépenses publiques ne
dispensera cependant pas de procéder à des redéploiements
internes de grande ampleur. Certains postes budgétaires,
concernant notamment la politique familiale, le retour
à la sécurité et le développement de la propriété
populaire, exigeront des augmentations de crédit en
valeur réelle que nous voulons donc compenser par
des diminutions drastiques sur d'autres postes. Ces
mesures d'économie se traduiront par la réduction,
voire la suppression, de chapitres de dépenses couvrant
des actions inutiles, sinon nuisibles.
Couper les crédits
Il faut donc généraliser les coupes claires dans le budget
de l'État. Il n'est pas normal par exemple que ce dernier subventionne
chaque année des organismes, entreprises et associations
diverses pour plus de vingt milliards d'euros. Le MNR propose en conséquence
de réduire ces crédits de 30 p. cent. Il préconise également de remettre en cause
la moitié des vingt-cinq milliards consacrés à ce qu'il convient d'appeler
les aides à l'emploi. Alors que le taux de chômage
dépasse encore les 8 p. cent, le MNR estime
qu'il faut cesser de prélever ces sommes pour subventionner
des emplois, et qu'il faut, en revanche, réduire à due proportion les charges
des entreprises pour leur permettre d'embaucher davantage.
Quant aux quelque six milliards et demi d'euros engloutis
chaque année dans la politique de la Ville, ils se sont
révélés totalement inutiles et doivent donc être purement
et simplement supprimés.
La politique de préférence nationale proposée par
le MNR en matière d'immigration, qui prévoit notamment
de réserver aux seuls Français la prestation qui remplacera
le RMI, les aides personnalisées au logement et les
aides sociales, entraînera par ailleurs des économies
importantes.
Des coupes claires complémentaires pourront être opérées
dans d'autres secteurs de l'administration où l'inertie
bureaucratique et la pusillanimité politique laissent
se poursuivre des actions dépourvues d'intérêt et
pourtant menées à grands frais.
Moins de bureaucratie
Dans le même esprit, le MNR propose
de repenser toute la structure des services étatiques.
S'il n'est pas question d'imposer à l'administration
les méthodes du secteur privé, nous voulons cependant
réintroduire dans la sphère publique des préoccupations
de productivité globale, car l'efficacité doit être
aussi pour l'État un impératif majeur.
Les administrations feront donc l'objet d'audits.
Le but n'est pas de rogner sur les coûts de fonctionnement
des services - ce qui limiterait les moyens de travail
des fonctionnaires et conduirait paradoxalement à
un surcroît d'inefficacité -, mais de rayer de la
carte administrative les services qui effectuent une
tâche déjà réalisée par ailleurs ou qui accomplissent
des missions inutiles ou non essentielles.
De façon plus générale, nous proposons de procéder
à la suppression massive d'un nombre considérable
d'organismes tant étatiques que locaux. Quant à la
création de toute nouvelle entité, elle sera dorénavant
soumise à une décision législative précédée d'une
enquête approfondie sur son utilité réelle.
Dans le même esprit, le gouvernement devra retrouver
une structure plus resserrée. Inutile de multiplier
les départements ministériels et, à travers eux, les
centres de décision autonomes et les administrations
concurrentes. Un État recentré sur ses fonctions souveraines
doit être dirigé par une équipe ministérielle peu
nombreuse, soutenue par une administration moins pléthorique.
Moins d'agents publics
L'allégement des structures étatiques
passe en effet par la limitation du nombre des agents
publics aujourd'hui trop nombreux. En 1914, la France
comptait quatre cent mille fonctionnaires d'État pour
quarante et un millions d'habitants. En 2002, ils
étaient deux millions cinq cent mille pour une population
de soixante millions d'âmes. Le nombre des fonctionnaires
a donc été multiplié par 6,25 pendant que celui des
habitants ne l'était que par 1,49 ! Encore ne s'agit-il
que des fonctionnaires à proprement parler. Si l'on
prend en compte l'ensemble des agents à statut public,
leur effectif atteint six millions deux cent mille
personnes, soit près de 27 p. cent de la population
active quand ce pourcentage n'est que de
13 p. cent en Allemagne et de 6 p. cent au Japon.
De tels chiffres montrent combien la productivité
de l'administration s'est dégradée au fil des années.
Le MNR estime donc nécessaire de mettre un terme à
cette dérive et de réduire le nombre des fonctionnaires
de l'ordre de 20 p. cent en moins de dix ans. Pour
obtenir ce résultat, il est cependant hors de question
de procéder à des licenciements forcés et dérogatoires
aux statuts. La méthode que nous voulons suivre relève
d'une autre logique. Elle implique d'abord de ne plus
renouveler tous les postes libérés par les mises à
la retraite et de ne recruter qu'un fonctionnaire
nouveau pour deux départs. Elle nécessite parallèlement
la mise en place d'un système de dégagement volontaire
des personnels par le biais de l'attribution d'un
pécule substantiel à ceux qui accepteraient de quitter
l'administration. Des mesures similaires ont déjà
été adoptées en Allemagne. Le Royaume-Uni, quant à
lui, a fait passer grâce à des méthodes de ce type
le nombre de ses fonctionnaires de sept cent trente-cinq
mille en 1979 à cinq cent seize mille en 1994.
Les fonctionnaires
mieux considérés
Cette réduction des effectifs de
la fonction publique, allant de pair avec une réorganisation
de la structure de l'administration, s'accompagnera
d'un redéploiement interne des personnels et des moyens
administratifs. Car, s'il existe des effectifs pléthoriques
dans certains services, ils sont insuffisants dans
d'autres. C'est ainsi que les effectifs du ministère
de la justice et ceux de la police devront être augmentés
significativement.
Le plan de modernisation de l'État préconisé par le
Mouvement national républicain ne vise pas en effet
à réduire l'importance du rôle de ce dernier, mais
au contraire à lui rendre son autorité et son prestige
en le recentrant sur ses fonctions souveraines. Dans
cet esprit, les fonctionnaires verront leurs positions
renforcées. Car la logique de l'allégement des structures
publiques est aussi celle du retour à leur efficacité
et donc de la réhabilitation de la fonction publique.
L'État est nécessaire à la nation et les fonctionnaires,
qui en sont les serviteurs, exercent à ce titre une
mission essentielle à nos yeux. Nous voulons donc
que les agents publics cessent d'être eux aussi victimes,
comme aujourd'hui, d'une bureaucratie qui se dévore
elle-même et retrouvent la dimension véritable et
originelle de leur fonction. Tel est le sens de la
réforme que nous voulons conduire.
Aussi la diminution des effectifs s'accompagnera-t-elle
d'une revalorisation du statut des agents publics
qui regagneront le prestige et les avantages correspondant
à l'importance de leur tâche. Dans cet esprit, leur
niveau de vie et leurs conditions de travail seront
améliorés, en particulier pour ceux des agents appartenant
aux corps qui assurent les missions souveraines de
l'État. C'est ainsi qu'une fraction des économies
résultant de la diminution des effectifs pourra être
affectée à l'augmentation du traitement des agents
publics. Mieux vaut selon nous des fonctionnaires
moins nombreux, mieux rémunérés et mieux considérés
qu'une fonction publique pléthorique, bafouée et prolétarisée.
Redéfinir le service
public
Encore faut-il qu'au-delà de l'État
et des collectivités territoriales, les entreprises
publiques connaissent elles aussi les effets bénéfiques
d'un plan de modernisation. Pour autant, le MNR estime que
cette indispensable réforme ne passe pas nécessairement par
de nouvelles privatisations. Les principales sociétés qui assurent
les services indispensables au fonctionnement du pays
doivent demeurer sous le contrôle
de l'État. Ainsi en est-il des transports publics,
des communications, de la fourniture d'énergie ou
de la fabrication des armements. Des efforts considérables
doivent cependant être engagés dans ces entreprises
pour en améliorer la productivité. Certes, les entreprises
publiques supportent souvent des charges d'investissement
très lourdes, mais cet impératif ne doit pas les dispenser
des efforts de rentabilité auxquels s'astreignent
les sociétés privées.
Aussi le MNR souhaite-t-il recourir
au levier de la concurrence pour inciter les services
publics à la bonne gestion. À condition toutefois
qu'une telle compétition soit régulée et justement
dosée pour permettre à la puissance publique de conserver
la maîtrise des opérations. Le principe de cette concurrence
contrôlée consiste à imposer deux contraintes aux
sociétés concurrentes : nous voulons qu'elles soient
françaises ou européennes et qu'elles satisfassent à un cahier des
charges précis défini par l'État.
Le respect de ces règles permettra à la concurrence
de produire tous ses effets bénéfiques sans mettre
en cause ni l'indépendance nationale, ni les impératifs
de service public, ni la situation sociale des salariés
comme c'est actuellement le cas avec les dérégulations
sauvages menées sous la pression de la Commission
de Bruxelles. Le recours à cette méthode pourra ainsi
améliorer par exemple le fonctionnement de l'ANPE
et elle pourra être appliquée de façon plus poussée
dans le domaine de l'Éducation nationale.
Afin de renforcer encore la qualité et l'efficacité
des services publics, le MNR est partisan de créer
des chartes d'usagers des
administrations portant, secteur par secteur, sur
des normes objectives de qualité de service. Lorsque
celles-ci seront respectées, elles pourront servir
de base pour récompenser les fonctionnaires et, dans
le cas contraire, ce seront les usagers qui bénéficieront
d'une indemnisation.
Ainsi la modernisation de l'État et des services publics
pourra-t-elle conduire non seulement à une réduction
massive des dépenses publiques, mais aussi à une amélioration
des services rendus aux Français.
Réduire la réglementation
Encore faut-il que l'État cesse par
ailleurs de parasiter le monde économique et l'ensemble
de la société civile par le truchement d'une réglementation
tatillonne et paralysante. La bureaucratie française
et désormais bruxelloise étouffe en effet notre pays
dans un carcan de règlements, de directives, de lois,
de décrets, d'arrêtés et de circulaires qui constituent,
selon l'expression d'un rapport du Conseil d'État,
une véritable logorrhée législative et réglementaire.
Chaque année, le gouvernement français suscite la
mise en application de mille deux cents à mille cinq
cents textes normatifs, soit une cinquantaine par
jour! Sans compter ceux concoctés à Bruxelles dont
le nombre s'élève à plus de quatre mille par an et
dont beaucoup sont maintenant directement applicables
dans l'ordre juridique interne de notre pays.
Certes, les activités économiques et privées ne peuvent
s'effectuer en dehors de tout cadre juridique et en
l'absence de toute contrainte réglementaire. Mais
la situation actuelle dépasse largement les besoins
d'une réglementation légitime. Aussi le MNR veut-il
maîtriser, voire réduire, cette boulimie législative
et réglementaire. Pour ce faire, nous pourrons d'abord
nous appuyer sur les effets bénéfiques de la simplification
fiscale préconisée par ailleurs par le MNR, car celle-ci
conduira naturellement à tarir l'une des principales
sources de la complexité bureaucratique que constitue
actuellement le système fiscal français.
Quantifier les textes
Nous proposons ensuite de remettre
en forme l'édifice législatif et réglementaire de
notre pays pour le codifier et le remodeler en une
construction claire et cohérente. Le MNR propose de faire
abroger toutes les dispositions obsolètes, inapplicables
ou inappliquées qui encombrent la législation en vigueur
et de limiter rigoureusement la quantité globale des
textes figurant dans les différents codes. Nous voulons
pour ce faire que l'État s'interdise de produire de
nouveaux textes législatifs ou réglementaires sans
avoir au préalable abrogé des normes antérieures ou
en avoir raccourci la rédaction. Ainsi la masse des
textes en vigueur pourra-t-elle rester constante en
nombre de signes, de lignes et de pages. Cette contrainte,
pour scolaire qu'elle puisse paraître, constitue cependant
un moyen très efficace pour maîtriser enfin la boulimie
normative. Le Conseil d'État sera chargé de tenir
à jour les codes et de veiller à l'application de
la règle de non prolifération.
Décentraliser
Ainsi doté de meilleures méthodes
de gestion, allégé de ses entités parasites ou inutiles,
ayant réduit le nombre de ses agents et le montant
de ses coûts de fonctionnement, diminué ses dépenses
et limité la réglementation qu'il sécrète, l'État
amaigri et musclé pourra mieux remplir son rôle. Encore
faut-il qu'il applique pleinement le principe de subsidiarité
et qu'il se désengage de toutes les responsabilités
que les collectivités locales peuvent légitimement
assumer. Encore faut-il aussi que celles-ci disposent
d'une réelle souveraineté locale et ne se transforment
pas en autant de bureaucraties provinciales.
Or, aujourd'hui, tel n'est pas le cas, car le système
territorial français est devenu lui aussi d'une complexité
paralysante avec six niveaux d'administration : l'Europe,
l'État, les régions, les départements, les communes
et les innombrables structures de coopération intercommunale
comme les syndicats, les communautés
de communes, les communautés d'agglomérations ou les
communautés urbaines.
Pis, à cet écheveau de structures s'ajoute une grande
confusion dans la répartition des compétences et donc
des financements. Résultat : n'importe quel projet
devra, pour voir le jour, recevoir des crédits de
la commune, de l'État, du département, voire de la
région et de l'Europe, et donc obtenir l'aval de toutes
ces instances. Ainsi les routes nationales d'Ile-de-France
sont-elles financées à 70 p. cent par la région et
les trottoirs de certains villages du Périgord subventionnés
par l'Europe! Il en résulte une paralysie des décisions
et un recul de la démocratie, car le citoyen ne peut
plus identifier celui qui est responsable.
Aussi le MNR considère-t-il comme essentiel d'engager
une réforme territoriale pour faire reculer les bureaucraties
locales et achever la décentralisation. Cette réforme
doit viser selon nous à réduire le nombre des collectivités,
et à les doter de domaines de compétence exclusifs.
Cette refonte de l'organisation territoriale de notre
pays permettra en outre de conforter le sentiment
identitaire des Français en reconstituant de vraies
communautés enracinées dans les réalités historiques,
géographiques et humaines de la France. Aussi voulons-nous
conserver les communes, créer des villes ou des pays
ainsi que des provinces.
Des communes, des
pays et des villes
Trop petites pour peser politiquement,
les communes rurales ne sont plus à même de gérer
les services qui leur incombent et de défendre leurs
intérêts face au monde urbain. Les agglomérations
de leur côté, morcelées entre plusieurs communes,
parviennent mal à assurer leur cohésion et n'échappent
pas à une ségrégation malsaine entre centre et banlieues.
Certes, partout ont été mises en place des structures
de coopération intercommunale mais, dotées de statuts
divers, elles se chevauchent et restent dépourvues
de toute identité claire aux yeux des habitants. Personne
dès lors ne se reconnaît plus pleinement dans une
communauté disposant d'une personnalité propre ainsi
que des compétences et des moyens pour traiter les
problèmes.
Les communes qui, pour la plupart d'entre elles, correspondent
aux anciennes paroisses et voient leur existence remonter
loin dans le temps doivent naturellement être maintenues
et renforcées. Mais nous proposons que leurs compétences
soient dorénavant limitées aux seules tâches de proximité
qu'elles ont la possibilité d'exercer seules. Pour
ce qui est des autres compétences actuellement bien
souvent assumées par les communautés de communes
et les syndicats intercommunaux, nous
voulons qu'elles soient confiées à une nouvelle collectivité
locale de plein exercice se substituant à ces structures
purement administratives qui ont vocation à disparaître.
Dans les campagnes, le MNR entend ainsi regrouper
les communes rurales en pays qui se substitueront aux
communanutés de communes et autres structures existantes.
Un pays étant une réalité
charnelle dotée d'une cohérence à la fois géographique,
économique et historique que connaissent bien les
gens du cru. Une telle restructuration des campagnes
permettra aux habitants des villages de se retrouver
dans des collectivités enracinées bénéficiant d'une
puissance politique et administrative capable de mieux
défendre leurs intérêts et de leur rendre de meilleurs
services.
De même, dans les zones urbaines, nous préconisons, là
aussi, de réunir les communes d'une
même agglomération au sein de "villes"
en remplacement des actuelles communautés d'agglomérations ou
communautés urbaine, safin de supprimer la
ségrégation entre centre et banlieues et de réintégrer
celles-ci dans une communauté unique plus représentative
de la réalité. Les habitants des quartiers périphériques
pourront ainsi retrouver une identité plus forte,
un statut et des services plus avantageux.
Les provinces de
France
À l'échelon supérieur, une restructuration
d'envergure s'impose également dans la mesure où la
superposition des départements et des régions crée
une concurrence de niveau de compétence et d'identité
qui tend, là encore, à priver les Français des cadres
d'enracinement territoriaux qui leur sont nécessaires.
Il en résulte un grand désordre car les départements,
considérés comme trop petits pour régler les problèmes
d'aujourd'hui, ne peuvent pas être remplacés par les
régions. Celles-ci, bien souvent conçues comme des
constructions artificielles à l'identité floue, n'ont
pas réussi en effet à jouer un rôle clair. Généralement
mises en avant par les mondialistes dans le concept
d'Europe des régions pour prendre l'État en tenaille,
il semble qu'elles servent surtout à affaiblir la
nation sans pour autant constituer une réelle communauté
d'enracinement.
Nous proposons donc de supprimer les 96 départements
et les 22 régions de métropole au profit d'une quarantaine
de provinces. Celles-ci, constituées par regroupement
de départements ou par division de régions, se calqueront
le plus possible sur les réalités ancestrales de nos
identités historiques. En ce sens, elles auront une
taille et une personnalité qui pourront différer beaucoup
de l'une à l'autre. La Normandie sera réunifiée, la
Bretagne comme la Provence reconstituée, la Savoie
retrouvera sa spécificité, comme l'Anjou, la Touraine
ou le pays de Nice. Quant à l'Alsace, elle restera
elle-même. Les compétences de ces provinces seront
étendues puisqu'elles cumuleront celles des départements
qui n'auront pas été dévolues aux villes et aux pays,
celles des actuelles régions et certaines de celles
de l'État qui seront ainsi décentralisées.
Ces provinces offriront un cadre administratif aux
aspirations légitimes de tous ceux qui souhaitent
voir s'épanouir, en plus de notre identité nationale,
celles très riches et très diverses de nos régions
historiques. Leur existence coupera court aux tentatives
funestes de ceux qui comptaient s'appuyer sur de très
grandes régions pour court-circuiter la nation dans
l'Europe.
Ainsi, avec une telle réforme, l'organisation territoriale
de notre pays pourra-t-elle se fonder, en dehors des
communes pour les actions de proximité, sur ces collectivités
de fort enracinement que constituent les pays et les
villes ainsi que les provinces.
Pour des décisions
responsables
Il en résultera une plus grande démocratie
puisque ne subsisteront plus que des collectivités
de plein exercice ayant à leur tête des conseils élus
au suffrage universel direct et donc souverains dans
leur domaine de responsabilité. À cet égard, nous
doterons chaque collectivité territoriale d'un secteur
de compétence qui lui sera exclusivement affecté,
sur lequel elle aura pleine autorité et à laquelle
seront alloués les moyens budgétaires ainsi que les
pouvoirs administratif et politique nécessaires.
Chaque instance locale ayant alors l'entière maîtrise
de son domaine, les décisions pourront être prises
directement par les fonctionnaires et les politiques
responsables. La collégialité et la dilution des responsabilités
s'en trouveront réduites au minimum et cette cause
majeure de lourdeur, voire de paralysie administrative,
que représentent les responsabilités et les financements
croisés, sera ainsi purement et simplement supprimée.
Pour l'indépendance
de l'administration
Ainsi délestées, réenracinées et
responsabilisées, l'ensemble des structures publiques
permettront à l'État de jouer son rôle. Un rôle limité
mais essentiel qu'il devra assumer en retrouvant son
autorité et son prestige.
Nous voulons à cet égard que ceux qui l'incarnent
dans la hiérarchie de l'administration retrouvent
pleinement le sens de l'État et l'esprit de service
public qui les caractérise. Les hauts fonctionnaires
seront donc tenus à une indépendance totale vis-à-vis
tant des syndicats, des sociétés de pensée que des
entreprises ou des partis politiques. L'État devra
par ailleurs se libérer des castes qui peuvent se
créer en son sein.
Enfin, nous souhaitons qu'en contrepartie de ces servitudes
indispensables, les corps de fonctionnaires retrouvent
le prestige et l'autorité qui sont dus à l'État qu'ils
représentent. Des mesures seront donc prises pour
que ceux-ci soient de nouveau clairement identifiés
par la population et bénéficient de la considération
légitime qui leur est nécessaire dans l'exercice de
leur fonction.
L'État, colonne
vertébrale de la nation
L'État ainsi allégé et renforcé pourra
dès lors recouvrer sa force et son prestige. Il ne
devra plus tolérer que la France soit bafouée, les
Français menacés, les lois piétinées et que les lobbies
s'imposent à lui. Il pourra de nouveau s'identifier
à notre peuple et à notre nation, et constituer ce
cadre nécessaire à l'équilibre de notre société. La
puissance publique pourra ainsi accomplir ses missions
essentielles au service de la souveraineté de la France
mais aussi de la protection des Français.
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